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OMNI SOIT QUI MAL Y PENSE….
Machahou 16 (suite et fin )
Chito n’aimait pas beaucoup s’adresser à la presse. Mais lorsque Jean-Claude,reporter d’un grand journal de
Jean Claude était le premier reporter étranger qui,au péril de sa vie,avait fait un reportage favorable à la cause Boulonguie.
Le général le reçut.
Le reporter demanda à Chito, s’il n’avait pas peur d’une compétition démocratique ?
-A 79ans,je ne brigue rien,sinon, préparer l’avenir de ce pays. Pour ce qui est du Rassemblement ,il appartiendra à ses militants de s’imposer aux yeux du public,puis de citer la phrase d’un parlementaire d’un pays de l’Est lors d’un débat sur le multipartisme : Si la fiançée s’en va avec un autre,c’est qu’il y a problème avec le fiancé…
-Attendez-vous à une aide du monde libre ?
-Quel monde libre ?Tu te payes ma tête !si ce monde était réellement libre,garderait-il dans les coffres de ses banques, des milliards de dollars, volés par des dirigeants véreux de pays du tiers monde ?Si ce n’est pas là du recel à grande échelle,alors moi,je suis un aryen…Ton monde libre ,impose un prix de plus en plus bas, pour nos matières premières ,alors qu’il nous refile ses produits manufacturés pour un coût, chaque jour, plus élevé. Ton Monde libre , encourage nos pays encore solvables, à s’endetter davantage, afin de mieux les tenir en laisse. Si ce monde était réellement libre,il ne piquerait pas les meilleurs cadres formés à grands frais par les pays de l’hémisphère sud .Si ton monde était libre,il restituerait l’ensemble des objets d’art constituant des pans entiers,de l’histoire de nos pays. Ton monde libre a exploité des millions d’émigrés,tant qu’ils étaient en age de produire et qu’il a renvoyé dans leur pays d’origine,une fois usés,moyennant un pécule dérisoire,s’écria Chito avant de rappeler une citation : Un peuple qui en opprime un autre,ne saurait être libre .
L’oppression économique est aussi cruelle que celle des baïonnettes, dit-il en guise de conclusion.
Après l’interview,Chito donna des instructions pour, faciliter la tache, à ce journaliste,ami du Bolongui.
Malgré la mauvaise humeur du général,Jean-Claude ,était plus que jamais séduit,par ce qui lui sembla, une juste colère.
Dans une série d’articles,le journaliste suisse procéda à une analyse des partis politiques en lice.
… Le PCB actuel,écrira-t-il,est bien différent de celui d’antan .A l’époque,dés qu’un communiste voyait un compatriote faire sa prière ,il le taxait de superstitieux,voire de réactionnaire.
Instruite par ce qui se passe à travers le monde,la nouvelle génération a tendance à être moins dogmatique. La religion est respectée. Bon nombre de militants du PCB sont de fervents croyants,aucunement gênés par leurs camarades athées. C’est une question personnelle ,vous diront-ils,non sans préciser que l’Islam vrai,est contre l’exploitation de l’homme par l’homme. Ce qui va dans le sens du programme du Rassemblement .
Pour sa part,le parti religieux est traversé par un courant novateur,ajoutera le journaliste suisse,dans un autre paragraphe… Ses fidèles sont toujours déterminés à défendre les constances de l’Islam,mais la majorité,estime que, ,leur religion s’adaptait à tous les lieux et à tous les temps.
Ce courant refuse d’être qualifié d’intégriste ... Nous sommes des musulmans qui désirons conformer notre vie quotidienne, à notre foi .Un musulman ne peut dormir tranquillement,si son voisin vit dans le dénuement. En terre d’Islam,il ne peut y avoir de gens repus,se vautrant dans l’opulence,pendant que chômeurs et mendiants rasent les murs, ou tendent la main .S’il est vrai que Dieu, nous a crées différents,le riche et le pauvre,la vraie richesse, se manifeste dans l’esprit. Elle se traduit par l’intelligence,la générosité,la solidarité. Quant à ceux qui volent six jours de la semaine,et font prière et charité le vendredi,ils ne sont que des hypocrites.
Notre religion est contre la spéculation,l’enrichissement illicite .Bien avant Marx,elle a été et demeure contre l’exploitation..
Encore des revendications qui rappellent le programme du Rassemblement, même si le pouvoir récent, n’ appliqua celui-ci, que partiellement.
Au- délà des faux clivages,entretenus par les sectaires de chaque parti,rien de fondamental ne sépare le PCB du rassemblement et des islamistes. Le dénominateur commun qui pourrait unir ces trois formations,c’est le souci de l’équité,de la juste répartition de l’austérité,comme du revenu national.
Au moment même ou nous écrivons ces lignes,le peuple Bolongui s’apprête à se prononcer .La clef de l’avenir est entre ses mains.
Ira -t-on vers un vrai rassemblement, non pas au sein d’un parti unique, mais sous l’égide d’un Front, pour le développement économique et social ?
Face aux défis multiples auxquels doit faire face le Bolongui, sous peine de sombrer,nous ne voyons pas d’autre alternative.
Devenu richissime,Touré renia publiquement Le rassemblement et le socialisme ,qu’il prônait.
-J’y étais et je sais de quoi je parle,!.affirmait-il, avant de présenter le programme de son nouveau parti le PDL(parti démocratique libéral).Ce document stipulait la liquidation du secteur public et la suppression des monopoles.
Pour cet homme,le seul moyen de s’en sortir,c’est le Libéralisme,la libre entreprise et nous vivons comme les Américains ,clamait-il.
Lorsqu’il fit connaître son objectif au général,celui-ci lui répondit :
S’il y a des entrepreneurs et autres industriels dynamiques à encourager,il ne faudrait pas les confondre avec ceux qui,depuis l’indépendance,se sont enrichis par la rapine .Sous peine de trahison,la première tache à mener par le futur gouvernement sera le contrôle, des fortunes sur la base des déclarations au fisc, depuis l’indépendance.
Ne perdant pas de temps,Touré mena une action de prospection, dans les capitales étrangères, afin d’obtenir des appuis concrets, de la part de financiers.
Ils le reçurent à bras ouverts.
Ils promirent au chef du parti démocratique libéral, une aide adéquate, pour l’installation d’une infrastructure de presse et le lancement d’un grand journal. Cette privatisation permit de corrompre un grand nombre de journaliste qui défendaient avec zèle l’idéologie socialiste L’intéressement en fit les meilleurs défenseurs d’un ultra libéralisme.
A sa sortie de prison,Sidki fut recruté au ministère de l’information, qu’il ne quitta plus. Quand le rédacteur en chef de l’ Echo du Bolongui démissionna, pour prendre la direction du journal du PDL,on lui proposa le poste vacant,qu’il ne refusa pas.
Faire du journalisme,même tardivement,c’était concrétiser un vieux rêve enfoui au plus profond de son être.
Lorsqu’il en informa Doudou,le vieillard ,dont les enfants étaient Français de naissance et de culture, ,celui-ci, le félicita, tout en le mettant en garde.
Le Suédois lui rappela le comportement de certains de ses confrères qui n’avaient jamais refusé d’émarger pour jouer aux laudateurs de l’ancien système et qui ,après les émeutes,retournèrent la veste, en dressant perfidement, un doigt accusateur contre le Chinois.
-..Ce métier,peut être des plus nobles ,mais aussi ,des plus vils. Si tu l’exerce,sois fidèle à des principes et non a des hommes. Même si tu es perdant,tu t’en sortiras la tête haute.
Fin


