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Mercredi 12 Décembre 2007

UGTA :

 

De la collaboration à la Revendication ouvrière..

 

 

(L’idéal se perd devant l’interet comme le fleuve devant la mer..)

 

 

 

 J’ai la prétention d’user de mon age pour témoigner d’un passé récent en espérant ne pas passer pour un radoteur auprès d’éventuels lecteurs. Je précise ‘éventuels’ car je ne dispose d’aucun indice me permettant de m’informer a ce sujet.

 

 En 1951 j’avais 20 ans .Je me souviens d’un grand nombre de militants politique de Boufarik ma ville natale comme Allili,Moussa Chiref, Kessi  Cherif  et bien d’autres. alors que pour ma part , j’étais plus préoccupé à gagner ma pitance et celle des miens qu’a penser a la chose politique.

 

 

 

C’est en France,durant un  stage de formation pour adultes,  à Foix (département de l’Ariège) que j’ai rencontré des compatriotes engagés qui m’initièrent au militantisme alors qu’auparavant je me contentais de la lecture de tout ce qui me paraissait anticolonialiste.. comme ‘Alger Républicain’ ‘L’Algérie libre’ ainsi que de nombreux journaux français de toutes tendance allant de ‘Huma’ communiste  ‘à ‘ Rivarol’.(extrême droite)

 

Ce n’est qu’après la manifestation du 14 juillet 1953 -de la Bastille à la Nation- ou  l’on dénombra des morts et des blessés, que j’ai adhéré à une cellule du MTLD ,rue de la Goûte d’Or (barbès) dans le 19ème.

 

En novembre ,54 j’ai momentanément adhéré au MNA la branche messaliste du MTLD. Ma chance fut de me rendre rapidement  en Orient ou Abdelhamid Mehri me fit rejoindre                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                      le FLN  dès 1955.Une longue histoire dont on peut lire les deux premiers chapitres  d’un livre mémoire publiés dans un site  français d’internet, faute d’éditeur algérien…(C’est également cela l’Algérie..) Il suffit d’écrire : arabdiou mohamed sur yahoo ou google puis ; recherche...

 

Le troisième et dernier chapitre ne fut hélas pas publié a cause de passages jugées compromettants.. J’espère que tôt ou tard mon livre paraîtra quand meme.. probablement après  ma disparition ..                                                 

 

.Le but de ce modeste  article n’est pas de parler de’ moi’, mais de témoigner.

 

 

 

 De Messali El Hadj au MTLD au CRUA et même au FLN ,la tendance générale des dirigeants et autres militants était progressiste et laïcs (edine lillah ouelWatan lildjaliie)Tel étaient nos slogans de même que l’on revendiquait une Algérie libre démocratique et sociale. C’était avant l’adhésion  au FLN des oulamlistes avec Kherredine, Tawfik ElMadani etc. de  Ferhat Abbas de l’UDMA et d’autres. Durant les sept années de guerre, malgré la saignée engendrés par le conflit , ces  grandes et belles  idées progressistes survécurent après l’indépendance . Malgré quelques interférences à portée minime la culture prédominante était progressistes ; un progressisme qui se distinguait par un fort attachement à la religion. Pour l’écrasante majorité des algériens paupérisés par le colonialisme sans avoir étudié Marx ni Tartampion ,le raisonnement était simple. Nous ne voulions pas que les sacrifices consentis pour libérer le pays soit confisqué par une minorité d’aventuriers. Ce qui équivaudrait a faire remplacer François par Saïd..

 

Boumediene pour sa part, sans avoir l’age de ses aînés nationalistes démontra qu’il était un fin stratège avec les qualités et défauts que cela implique,  a la fois contre l’ennemi mais aussi pour s’imposer au faite du Pouvoir. En marge des luttes pour le fauteuil ,presque tous les cadres dirigeants de l’après indépendance prônèrent naturellement le socialisme dont ils soulignaient la spécificité islamique…Ce qui ne manqua pas de faire sourire les milieux dogmatiques de tout bord...

 

An nom du socialisme sincèrement prôné, les dirigeants syndicalistes furent contraints de renoncer à toute action revendicative, pour se convertir en courroie de transmission du gouvernement. Ceux qui s’y opposèrent furent éliminés sans autre forme de procès .En toute logique l’UGTA  syndicat unique  à l’image du Parti unique ,devint un appendice du FLN une époque ou Amar Ouzgane et Ali Yahia Abdenour étaient ministres du gouvernement. .

 

 

Dès les premières années de gouvernance ,la lutte progressiste montra ses limites faute d’une culture générale conséquente et approprié. Elle prêta le flan au aux nervis  du néocolonialisme,une bourgeoisie compradore avide constituée a l’ombre d’un socialisme pervertie.

 

Une bureaucratie malfaisantes provoqua un pourrissement propice à l’instrumentalisation des milieux obscurantistes que l’on avait commis l’erreur de ne pas combattre sévèrement dès le départ .En s’accoquinant avec cette horde d’incultes pour éliminer les forces encore plus ou moins progressistes, ces aventuriers en ne se rendaient pas compte qu’ils ouvraient par là même la boite de Pandore qui  nous coûta une remise en cause de tous les acquis par un virage à 180 degrés illustré par na nouvelle constitution ultra libérale ainsi qu’une décennie noire..

 

A partir de ce chambardement radical dûment scellée par les urnes l’UGTA devait logiquement prendre ses distances avec un Pouvoir vantant les vertus d’un capitalisme du trabendou et de l’import import qui permit en un laps de temps très court de constituer une classe dominante qui désormais détient les reines du Pouvoir. Continuer a jouer dans ces conditions à la courroie de transmission alors que le système a radicalement changé ce serait tout simplement trahir l’idéal de Aissat Idir et les autres pionniers du syndicalisme Algérien

 

Si par malheur l’UGTA trahissait l’idéal de la Révolution de novembre 54,elle ne deviendrait plus qu’un terreau sur lequel fleurirait  une nouvelle génération de délégués syndicaux qui, par leur combativité ils démontreront aux khobsistes ce que militer veux dire.. OUELA LALLA ?..

 

                                              Mohamed Arabdiou

 

                                                             (journaliste depuis août 1962 )

 

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