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Alain Ménargues:
Je suis un homme libre
et j’entends le rester
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Les Etats-Unis:
une province d’Israël
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Israël, peut paraître comme un gros
gabarit, parce qu’il n’a personne en face
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Les pays arabes n’ont pas
compris l’importance des media
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( This article in English )
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La vie d’Alain Ménargues - vice directeur de Radio France Internationale - a basculé d’un jour à l’autre, en octobre 2004. En effet, à peine son livre « Le mur de Sharon » était-il sorti, qu’il s’est brutalement trouvé pris dans une de ces campagnes idéologiques, où le mensonge se mêle à l’irrationnel. Accusé d’ « antisémitisme », Alain Ménargues a été demi de ses fonctions ! Le soupçon d’antisémitisme - avec toutes les manipulations qui peuvent s’ensuivre - pèse lourdement sur la tête des personnages publics qui osent critiquer Israël. Il peut détruire des carrières, briser des vies. Alain Ménargues en est la preuve vivante la plus récente.
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Les journalistes intègres ne courent pas les rues En voilà un qui échappe à la règle. Qui a osé dire la stricte vérité. Qui a osé qualifier Israël « d'Etat raciste ». (2) Tirons-lui notre chapeau.
Il s’appelle Alain Menargues. Il s’agit ici d’un homme qui occupe une position de pouvoir; il est directeur-général adjoint de Radio France Internationale (RFI. Un honnête homme qui a risqué gros) .
Pour avoir dit cette vérité inattaquable Alain Menargues se trouve aujourd’hui attaqué par les sionistes. Et par des confrères qui de toute leur carrière n’ont fait que de colporter des vérités officielles, donc des mensonges.
Pas étonnant si le quai d'Orsay - mensonges et hypocrisie d’Etat obligent - aqualifié d'"inacceptable" ce qu’a affirmé Alain Menargues.
Mais quand les syndicats de journalistes, censés soutenir leurs confrères, réagissent vivement contre les journalistes intègres qui affirment - ici Alain Menargues - qu’Israël est un Etat raciste, cela est incompréhensible.
Le devoir de tout journaliste est de rechercher la vérité. Mais il faut le savoir : « Les journalistes intègres ne sont pas foison» disait Roger de Diesbach il y a quelques jours à laTélévision suisse romande.(2)
Qu’ont-ils fait ces journalistes « peu intègres » qui, aujourd’hui, blâment Alain Menargues, pour informer correctement leurs lecteurs/auditeurs en ce mois d’octobre où quasiment tous les médias ont passé sous silence un des massacres les plus monstrueux perpétrés par Israël ? Un massacre tiré sur des semaines qui a dépassé en horreur le massacre de Jenin en 2002.
Je veux parler du massacre contre le camp de réfugiés de Jabaliya. Un des camps les plus miséreux et malheureux de laplanète. Plus de 100 civils tués. Plus de 500 blessés, dont de nombreux enfants et jeunes adolescents. Sans parler des milliers de sans abris.
Nul n’a pu percevoir la souffrance réelle de la population de Gaza durant ces années. Le Quai d’Orsay et les syndicats des journalistes devraient condamner les journalistes qui nous cachent la vérité sur les crimes commis par l’Etat d’Israël ; un Etat colonial qui amis en place un effrayant système d’apartheid.
Protestons contre le Ministère des Affaires étrangères français qui a jugé vendredi "inacceptables" les propos du journaliste Alain Menargues.Protestons contre ces journalistes complices des crimes de guerre israéliens qui condamnent Alain Menargues !
Rendons hommage au courage d’Alain Menargues en offrant son livre à nos amis.
(1) A l'occasion de la présentation de son livre "Le mur de Sharon » le 6 octobre 2004
(2) Roger de Diesbach, rédacteur en chef du quotidien La liberté, est ce que
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Interview avec Alain Menargues
réalisé par Silvia Cattori
N’avez-vous pas brisé sciemment un tabou en affirmant qu’Israël est un Etat raciste ?
