Mardi 28 Février 2006

         

 

          Ces arabes…

 

 

On considèregénéralement les arabes comme formant une race unique ; et,pour la plupart des Européens,tout mahométan de l’Afrique et de l’Asie ,depuis le Maroc jusqu'à l’Arabie,est un arabe absolument comme pour les orientaux,tous les européens : anglais,Allemands,italiens Russes etc,sont les représentants d’un peuple unique qu’ils désignent sous le nom de Francs.

   La façon dont nous jugeons les arabes est,en réalité ? aussi inexacte que celle dont ils jugent les européens. Il y a parmi eux des types aussi différents que ceux que nous pouvons observer en Europe .Par suite des milieux variés qu’ils ont rencontré et des peuples divers avec lesquels ils se sont mélangés,les arabes ont fini par former des mélanges très complexes. C’est ainsi,par exemple , que les arabes qui habitent aujourd’hui la Mecque ,et qui formaient autrefois une des races les plus pures,sont un produit du mélange de tous les peuples divers qui,de l’Atlantique à l’Indus,viennent annuellement,en pèlerinage dans cette ville depuis Mahomet .Il en a été de même en Afrique et en Syrie : Phéniciens,Berbères,Turcs,Chaldéens,Turcomans,,Persans,Grecs et Romains,se sont plus ou moins mélangés avec les arabes .Même dans les parties les plus centrales et les plus isolées de l’Arabie,comme le Nedjd,il s’en  faut que la race soit pure .Depuis des siècles,l’élément noir s’y trouve mélangé dans de grandes proportions. Tous les voyageurs qui ont visité l’intérieur de l’Arabie, ont été frappes par cette influence des noirs dans la péninsule. Rota qui cite une région de l’Yémen ou la population est devenue presque noire,alors que dans les montagns,la même population,peu mélangée,est restée blanche. Parlant de la famille d’un des cheikhs de la contrée,il dit que parmi ses enfants »il y avait de toutes les teintes,depuis le noir,jusqu’au blanc,suivant la race de leus mères  » Wallin a observé dans le Djof,des tributs entière de noirs. Ils sont aussi très communs dans le Nedjd,ou,ainsi que dans tout le reste de l’Arabie,aucun préjugé de couleur n’existe et n’empêche par conséquent,les croisements. Pargrave raconte que Katif,ville importante du Nedjd,était à l’époque de son voyage, gouvernée par un nègre. «  J’ai vu,à Riadh,dit il, plusieurs fils de mulâtres qui portaient fièrement l’épée à poignée d’argent,et comptaient parmi leurs serviteurs des Arabes de sang ismaélite ou Kahtanite le plus pur. »

 

  Cette absence de préjugé contre la couleur, a frappé également lady Blunt qui dans la relations récente de son voyage au Nejd (1878),raconte que le gouverneur de l’une des plus grandes villes du Nedjd,Meskakeh,était un »nègre  tout à fait noir,avec les caractéristique(..) de l’Africain. Il me parut éminemment absurde,dit elle ,de voir  ce nègre,qui est encore esclave,au centre d’un groupe de courtisans de race blanche ;car tous ces arabes, dont la plupart sont nobles par le sang,s’arc boutaient devant lui,prêts à obéir à un de ses regards ou à un rire de ses pauvres plaisanteries »

  C’est principalement chez les arabes sédentaires que se fait ce mélange de races différentes,chaque arabe à l’honneur d’avoir des femmes de plusieurs couleurs dans son harem. Chez les tributs du désert et surtout chez les montagnards,la pureté de la race est beaucoup plus grande. Il faut remarquer cependant que parmi les tribus nomades de la Syrie orientale et notamment près de Palmyre, en plein désert,on rencontre des blonds aux yeux bleus,ce qui semble impliquer un mélange avec des populations provenant d’une origine beaucoup plus septentrionale  («  La civilisation des arabes » de  Gustave  Le Bon. Edité au début du 19 ème siècle )

 

        

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