Mardi 06 Mars 2007
v

 Rappel. ..

 Le Sous développement..   (*)

 

 

Après  le 5 Octobre 88,s’ouvrit un grand débat sur le devenir du pays . .En  cette circonstance ,le 2 novembre 88,je publiais dans la rubrique « opinion » d’El Moudjahid ,sous le titre « Le sous développement »,un article qui résumait ma pensée ;le voiçi :

 

« Les dernières décennies ont été celles de la décolonisation. Combien de pays s’en tirent pour autant ?Le drapeau ,l’hymne National, sont des symboles de la souveraineté retrouvée. Ils ne font pas bouillir la marmite des mères de famille. Y a-t-il une liberté réelle sans un véritable développement ?La majorité des pays du tiers monde ne semblent pas encore trouver le chemin d l’affranchissement ,de la vie .Il est bien plus aisé de démolir un gourbi que d’effacer « l’esprit gourbi »..

 

   Problème idéologique ? Oui mais.. »l’arbre se reconnaît à ses fruits » .Aux uns ,on reproche le « fiasco » pour avoir choisi le système capitaliste. Aux autres ,on affirme que tout le mal vient de l’option socialiste En attendant, les problèmes s’accumulent, deviennent écrasants.

 

   La vérité est que, dans beaucoup de ces pays, il n’y a ni vrai socialisme, ni  libéralisme. Au nom de l’une ou de l’autre idéologie, le plus souvent, une caste impose son dictat à un peuple résigné.

 

   A-t-on opté pour le socialisme, creuset de la liberté, la liberté de ne pas crever de faim, de la démocratie, la démocratie qui offre les mêmes chances pour chaque enfant d’age scolaire, la santé, le travail pour tous ?..

 

   Cette politique qui implique une discipline de fer ; afin de ne permettre aucune déperdition, fonde sa démarche sur le Parti unique, le syndicat unique, piliers de l’édifice institutionnel.

 

  Dans bien des pays sous développés, ayant opté pour le « socialisme » tout est scrupuleusement respecté, sauf l’essentiel ;le centralisme démocratique qui permet à chaque militant de s’exprimer librement au sein des instances, se battre pour ses idées, faire éclater la vérité car »la vérité est révolutionnaire » .Hélas, bien souvent, les cadres du Parti  et des administrations de l’Etat se transforment en une « grande famille » qui fait ou défait une politique sans demander l’avis des principaux  intéressés : les masses populaires.

 

 Ceux qui gesticulent au sein des « instances » qui s’agitent sur les gradins, ne sont souvent que des  figurants, des pantins.

 

  Conséquence de cette situation :le Parti  tourne à vide, broie du vent. .Les différentes institutions mises en place se révèlent dés lors ,tels de beau meubles, jouant le rôle de décoration, rien de plus. .Qu’il est curieux le « socialisme » des sous développés !..

 

  Les défenseurs du libéralisme ne logent guère à  meilleure enseigne. Souvent manipulés par leurs maître étrangers, ils ne cessent de répéter des leçons bien apprises, sur les vertus de « la libre entreprise » la liberté tout court, leur liberté .Capitalisme ? Soit ! mais quel capitalisme ?Celui de l’Angleterre, de la France , de la Suède , du Japon ?

 

     Dans ces pays, malgré de nombreux facteurs négatifs, il existe une dynamique aux conséquences impitoyables certes, mais ou l’opinion publique a son mot à dire et avec laquelle il faut compter ,d’où une lutte permanente entre exploiteurs et exploités. Le système libéral de ces pays développés permet le pluralisme des partis, des syndicats, un semblant de liberté d’expression à travers un appareil médiatique qui n’est pas exclusivement entre les main des capitalistes. Il y a enfin l ‘ultime recours du travailleur pour se défendre :le droit de grève.

 

  Dans les pays sous développés, mais « capitalistes » tous les pouvoirs sont du coté de la grande famille féodale. Dans sa composante ,celle-ci ressemble étrangement à celle qui tient le haut du pavé au nom du socialisme .Les superprofits sont admis, mais la presse est muselée, la grève interdite. Tout mouvement de lutte est taxé « d’association de malfaiteurs.. »

 

  Quand à ceux qui naviguent entre deux eaux, à la recherche d’une « troisième option » oubliant qu’une porte est ouverte ou fermée, ils ne cherchent qu’à faire durer la confusion ..à leur profit.

 

    Si le socialisme est un, les méthodes d’édification doivent répondre aux réalités de chaque peuple et à son génie propre. Toute application aveugle, empreinte de mimétisme, ne peut mener qu’à un fiasco inéluctable.

 

     Le socialisme est un moyen pour l’épanouissement de l’homme et non une fin en soit. .Dans le cas contraire, c’est la voie ouverte à un dogmatisme abrutissant. Quel sens lui donner s’il est mené au prix d’une boucherie, dans un monde concentrationnaire ?

 

        Le   peuple ne craint pas l’austérité lorsque celle-ci  constitue le prix du développement. C’est l’inégalité devant les privations qui l’exaspère .Frustré, il montre ses griffes .La brutalité peut le faire reculer un moment, mais elle peut aussi le libérer de la peur. Dans ce cas, il devient invincible et ..Malheur à ses ennemis

 

     La première qualité d’un révolutionnaire est de concilier, ou du moins, trouver un juste milieu entre la liberté et la discipline. Les peuples qui ont réellement souffert de la domination- et l’Algérie en fait partie- sont en mesure de venir à bout des obstacles qui obstruent le chemin du développement pour la simple raison « qu’oublier c’est trahir.. ».

 

            

 

 (*) ( Extrait de mon livre ( mémoire) intitulé ‘Au fil des jours,une vie’, faute d’éditeurs,il est publié sur Internet..)

 

                                                          Mohamed Arabdiou

 

Portail de l'emploi 100% gratuit

Créer un blog sur dzblog.com - Contact - C.G.U. - Reporter un abus