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Dimanche 08 Octobre 2006

CEUX QUI TIRENT LES FICELLES’    -    suite

 

  Essai de MOHAMED ARABDIOU -  2003

 

 

  En 1898 ,au cours d’un voyage qu’il fait dans le Proche Orient à la tête d’une délégation Sioniste,Herzl est reçu à Jérusalem par l’empereur d’Allemagne Guillaume II,en présence du chancelier Von Bulow. Le fondateur du Congrès de Bale lui expose ses projets. C’est l’époque ou l’Allemagne cherche à pénétrer en Orient et préparer la construction d’un chemin de fer Berlin -Bagdad .L’auteur de « l’Etat juif »,fait valoir à Guillaume II combien une colonisation juive dans cette région du monde, favoriserait la politique expansionniste de l’Allemagne. Il lui déclare :

 

  « Nous désirons établir,sur le littoral oriental de la méditerrané,un centre moderne de culture et de commerce,qui apportera un appui direct et indirect de l’expansion du germanisme »

 

   Guillaume II l’écoute avec beaucoup d’attention et lui répond :  « Les tentatives sionistes en Palestine seront assurées de ma bienveillance,à condition de ne pas porter atteinte à la souveraineté de mon alliée, la Turquie  »

 

   Fort de cet appui, Herzl va voir le sultan Abdul Hamid, sous la souveraineté duquel est placée la Palestine   .Le 18 mai 1901,au cours d’une première entrevue ,il lui présente un plan- dit « charte de la Palestine  » - il prévoit l’achat de l’autonomie administrative et le regroupement des colonies juives individuelles ,dispersée sur son territoire (1) .Il lui explique que l’octroi de cette « charte » lui vaudra la faveur des juifs du monde entier,c'est-à-dire une aide financière importante,qui lui permettra de mieux résister aux pressions des grandes puissances qui cherchent à démembrer l’empire.

 

  Comme le sultan se montre réticent,Herzl offre de verser 1.600.000 livres sterling à sa cassette personnelle, s’il consent à ratifier la charte qu’il propose .Le sultan fait répondre à Herzl par l’entremise de son grand Vizir :

 

   « Conseillez au docteur Herzl de ne pas insister sur cette question .Je ne puis aliéner fut ce un pied carré de mes terres car, elles ne m’appartiennent pas ;elles appartiennent à mon peuple .Mon peuple l’a conquis et arrosé de son sang .Que les juifs gardent leurs millions .Si mon empire est démembré,peu être obtiendront ils la Palestine pour rien,mais ils devront, pour cela, nous passer sur le corps .Je ne puis accepter cette vivisection »

 

  En même temps le sultan fait savoir qu’il interdit aux voyageurs israélites de séjourner plus de trois mois en Palestine .L’ambassadeur d’Italie à Constantinople, intervient auprès d’Abdul  Hamid pour tenter de le ramener à de meilleures sentiments .Il lui fait valoir que son intransigeance risque de lui attirer des désagréments .Le sultan reçoit une deuxième fois Herzl .Il le décore de l’Ordre de la Midjidje ,mais ne lui accorde rien de plus..

 

  Dépité,Herzl se tourne alors vers la Russie qui est l’ennemi héréditaire de la Turquie en raison de ses visées séculaires sur Constantinople et les détroits. Il s’installe à Saint Pétersbourg ou le ministre de l’intérieur vient d’interdire  les réunions sionistes qui dégénèrent souvent en conférences de propagande révolutionnaires .Il lui fait valoir que l’installation d’une colonie juive en Palestine accélèrera la désagrégation de l’empire ottoman » Herzl déploie tant d’éloquence qu’il finit par obtenir de M. De Plehve ,la promesse que le gouvernement russe apportera une aide matérielle et morale à son plan d’émigration,à condition que cesse toute agitation politique juive en Russie et que les émigrés contribuent aux frais du voyage Mais Herzl meurt avant que ce projet ne se réalise (1904).

 

                                                                 (  à suivre..)

 

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