Samedi 04 Août 2007

Belaid Abdesselam vide son sac ..      (extrait)

 

 Ce n’est pas les zizanies entre hauts responsables civils ou militaire qui nous intéresse,(C’est même décevant) , mais le besoin de comprendre comment sommes nous arrivés au désastre imposé par le FMI qui fit faire a l’Algérie un virage a 180 degrés ,au profit d’une minorité et au dépens de centaines de milliers de travailleurs et de chômeurs en quête d’emplois .

 

Alors que grâce à l’import import,’une oligarchie roule sur des milliards,les masses laborieuses sont payés en monnaie de singe quand elle ne souffrent pas d’un chômage endémique. A qui la faute ? C’est ce que notre peuple veut savoir .C’est pourquoi, je persiste à publier la version d’un haut cadre militant nationaliste de la première heure, quoiqu’en disent les ignorants ou autres gens de mauvaise foi. Aux lecteurs d’apprécier ou pas. 

 

                                                                 M.A

 

 

« …On ne peut imaginer meilleure illustration de la mauvaise foi que le général nourrit à mon égard que par l’ampleur de la crédulité de tous ceux qui faisaient confiance à ses démonstrations, notamment au sein de l’A.N.P. En effet,.beaucoup de cadres de cette A.N.P., surtout parmi les gradés les plus élevés, avaient cru que l’Algérie était au bord de la cessation des paiements dans ses relations avec l’extérieur, au moment du renvoi de mon gouvernement.

 

 La réalité établie par des faits était qu’en juillet–août 1993, l’Algérie non seulement assumait pleinement ses obligations découlant de la dette,mais commençait à amorcer un redressement significatif de sa crédibilité, auprès des milieux économiques étrangers et des instances financières internationales. La vérité, comme cela se dégage des différents éléments exposés dans ce texte, est qu’à la fin du premier semestre 1993, ceux qui, à l’instar du Général, avaient cru que la politique économique de mon Gouvernement leur procurerait le prétexte de conclure à l’échec de la tentative de redressement national, que je m’étais engagé à mener, en acceptant la Direction du Gouvernement, pour, ensuite, induire de cet échec qu’il n’y avait pas d’autre solution que le

 

recours au F.M.I. et à l’acceptation prétendument forcée des réformes dont il exigeait

 

l’accomplissement, en contre partie de son concours au soulagement de notre dette extérieure.

 

Ces réformes correspondaient parfaitement aux appétits de certains groupes d’intérêts et de

 

ceux qui les soutenaient, au sein des instances du pouvoir, de notre administration et même de

 

nos entreprises nationales. Mais, manquant de courage politique pour afficher ouvertement

 

leurs préférences sur le plan économique, ils intriguaient en vue de bénéficier de ces réformes,

 

sous l’aspect de retombées découlant de conditions imposées par le F.M.I. Autrement dit, afin d’assouvir leur fringale de profits appétissants, notamment à travers les pratiques de l’import-export lequel se réduisait en vérité au seul import, ces groupes d’intérêts n’avaient pas hésité à faire engager le pays dans une voie conduisant à affamer notre population, à avilir la crédibilité de notre Etat à l’extérieur et à abaisser le rayonnement de notre Révolution. Tout le monde sait, aujourd’hui, que le rééchelonnement de notre dette extérieure n’avait pas procuré à l’Algérie le pactole financier qui, aux yeux des promoteurs de ce rééchelonnement, devait impulser la relance de notre économie et provoquer un recul du chômage. Par contre, les concours du F.M.I. avaient apporté un volant de ressources substantielles au bénéfice des spéculateurs de l’import-export. Ceux qui à longueur des pages de notre presse dite libre et

 

indépendante, tempêtaient en faveur de « l’économie de marché », avaient trouvé, grâce aurééchelonnement, de quoi calmer leur ardeur au service de ce type d'économie.