Les textes sont là. Je n’ai rien inventé. L’Etat juif d’Israël est considéré comme juridiquement raciste par les Nations Unies.
Vous l’avez chèrement payé. Etes-vous atteint ?
Je suis résolu à me battre contre tous ceux qui accusent injustement des gens honnêtes. Vous savez je m’occupe de longue date de l’information sur le Moyen Orient. Je sais très bien, pour l’avoir observé de près, comment Israël exerce son contrôle sur l’information. Depuis les années 1970, il existe un service de renseignements militaire. Il y a un département qui s’occupe exclusivement de la presse. Tout journaliste qui va en Israël est muni d’une carte de presse délivrée par un service de presse qui dépend de l’armée. C’est donc bien l’armée israélienne qui est chargée, entre autres, de façonner l’image d’Israël dans le monde. Toutes les ambassades israéliennes ont un service de communication, des diplomates qui sont chargés de veiller à ce que la bonne image d’Israël soit sauvegardée. Dans l’affaire qui me concerne, les ambassades d’Israël à Paris et à Bruxelles sont intervenues. Elles ont fait pression sur des journalistes par le biais de ce que l’on appelle les agents d’influence ; pour faire dire que je suis antisémite, donc pour me décrédibiliser et dissuader les journalistes de donner un écho à mes propos.
Cela vous a-t-il été rapporté de bonne source ?
Oui je peux en apporter la preuve. Il y a des journalistes qui peuvent le confirmer.
Comment un Etat peut-il intervenir aussi ouvertement ?
C’est ce qui s’appelle, en communication, de la manipulation. Dans mon cas cela s’est fait sur un axe bien précis. Je représente un cas d’école. Avec mon dernier livre (1) je touche à un point sensible. D’autant que l’image d’Israël se détériore de plus en plus. Il y a un rapport du Ministère des Affaires étrangères, daté d’août dernier, qui analyse l’image d’Israël. Ce rapport révèle qu’Israël a bel et bien perdu la bataille médiatique mondiale. Qu’Israël risque d’être classé, sous peu, au même rang que l’Afrique du Sud de l’apartheid. Mon livre tombe à pic.
Pourquoi ce déchaînement contre vous alors que tant de choses ont déjà été écrites dans des médias spécialisés ou sur les sites Internet ?
Je n’ai pas la réputation de quelqu’un qui transige sur l’exigence d’informer correctement. En ce qui concerne la politique israélienne je suis assez rigoureux dans ce que j’écris. Je parle du droit de l’enfant, de la femme et des abus qu’ils subissent en ce qui concerne Israël comme pour d’autres pays. Israël n’est pas un pays à part. J’en appelle donc simplement à l’application des résolutions de l’ONU, qu’Israël ignore. Par conséquent, m’éliminer, me chasser du poste de responsabilité qui était le mien, un poste médiatique, c’est pour mes détracteurs faire d’une pierre deux coups. Je prépare un document à ce sujet.
Donc vous ne baissez pas les bras ?
Je vais me battre. Je ne vais pas me laisser faire.
Vous battre pour vous faire réintégrer à RFI ?
Non, retourner à RFI c’est impossible. Je veux me battre pour que l’on me rende justice.
Vous avez un projet concret ?
Oui nous sommes en train de mettre sur pied une fondation regroupant 100 journalistes au minimum, qui auront pour tâche de vérifier que ceux qui, sont accusés d’antisémitisme le sont pour de bonnes raisons.
Des journalistes qui sont à l’intérieur des rédactions en France ?
Oui, des journalistes qui ont une renommée professionnelle en France aussi bien que dans d’autres pays. Le but est que, chaque fois qu’une personne est soupçonnée d’antisémitisme et décriée comme telle par les médias, son cas soit soumis à examen par notre fondation. S’il s’avère que cette personne est accusée à tort, nous allons intervenir pour exiger que l’on rétablisse la vérité des faits. Une manière de dire que nous n’acceptons plus la manipulation.
