Lundi 02 Juin 2008

France :

 

Le mariage annulé pour non -virginité fait débat

 

PARIS (Reuters) - L'annulation par un juge civil de Lille en avril d'un mariage entre deux musulmans pour cause de non-virginité de l'épouse provoque un débat juridique à distance entre l'UMP et le ministère de la Justice , après les protestations de la gauche et des féministes.

 

Ooooooooooooooooooooooooo

 

En cette circonstance,je trouve opportun de publier  dans ‘Observateur’ une des nouvelles parue dans Horizon du 08 03 80  et dans ‘ELLE ET LUI’ mon recueil, en 1990 sous le titre ;

 

                      Tel est pris..

 

 

    Fier comme Artaban, il bombait le torse en parlant de »l’autre ».Il ressassait toujours la même rengaine à son épouse blasée. Il riait Mokhtar, à se nouer les tripes en imaginant des situations abracadabrantes du mari de « l’innommable ».

 

 Prenant son air condescendant,il plaignait parfois celui qu’il considérait comme un « cocu qui s’ignore ».Lui,il en savait des choses sur la pécheresse. Oh oui ! Ce n’était pas des ragots. Il en savait sur Ilhème ! C’est ce qui lui conférait cet air de suffisance dès que l’on abordait le problème de « redjla ».

 

Remarquant que son histoire grivoise n’avait plus aucun effet sur son épouse, il s mit à répandre le bruit dans son entourage. A Chacun,il demandait « de garder ça pour lui »Avant toute réponse,le voici lancé dans la confidence. Tout le quartier connut l’aventure d’Ilhéme.

 

Vingt années auparavant, la jeune fille fréquenta Mokhtar durant six mois. Lorsqu’il proposa d’envoyer ses parents voir les siens, elle crut plus honnête de le mettre au fait d’un événement survenu deux années plus tôt.

 

Elle connut un garçon qui l’invita à une fête organisée sur une plage .Celui-ci lui promit le mariage .L’atmosphère aidant, elle céda .Cette bagatelle d’un instant lui fit perdre le prétendant et sa verginité.

 

Mokhtar demanda à réfléchir. Le lendemain, il parut plus audacieux avec elle. Lorsqu’elle refusa de le suivre dans la chambre que lui prêta son ami, il s’indigna.

 

« Ne suis-je pas aussi bien que l’autre ? »

 

Lui lança –t-il avant de la plaquer.

 

Six mois après, il épousait Djamila ; une autre fille du quartier .En quatre ans, elle lui donna quatre gosses.

 

Ilhéme se maria avec Hakim, un infirmier qui se montra bon époux, très attentionné. Pour Moukhtar qui pensait à haute voix, ce couple n’allait pas, ne pouvait pas durer. « Tôt ou tard, le mari saura et répudiera l’adultère ».

 

Au grand dam de ce Cassandre, il n’en fut rien,Ilhéme travailla comme secrétaire dans une société,alors que Djamila,pourtant sténodactylographe diplômée,était confinée à la maison. Si par hasard,elle sortait,ce n’était jamais seule. Mokhtar veillait à ce que le haik couvre le visage et le corps de l’épouse soumise. Cette claustration était d’autant plus insupportable qu’avant son mariage, elle avait toujours été libre, sans voile évidemment.

 

Un après-midi d’été, alors qu’il pérorait chez le marchand de pastèques,Mokhtar vit Hakim et Ilhéme passer bras dessus ,bras dessous,comme de jeunes amoureux.  Il les rejoignit juste devant son domicile .Il les salua à haute voix avant de leur serrer la main,non sans demander hypocritement des nouvelles de toute la famille…il poussa l’audace jusqu’à les inviter avec insistance,à prendre le café chez lui.

 

Hakim ne se fit pas trop prier .Un clin d’œil à sa compagne et ils le suivirent.

 

Mokhtar les installa au salon et passa dans l’autre pièce, afin de prévenir sa femme pour le café.

 

Bien entendu, c’est lui qui ramena le plateau, non sans foudroyer du regard son épouse qui faillit être vue de la porte entrebâillée.

 

Après un bref échange de politesse,Mokhtar dit sournoisement à Hakim « qu’il connaissait madame »en savourant d’avance l’effet escompté.

 

« Je sais, lui répondit tranquillement Hakim, vous vous êtes même fréquentés durant six mois ».

 

Mokhtar qui espérait semer la discorde fut bien déçu par la réponse .Il se tut.

 

Le couple se leva et prit congé. Dés qu’ils s’en allèrent, Djamila apparut, folle de rage.

 

« Pourquoi as-tu fait cela ? Tu voulais l’humilier, il t’a eu ! »Lui lança-t-elle avant d’ajouter :

 

« Puisque tu aimes à ce point les confidences, assieds-toi, je vais t’en faire une : A l’époque, ce Hakim habitait la Casbah , pas loin de chez nous, dit-elle.

 

Lorsque j’étais en stage, j’avais connu un garçon, puis un autre…Un jour, je fus terrorisée par l’idée d’être en état de grossesse. Pour sur, mon frère m’aurait tué .Quand tu te présentas à mon père pour m’épouser, j’ai failli me suicider par crainte du scandale. J’étais désemparée, lorsqu’une amie me suggéra d’aller voir ce même Hakim qui pourrait m’aider. C’est ce qu’il fit sans hésiter, en me remettant une lettre de recommandation à l’adresse d’un spécialiste, afin que, lors des noces, l’on puisse exhiber ma chemise de jeune fille »…

 

Mokhtar en était abasourdi.

 

« Pourquoi me le dis-tu à présent, 20 ans après ? »

 

« Parce que je n’ai plus rien à perdre .Mon père est mort. Mon frère s’occupe de sa propre famille et n’a que faire de mes problèmes anciens ou à venir… ».

 

« Et si je te répudiais ? »

 

« Ciche ! D’abord c’est toi qui quitterais l’appartement. Les gosses sont grands. J’ai un métier, j’irais travailler, comme Ilhéme ».

 

Depuis cet incident,Mokhtar perdit de son arrogance.

 

A présent, lorsque dans la rue, il croise Hakim, il présente un front plutôt bas.

 

                                                     Mohamed Arabdiou

 

 

 

 

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