Les eaux troubles de Blackwater..
MICHELANGELO DINUCCI
Après l’énième massacre à Bagdad par les mercenaires de Blackwater (eau noire, NdT), le gouvernement irakien vient de retirer sa licence à cette société, en annonçant qu’il allait revoir le statut de toutes les « compagnies de sécurité » étrangères qui opèrent dans le pays. Chose assez difficile : « La société Blackwater - écrit le New York Times (18 septembre)- joue un rôle central dans les opérations étasuniennes en Irak ».
Blackwater est la plus grande des sociétés « contractuelles militaires privées » qui opèrent en Irak et Afghanistan. Fondée en 1997 par un ex-commandant des Navy Seals, elle est composée de cinq compagnies spécialisées. Elle se définit comme « la compagnie militaire professionnelle la plus complète du monde », qui compte parmi ses clients, outre des sociétés multinationales, le Pentagone et le Département d’Etat. Elle est spécialisée en « imposition de la loi, maintien de la paix et opérations de stabilité ». Une fois sur le terrain, elle a pratiquement une licence pour tuer : un document du commandement Us, rendu public par le New York Times (avril 2004), autorise les compagnies militaires privées en Irak à utiliser la « force létale », en autodéfense mais aussi pour la « défense (de) propriété », et pour « arrêter, détenir et fouiller des civils ». On ne sait pas exactement à combien se monte le personnel de Blackwater en Irak : peut-être 1500 hommes mais, d’après le NYT, « il est impossible de savoir le nombre exact ».
Selon le NYT le Pentagone a cependant confirmé qu’en Irak, et aux côtés des forces étasuniennes, opèrent environ 126 mille contractors (contractuels est peut-être un terme un peu faible, on peut sans doute dire mercenaires, NdT) : un total qui est proche de l’ensemble de la force militaire étasunienne déployée ici (mais au début de juillet le Los Angeles Times parlait de 18 mille contractors parmi lesquels ceux affectés aux tâches de soutien et de sécurité, un chiffre donc supérieur aux 160 mille militaires Us en Irak). Ceci entre dans la « stratégie de l’outsourcing » (sous-traitance, NdT) adoptée par l’administration Bush en Irak comme en Afghanistan : un nombre croissant de fonctions, auparavant assumées par les militaires, est confié aux compagnies privées : y compris la « fourniture de sécurité » et l’ « interrogatoire des prisonniers ». Les contractors ne font pas qu’entraîner les forces armées locales, mais participent aux actions de combat. Nombre d’entre eux proviennent des forces spéciales et des services secrets à cause des gains : un commandant privé peut gagner plus de 300 mille euros annuels. (Vous avez bien lu ? 300.000 euros annuels, ça fait 25.000 euros mensuels, soit 163.989 de nos petits francs d’avant l’euro, PAR MOIS, pas par an, par mois. NdT). (Nourris-logés ? NdT)
L’autre grande compagnie militaire privée est DynCorp International, qui se définit comme « entreprise globale multiforme ». Avec un personnel de dizaines de milliers de spécialistes, elle opère surtout au Moyen-Orient, dans les Balkans et en Amérique latine, pour le compte de Pentagone, Cia, Fbi et Département d’Etat. Elle s’est aussi spécialisée dans les technologies de l’information, si bien que le Pentagone,
Edition de mardi 18 septembre 2007 de il manifesto


