A M. Le professeur André Savelli-hopital du val de Grâce
Par Abdelkader Dahbi., paru dans le Quotidien d’Oran
C’est au hasard de mes errances de bédouin,que je viens de tomber sur votre « lettre ouverte à M.Bouteflika,président de
Etant peu soucieux de savoir si l’on vous a ou non répondu officiellement à votre lettre ouverte en même temps que peu curieux des pérégrinations médicales des uns ou des autres, c’est à titre de citoyen algérien outragé, que je voudrais réfuter ici, un certain nombre de contrevérités que vous n’avez pas craint d’avancer, au mépris des règles ordinaires de l’honnêteté intellectuelle dont font preuve en général,les hommes de l’art comme vous l’êtes.
Quel dommage donc, M.le professeur !et permettez-moi, de passer en revue quelques unes de vos assertions qui relèvent tout bonnement de l’imposture.
Quand vous prétendez citer le Texte sacré de l’Islam, en attribuant le passage suivant au Coran : « Combattez vos ennemis dans la guerre entreprise pour la religion…Tuez vos ennemis partout ou vous les trouverez- Coran, sourate II, 186-7 », vous commettez là, une falsification caractérisée du texte sacré, puisque le Verset en question se traduit comme suit :
« « »Combattez au nom de Dieu, ceux qui vous combattent et n’agressez point, Dieu n’aime pas les agresseurs…Tuez-les (les agresseurs) et chassez-les d’où ils vous ont chassés. La fitna(le désordre)est pire que la guerre… » ».Seraient-ce là les syndromes d’une trop longue fréquentation pédagogique de la psychopathie que vous ?je le crains pour vous…
-Quand vous prétendez « »qu’en 1830,les Français sont venus à Alger détruire les repaires barbaresques ottomans qui pillaient
C’est assez souligner,pour revenir à l’Algérie,et bien avant que le récent ouvrage de pierre péan ne vienne opportunément le rappeler que beaucoup d’historiens savaient de quel coté se trouvaient les pillards,c’est à dire les hordes de marchands mercenaires ayant noms de Bourmont,de Selliéres et autres Schneider,arrivés dans les bagages de la soldatesque de cet infortuné Charlesx,à qui l’invasion et le pillage de l’Algérie ne porta pas bonheur,puisqu’il fut forcé d’abdiquer quelques semaines plus tard pour s’exiler à Prague,puis en Autriche ou ils s’en fut mourir,de honte et surtout de choléra…comme les « barbares »mouraient eux,de paludisme,n’est-ce pas docteur ?.....
Vous persistez ensuite dans le dénigrement et l’imposture contre la société algérienne d’alors-1830-en écrivant : « « »Les taleb les plus évolués qui servaient de toubibs(hakems)suivaient les recettes du grand savant –Bou Krat-(Hippocrate),vieilles de plus de 2.000ans.La médecine avait quand méme sérieusement évoluée depuis !... » ».Dommage,M .le professeur,que vous feignez d’ignorer que la société algérienne,en 1830,faisait partie intégrante et le demeure encore,de ce vaste ensemble civilisationnel qu’est le monde arabo- musulman.
Dommage aussi, que vous ayez cru devoir escamoter les apports décisifs de la médecine arabo-musulmane à un occident médiéval,longtemps pétri d’ignorance,de ruralité et d’obscurantisme.
Quelle ingratitude, monsieur, à l’égard de vos premiers maîtres en la matière, comme Ibn Sina,Ar-Razi ou Abulkassis pour ne citer que ces grands précurseurs dont les travaux ont constitué les premiers fondements de la médecine moderne .Dommage enfin,que vous feignez d’ignorer que c’est à Bagdad que fut édifié le premier et le plus grand hôpital de l’époque,plus de 7siécles avant l’Occident.
Non, M .le professeur Savelli, votre feinte amnésie n’est que la conséquence d’une regrettable et nostalgique de « l’Algérie de papa ».Nostalgique au point d’en adopter à la fois, la même posture de supériorité et le même ton de condescendance et de refus de regarder l’histoire. En en assumant toutes les facettes…En particulier les moins brillantes, comme par exemple l’histoire des crimes établis, perpétrés par la colonisation française et que vous cherchez à escamoter et à gommer, en convoquant d’autres génocides réels, comme ceux subis par les Amérindiens en Amérique et les aborigènes en Australie, et les génocides supposés comme ceux qu’auraient subi les Arméniens ou les « romano- berbères »comme vous dites…
Pour le reste,je ne m’appesanterai que pour l’humour,sur votre effort méritoire pour comprendre la langue arabe « à votre rythme »et surtout pour l’interpréter à l’aune de vos propres phantasmes,quand vous écrivez par exemple,et avec une touchante suffisance :
« « »Faut il oublier que
Du vrai délire linguistique, M .le professeur !
Je profite de l’anecdote pour signaler que ce genre d’erreur- souvent du à une faible maîtrise de la langue arabe- est très courant même chez les pseudo « orientalistes »réputés,comme Denise Masson,voire même Jacques Berque .Il suffit pour s’en apercevoir,de comparer les traductions plus ou moins sérieuses -sournoises serait plus juste !-du Coran,faites par ces derniers,avec la magistrale traduction donnée par le regretté Cheikh Muhammad hamidullah,ce véritable apôtre moderne de l’islam des lumières .Enfin,-et j’en finis par le « bouquet »de la lettre ouverte- quand M .Savelli débute son factum en prétendant que l’identité algérienne « « »n’a jamais existé avant 1830 »en se fondant curieusement sur des propos ambigus du grand leader nationaliste algérien Farhat Abbas,mais en faisant totalement l’impasse sur les incontournables « Histoire de l’Afrique du Nord »de Charles-André julien ou « l’Algérie,Nation et société »de Mostéfa Lachraf qui réfutent brillamment l’un comme l’autre,les thèses coloniales niant l’existence de
Encore une ignorance feinte, M .le professeur !
N’est-ce pas là d’ailleurs, la pire des ignorances ?
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merci d'avoir répondu aussi justement à Monsieur Savelli.
Certes Bouteflika est un démagogue mais les propos de Monsieur Savelli sont profondément insultant pour tout le Peuple Algérien.
cordialement Hubert