Tarik Ramadan répond a ses détracteurs .. Extraits SUITE (4)
-Revenons au code de la famille, qui pose certains problèmes en France : par exemple,ces femmes répudiées par leur mari depuis l’Algérie et qui se retrouvent abandonnées du jour au lendemain,mais aussi les mariages forcés. Abordez-vous ces problèmes .Lorsque vous vous adressez à un auditoire musulman ? Agissez-vous,si tant est que vous le puissiez,vous qui avez une influence sur certains cadres associatifs sur le terrain ?Comment pouvez-vous aider à lutter contre cela ?
-Je suis la méthode que je vous ai exposée. A la lumière des sources,je démontre que l’application actuelle de la législation ,quant aux droits des femmes et des mères dans les cas de divorce est presque toujours discriminatoire,et qu’il ne faut donc pas accepter ces procédés et ces injustices .Au nom de l’islam ,il faut lutter contre les comportements inacceptables de certains hommes qui trahissent nos principes, lors même qu’ils affirment les respecter. Quant aux mariages forcés,je ne cesse de répéter qu’ils sont contraires à l’islam. J’accompagne nombre d’associations en occident ou dans le monde musulman, qui travaillent à faire cesser ces pratiques et à éduquer les femmes sur leurs droits.
-Pour commencer,que dit la source ?
-Le consentement de la jeune fille est nécessaire .Il faut lui poser la question et la laisser libre de répondre.
-Des sources disent qu’il faut aussi le consentement du tuteur ; j’imagine que vous le savez ?
-Oui, dans au moins deux écoles de droit islamiques, mais l’accord du tuteur ne dispense pas, même selon ces deux écoles juridiques,de respecter l’avis de la jeune fille. On ne peut la marier contre son gré, il faut le dire et le répéter .J’invite les femmes à ne jamais céder à la pression, si elles n’ont envie ni de se marier,ni de l’époux qu’on leur présente.
Une fillette de neuf ans promise au mariage, cela n’existe certes pas en France, mais ailleurs ?
-Oui, cela existe .Il faut se libérer de ces pratiques. Les sources scripturaires ne disent rien de précis sur l’age du mariage pour les garçons et les filles. Les seuls éléments que l’on peut réunir traitent davantage des conditions du mariage : le consentement des époux, les clauses du contrat de mariage : le douaire, etc.Du fait de ce silence des textes sur l’age, c’est à partir de l’influence de la coutume et de la culture que l’on a déterminé ces règles d’application. Au bout du compte,on en arrive à marier des filles très jeunes,en forçant parfois leur consentement .Elles sont souvent ignorantes de leurs droits et c’est le tuteur qui décide et qui tranche .Nous devons dire aujourd’hui qu’il faut revenir aux sources et les débarrasser de ces lectures culturelles. Il faut affirmer que, pour qu’une femme soit libre de choisir son mari et ait les moyens de discuter les clauses de son contrat de mariage, elle doit acquérir une certaine autonomie une certaine maturité,et que les mariages à neuf ans ne peuvent plus être acceptés. Il en va de la fidélité au message de l’islam à notre époque.
Il faut redonner son rôle au contrat de mariage,ou la femme stipule un certain nombre de clauses qui doivent être respectées par le mari .Elle peut y inscrire son refus de la polygamie,son droit au travail et à l’autonomie financière,etc. .Ce contrat,en Occident,doit absolument être accompagné d’un mariage civil devant les institutions légales .Beaucoup trop de femmes qui acceptent des « mariages islamiques »sans rien d’écrit ni de clair se voient flouées par des hommes sans scrupule.
( A suivre..)
(*) Tiré de ‘Faut il faire taire Tarik Ramadan ?’ édit.L’Archipel -Par Aziz Zemouri


