‘Au fil des jours une vie ‘
19 juin 1965 : Du Benbellisme sans Benbella ?
Extrait de la troisième partie de mon manuscrit, non publiée, alors que les deux premières furent diffusées par Bertrand Bouret, dans un site conçu pour les Pieds noirs boufarikois ,au risque de mécontenter certains d’entre eux, habitués à entendre le même son de cloche.
Dans un pays qui se respecte,un roman comme ‘
Il en est de même pour ’Au fil des jours une vie’ un livre témoignage déposé a l’ONDA dès le 16 /09/2002, sans oublier le long métrage ’Les Dealers ou Chronique d’une Révolution avortée’ (2001) produit et réalisé avec mes propres deniers et qui se retrouvent condamné a moisir dans un tiroir.
Bravo madame Toumi !,bravo monsieur H .Chawki. ! Vous imaginez tout le bien que je pense de vous. Mon engagement politique date de bien avant que vous ne portiez des culottes courtes . Votre attitude à mon égard m’inspire de la peine.. pour vous .Je ne vous envie pas. Mais.. revenons à mon texte, sur le 19 juin 65..
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.. La tendance progressiste de BenBella, allait dans le sens des revendications du PCA ,donc « d’Alger Républicain. » Le journal gouvernemental défendait presque la même orientation que celle du quotidien communiste .Mais au niveau de la présentation, pour des raisons de professionnalisme » Alger Rép » était nettement plus attrayant que « Le Peuple ».Cette concurrence à terme mortelle pour l’un, au profit de l’autre, était difficilement tolérable, pour les dirigeants d’un pays se réclamant du monopartisme, même si entre le FLN et le PCA,la tendance était à.. l’entente cordiale.
Pour éviter d’exacerber une rivalité qui n’avait pas de raison d’être, les dirigeants des deux Partis, se mirent d’accord pour la fusion des deux journaux dans un nouveau quotidien « El Moudjahid »,ou les postes de responsabilité seraient répartis entre les membres de l’équipe d’Alger Républicain et ceux du « Peuple » Tout était fin prêt, lorsque survint :..le 19 Juin 65, qui remit en cause, le projet de collaboration.
Les communistes et certains éléments du FLN impliqués dans le projet, comme Hocine Zehouane et Mohamed Harbi ,hostiles au coup d’Etat de Boumediene remirent en question, l’ensemble du projet.
En fin de compte, la nouvelle équipe au Pouvoir, décida de le concrétiser, sans participation de ses initiateurs ,alors que les locaux « d’Alger Républicain » étaient violemment mis sous scellé.
Le visage de Boumediene me paraissait énigmatique voir antipathique .Le fait qu’il soit militaire était source de préjugé défavorable. Mon expérience militante me préserva d’un subjectivisme excessif source d’aveuglement Je n’avais pas oublié mon appartenance jadis au MNA qui faillit faire de moi un criminel, parce que je vénérais « le grand Zaim » Messali El Hadj. Depuis, je fis mien le principe que. .tout homme politique devait être jugé sur la base de faits et non de son apparence..
J’étais contre le coup d’Etat de ce militaire ayant pour nom Boumedienne.. Cela rappelait trop les pronunciamientos successifs en Amérique latine et au Proche Orient. .Dès que le nouveau chef d’Etat se mit à clarifier sa position par rapport aux grands axes politiqueS ,il me rassura .Pour mémoire, voici quelques extraits significatifs de ses premiers discours.
. »Qu’est ce ,si non pur euphémisme ,qu’une indépendance qui verrait l’exploitation et la servitude se perpétuer ?Il en serait de même si nous devions voir l’Algérien se substituer au colon Européen et pour jouir des mêmes privilèges que lui »..
… »Si l’indépendance se fonde sur le recouvrement de la souveraineté, de la liberté et de la dignité, elle repose d’autant sur la ré appropriation des richesses du pays,qu’il s’agisse des terres, des mines, des banques ou des usines, elle repose sur le retour de ces richesses à leur ayants droit légitimes, c’est-à-dire les travailleurs Algériens.. » (extraits du discours adressé aux mineurs du Zaccar,le 30 janvier 1968).
Il me semblait que Boumediene avait la même orientation et poursuivait le même objectif que BenBella. La différence se situait dans la stratégie et probablement dans l’attrait du Pouvoir .Interrogé par un journaliste de » Paris match « ou « Le Nouvel obs « (je ne me rappelle plus ) Mohamed Boudiaf ,l’opposant du PRS déclara, que Boumediène faisait du BenBellisme sans BenBella.. Cette réponse se grava dans ma mémoire parce qu’elle me sembla refléter une réalité.
Pragmatique ,Boumediene me parut convaincant .Il me semblait naviguer à vue , en pleine tempête, manœuvrant pour éviter les écueils aussi nombreux que divers, en contournant parfois les récifs, sans pour autant perdre de vue le port d’attache, nommé Révolution..
Mohamed Arabdiou