 

 

 

Certes, depuis l’effondrement des cours du pétrole intervenu en 1986, une

 

certaine austérité s’était imposée dans nos importations. A ce propos, il n’est pas sans intérêt de souligner que le Général passe sous silence, probablement d’une façon qui n’est pas involontaire ni innocente, que l’Algérie avait enregistré, au moment où s’est produit l’effondrement des cours du pétrole, un manque à gagner considérable dans ses recettes en devises provenant de ses exportations en pétrole et en gaz, par suite des décisions prises, au début de la décennie 1980, d’une part, d’annuler les contrats de vente de gaz naturel liquéfié aux U.S.A. à travers l’opération dite « EL PASO » et à la République Fédérale d’Allemagne

 

associée aux Pays-Bas, et, d’autre part, de cesser de développer notre production pétrolière, sous prétexte de léguer à nos générations futures une part sur nos ressources en  hydrocarbures. Pour les seuls deux contrats de vente de gaz naturel liquéfié (G.N.L.) aux Etats- Unis d’Amérique et à la République Fédérale d’Allemagne, ce manque à gagner pour l’Algérie, à la fin de la décennie 1980 et malgré l’effondrement des cours du pétrole intervenu

 

alors, se montait à deux milliards de dollars US par année. Ce manque à gagner de deux milliards de dollars US par an est la cause véritable de la crise financière qui a servi de prétexte pour demander au F.M.I. le rééchelonnement de notre dette extérieure et pour prendre prétexte des conditions posées par cette institution financière internationale, afin de parachever le démantèlement de tout le système économique national bâti par l’Algérie après le recouvrement de son indépendance.

 

Ce rappel suffit, d’ailleurs, à lui seul, à faire prendre conscience que l’entreprise de démolition des réalisations accomplies par notre Révolution depuis l’indépendance de notre pays, ne date pas du moment où le Général était parvenu à pouvoir influencer les décisions de nos instances dirigeantes ; il n’était que le continuateur de cette entreprise de démolition et, sans doute, l’auteur ou l’un des auteurs de son parachèvement.

 

Cela étant dit, l’austérité appliquée depuis 1987, comme le dit le Général

 

, n’avait pas mis fin à la dissipation de nos réserves de change. Et c’est pour cette raison que, dans le programme de travail de mon Gouvernement, il avait été prévu d’appliquer à nos importations une austérité plus rigoureuse et même appropriée, à la fois, aux besoins vitaux de notre économie et à la préservation de nos avoirs en devises, afin de faire face au service de notre dette extérieure sans avoir à aliéner notre souveraineté sur le plan économique. C’est ainsi que l’on peut lire dans ce programme de travail les dispositions suivantes :

 

« On ne peut, sous prétexte de satisfaire aux règles de l’économie de marché,

 

laisser aux gestionnaires des entreprises publiques ou privées et aux agents des banques le

 

.pouvoir de décider de l’endettement de l’Etat par le biais du recours, sous leur seule volonté,

 

aux crédits extérieurs garantis par l’Algérie, ni la prérogative de juger de l’opportunité

 

d’utiliser les réserves en devises du pays, qui pourraient être consacrées, en priorité, à la

 

résorption de notre dette extérieure ».

 

C’est en application de cette disposition qu’un comité « ad hoc » avait été institué, auprès de moi, pour le contrôle de tous les contrats d’importation dépassant une certainevaleur. Ai-je besoin de rappeler que c’est l’institution et surtout l’entrée en action de ce comité « ad hoc » qui m’avait valu la fureur des groupes d’intérêts, qui brûlaient d’envie de s’adonner aux délices de l’import-export, en spéculant sur nos importations. Cette fureur revêtit plusieurs formes, de la campagne de haine déclenchée contre la « Rahma » dont j’avais lancé l’idée en février 1993 au Club des Pins, aux tentatives de paralyser l’économie du pays par des initiatives de susciter diverses grèves avec la complicité de certains éléments gauchistes devenus d’ardents défenseurs de l’économie du marché. Ceux qui, au sein des instances du pouvoir, étaient les véritables instigateurs de cette fureur et de la campagne qui lui fit suite, n’avaient finalement d’autre ressource pour atteindre leur but, que d’inventer le prétexte de l’échec économique de mon Gouvernement pour se débarrasser de moi et tordre le cou à une politique de redressement national qui avait le tort de déranger des groupes d’intérêts, qui s’étaient fait ouvrir, de la sorte, la voie leur permettant d’écumer à leur guise l’économie du pays. »

 

 

 

 (Page 192 à 195- Livre de Belaid Abdesselam paru sur le net.)

 

 

publié par arabdiou dans: observateur
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