XÉNOPHOBIE UN RAPPORT EUROPÉEN SUR LES PHÉNOMÈNES RACISTES
La population qualifiée de " musulmane " cumule les discriminations
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L'OBSERVATOIRE européen des phénomènes racistes et xénophobes (EUMC) a rendu public, le 18 décembre, un rapport accablant sur l'islamophobie dans les pays de l'Union européenne (http://eumc.europa.eu). C'est la première fois que cet Observatoire publie une étude sur la population originaire de pays musulmans, estimée à 13 millions, soit 3,5 % de la population de l'Union. Cette étude ne prend pas en compte son rapport à l'islam, ni sa pratique religieuse, mais conclut à un cumul, dans cette population dite " musulmane ", des discriminations à l'emploi, à l'éducation et au logement.
Dans les pays de l'Union, le taux de chômage des " musulmans " est supérieur à la moyenne nationale. Le rapport épingle par exemple l'Irlande où le recensement de En 2004 au Royaume-Uni,
Avec des taux de réussite scolaire et des niveaux de qualification largement inférieurs à toutes les moyennes nationales, cette population musulmane se retrouve dans les secteurs les plus sinistrés de l'économie et des villes.
S'agissant des incidents islamophobes (insultes, agressions, incendies volontaires), le rapport note l'impuissance des pays européens qui ne disposent pas de données statistiques permettant de recenser les délits à caractère religieux et d'engager des poursuites. Seuls le Royaume-Uni et
L'Observatoire recommande donc aux Etats-membres d'appliquer sans délai toutes les directives de l'Union contre les discriminations à l'emploi. Il suggère de mener des politiques volontaristes, visant l'égalité à l'emploi, l'inclusion dans les programmes scolaires de cours sur le racisme. Les " musulmans " sont encouragés à participer à la vie publique, les médias à recruter des journalistes issus de cette minorité, les personnels de police à se former aux questions liées à la diversité culturelle et au racisme.
Ce rapport est accompagné d'entretiens avec de jeunes musulmans marqués par un sentiment de " désespoir et d'exclusion ". Il note que beaucoup reconnaissent qu'il leur faut " prendre plus de responsabilités " pour s'intégrer. Mais la plupart regrette que leurs animateurs de communautés ne traitent jamais des questions qui se posent dans la société laïque européenne, comme les relations sociales, la sexualité ou la drogue.
Henri Tincq
© Le Monde
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