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Histoire:
Aguellides et Romains , en Berberie -8
( Par Mounoud Gaid – édition NAL –OPU)
II- Intervention Romaine en Afrique
Les auteurs du chapitre consacré à « Rome et son Empire » dans « l’Histoire des Civilisations » écrivent : « Lorsqu’on analyse les raisons profondes qui ont poussé Rome à étendre ses possessions à l’adolescence de sa puissance,on découvre des motifs autres que ceux qui poussent généralement l’impérialisme à des conquêtes territoriales. Aucun document n’autorise à soupçonner une impérieuse poussée démographique,Rome ne parait pas avoir trouvé la nécessité d’élargir son espace vital,et la fondation,d’ailleurs assez tardive contrairement à la tradition,de ses premières colonies,répond beaucoup plus à des desseins militaires qu’à celui de pourvoir une population excédentaire .pas d’avantage,pendant la majeure partie de ces cinq siècles,de problèmes économiques ou de problèmes sociaux dont Rome aurait pu vouloir chercher la solution dans la conquête. « De cet ordre n’ont commencé à agir qu’assez tard, lorsque les conquêtes antérieures les eurent fait surgir. Pas de système politique ou social donnant la prééminence à une caste dont le guerrier aurait figuré le type idéal,recevant une éducation morale et physique orientée avec prédilection vers la guerre :à l’origine on chercherait en vain à Rome,mises à part quelques silhouettes très rares et très vagues,le héros homérique,tendu vers la gloire et les plaisirs matériels de la voie,comme le noble aventureux que
la Grèce
archaïque avait également connu,prêt à tout pour satisfaire son appétit de puissance .Jamais,enfin la moindre trace de croisade idéologique .Elle a pu se croire parfois haie comme telle par les rois et visée par leurs alliances .Mais Scipion ne mentait pas lorsqu’il affirmait en son nom qu’elle ne cherchait pas à renverser les monarchies,les républiques conservatrices .Elle a certainement montré plus d’hostilité préconçue aux régimes révolutionnaires .Elle s’est résolue plus d’une fois à s’entendre avec eux,se bornant à tenter de se prémunir contre la contagion .Pourtant,cet impérialisme n’échappe pas tout à fait aux causes très générales qui,avant ou après lui,en ont suscitées beaucoup d’autres .Nul ne fera de difficultés pour ranger parmi elles la pure et simple avidité :peuple paysan,le peuple romain a convoité les terres de ses voisins surtout lorsqu’elles se trouvaient plus fertiles ou mieux mises en valeur .Installé en un site ou passaient certaines routes,il a voulu se réserver et augmenter les bénéfices de leur trafic. Il a voulu aussi se procurer plus aisément certaines matières premières. Mais cette avidité rudimentaire a ses bornes et le cas de Rome parait être de ceux qui interdisent de reculer devant une explication à laquelle on ne fait pas,d’habitude,la place qu’elle mérite .Plus encore en effet qu’à l’attraction des gains immédiats,elle semble avoir obéi à la vrainte,en tous temps génératrice de guerres,que chacun des adversaires,avec une entière bonne foi,interprète de son coté comme défensives,ou il estime son existence même menacée et ou de fait,elle constitue souvent le véritable enjeu .On retrouve dans
la Rome
de l’antiquité ce sentiment souvent fréquent et si vif en Gréce-ne sortons pas de l’antiquité que la sécurité d’un Etat se trouve mise en danger par la seule présence,à proximité d’un Etat dont les forces paraissent équilibrer les siennes,ou par la possibilité d’une coalition à laquelle il ne participe point ;le souci de préserver sa propre indépendance l’invite à détruire celle des autres .Dés lors,les guerres et les conquêtes se poursuivent,car agrandir ses possessions multiplie les devoirs défensifs et les occasions de conflit ;l’impérialisme trouve dans ses acquisitions même d’irrésistibles motifs de porter sans cesse plus loin ses visées,il n’a enfin de compte,d’autres limites que celles de la terre habitée .
A suivre..