Juillet 1962-Juillet2007
Déjà 45 ans !Pour la circonstance voici quelques extraits tirés du troisième chapitre de mon livre mémoire intitulé ‘Au fil des jours,une vie’..
Troisième partie
Pour moi, crier,»L’indépendance n’est qu’une étape ! », ce n’était pas un simple slogan destiné à haranguer les foules. Lors d’une interview accordée au « Peuple » quotidien Bruxellois du 12 Mars 62,je répondais sans ambiguïté que « L’Algérie sera socialiste et procèdera à une profonde réforme agraire, à un recensement des richesses et une industrialisation urgente.. »
Cette déclaration reflétait la tendance prédominante de mes convictions nationalo progressistes du MTLD au FLN. La conception et le mode d’application du socialisme par Joseph Broz Tito père de
Dès le mois de Juillet ,les gens commencèrent à traîner la savate. Les lampions s’éteignirent vite , mais la dure réalité demeura. Chacun devait gagner son pain quotidien. Ce n’était pas facile. Les quelques entreprises existantes étaient fermées pour cause de départ des Européens. Les caisses de l’Etat étaient vides. Le »trésor » du FLN constitué par les cotisations des travailleurs émigrés , déposé en Suisse au nom de Khider était confisqués par des opposants au régime .Cet argent ,c’était le sang et la sueur de centaines de milliers de travailleurs émigrés qui, de gré ou de force, payaient les cotisations pour l’effort de guerre, parfois au détriment de leur famille nécessiteuses .Lorsque dans »Le Soir d’Algérie » du 21 Février 2001,madame Anissa Boumediène porta des accusations accablantes à l’égard d’anciens responsables dont Boudhiaf et Ait Ahmed aucun démenti n’infirma les déclarations de la veuve de l’ancien Président de
.Notre respect pour nos » historiques » nous impose de revendiquer une clarification à ce sujet.
°°°°°°°°°°°°°°
...Pendant que les gens que je considérais comme des fous inconscients, occupaient sans état d’âme, des villas ou des locaux commerciaux parfois bourrés de marchandises abandonnées par les pieds noirs, je passai mon temps à faire de la morale Révolutionnaire, en rappelant les foudres inévitables qui s’abattraient sur les contrevenants, dès la constitution d’un gouvernement stable. Je leur disais; »qu’ils ne perdaient rien pour attendre. . ».Le temps me démontra que le naïf, c’était moi..
Le 6 Juillet 62,en arrivant de l’étranger, je découvrais ma mère avec mes deux sœurs et deux cousins fils de mon oncle H ‘mida assassiné, complètement démunis mais encore sous l’euphorie de l’indépendance. Ils habitaient dans une baraque sordide, bâtie sur la terrasse du troisième étage d’un immeuble sur les hauteurs de Fontaine Fraîche à Alger. Deux années auparavant, elles avaient fui Boufarik ou Michel Robert qui désormais nous traitait de « fellagas »,harcelait ma mère lui rendant la vie intenable. Bien plu tard, j’apprendrais que ce fumier de commissaire avait humilié ma jeune sœur en la déshabillant complètement Il aurait fait violer par des harkis, une personne très proche de ma famille. Loin de nous déshonorer par ces pratiques, ce Michel Robert et ses sbires crachaient sur le drapeau tricolore de son pays.
°°°°°°°°°°°°°°°°°°°
… De 1954 à 1962,
A partir de 1962,la rencontre des chefs de la résistance avec le peuple, dénuda une réalité que les citoyens perspicaces eurent de la peine à regarder en face.
Les accords d’Evian, qui donneront aux membres de l’OAS,le prétexte pour montrer leur capacité de nuisance en redoublant de férocité, eurent également l’effet d’un os jeté en pâture à des bêtes affamées .Certains de nos responsables se mirent à s’entredéchirer sans vergogne, pour la prise du Pouvoir Les uns ,s’estimaient seuls aptes à occuper le « fauteuil »,les autres se battaient pour les strapontins. Durant des mois, tel un navire sans commandant de bord, le pays fut livré à lui-même.
Des fiefs se constituèrent. Des roitelets dont l’ambition n’avait d’égale que leur inculture, ignorant l’existence d’un Pouvoir central, mal défini et malmené (GPRA, CNRA, l’exécutif provisoire du Rocher noir , la fédération de France, le bureau politique, la zone autonome sans oublier le phénomène du wilayisme qui se développait) agissaient à leur guise. Face aux luttes fratricides parfois sanglantes ,la population consternée sortit dans la rue pour scander : « Sebaasnine Barakète ! »..( sept années, cela suffit !..)
Aux abois ,les troupes d’occupation pas encore totalement réembarquées avec armes et bagages ,étaient empêtrées dans la lutte anti OAS et son prolongement à tendance putschiste ,qui menaçait De Gaulle et les fondement de
Les harkis partis en France avec leurs familles se retrouvèrent parqués comme du bétail dans des camps semblables à celui du Larzac ou étaient emprisonnés les militants du FLN.. J’ai en mémoire ce jour ou, chez le coiffeur j’attendais mon tour, quand un gamin d’une huitaine d’années entra sans doute pour se faire couper les cheveux. Le barbier le chassa violemment en le traitant de « fils de harki « . L’enfant détala comme un chien battu. Ce gamin était sans doute marqué pour la vie. Je partis à mon tour et ne revint plus jamais à ce salon de la honte.. . Ceux qui ne prirent pas la fuite avec les pieds noirs, furent inévitablement soumis à la vindicte populaire. Les uns Furent massacrés par une foule ameutée, par des combattants zélés du 19 Mars. D’autres, y échappèrent, simplement,,en changeant de domicile, en attendant le passage de l’orage. .Il y a ceux qui, sentant le vent tourner, se rallièrent à temps à l’ALN,pour s’intégrer dans la force locale et devenir « Résistants » de la onzième heure…
°°°°°°°°°°°°°°°°°
Extrait du troisième chapitre de mon livre- témoignage intitulé 'Au fil des jours une vie' ,déposé a l’ONDA, le 02 /09 /2002 et qui attend un éditeur qui ne viendra probablement qu’une fois ma disparition dans le trou noir de la galaxie..
Qu i‘mporte.. je l’ai écrit parceque je devais le faire,point…