Pensez-vous intervenir uniquement quand on accuse une personne d’antisémitisme ou dans tous les cas de racisme ?
Je pars de l’idée qu’il y a, en France, un racisme anti-arabe et un racisme anti-juif latents. Le nier serait malhonnête. A partir de là, il peut y avoir des dérives de l’une ou l’autre partie. Toutefois, dans la majorité des cas ces accusations sont infondées. On utilise le terme d’antisémitisme, comme dans mon cas, pour briser des volontés, des carrières ou pour écarter les « gêneurs ». Donc le comité que nous mettons sur pied aura pour tâche de dénoncer les manipulations. Dès qu’une affaire éclate elle sera immédiatement prise en compte par notre « comité des cent ».
Quand serez-vous opérationnels ?
Bientôt. J’espère d’ici décembre 2004.
Pensez-vous vraiment que les médias vont donner un écho conséquent à votre action ?
Oui. Je le crois. Je crois en l’honnêteté des gens. Cela fait 30 ans que j’exerce ce métier. Personne parmi mes collègues n’aurait jamais pu penser, avant que ces attaques contre moi ne se déchaînent, que je puisse un jour être traité de raciste ou d’antisémite. Ces qualificatifs n’ont rien à voir avec ma carrière et mon souci d’informer. J’ai des amis qui, comme moi, ont travaillé sur le terrain comme correspondants de guerre et sont toujours sur le terrain. Tous ces professionnels qui me connaissent, savent que je dis vrai. Ils ne peuvent que me soutenir.
Vous ne vous attendiez pas à de telles attaques ?
Dans mon livre « Le mur de Sharon », page 11, je pressentais ce qui allait m’arriver. Mais pas dans ces proportions. Curieusement, mon livre n’a pas été attaqué. C’est ce que j’ai déclaré dans une conférence qui a été mis en cause.
Le fait que vous ayez touché à des questions religieuses vous a-t-il également desservi ?
Je travaille en effet sur l’influence des religions dans le monde. En Irak on peut parler des différentes tendances religieuses. Bush fait entrer le religieux dans toutes ses déclarations. Mais dès que vous dites qu’Israël est ce qu’il est, un Etat théocratique, il y a une levée de boucliers. J’ai parlé en effet du « Lévitique », de l’impur et du pur, qui sépare et qui a un lien avec le mur. Pour moi c’est un élément constitutif. Il a suffit que j’évoque cela sur une radio pour que les choses dégénèrent en un vrai pugilat. Si, au départ, les théoriciens de l’Etat sioniste étaient laïcs, et les religieux avaient condamné le concept même de sionisme, le religieux a pris désormais un poids extrêmement important. Surtout depuis 1987. Toutes les lois passent par le religieux. Il s’agit au surplus d’une religion qui se considère comme supérieure aux autres. Moi je me sens libre de parler de toutes les religions. Les gens de confession juive parlent eux mêmes de « peuple élu ». Pourquoi n’aurais-je pas, moi, le droit d’évoquer cette notion de « peuple élu » ?
En persistant à vous exprimer de la sorte ne risquez-vous pas d’aggraver votre cas ?
Ce que vous me suggérez est de me taire, de ne pas me battre. Il y a des gens qui manipulent l’information en France. Le quotidien « Libération » m’a assassiné. Et je devrais me taire ? J’ai commencé ma vie professionnelle au Vietnam. J’ai traversé bien des difficultés. J’ai l’habitude de relativiser. Mon affaire n’est rien par rapport à ce qui se passe ailleurs et notamment en Palestine. Je ne suis pas un homme de pouvoir. Dans une interview à un quotidien Belge « Le soir », j’ai dit que ma liberté d’_expression ne valait pas quelques galons sur l’épaule. Je suis un homme libre et j’entends le rester. Ni les honneurs, ni l’argent, ni la fonction, ne m’empêcheront de dire ce que je veux. Quand j’ai signé mon contrat avec RFI, il y avait une clause de réserve que j’ai fait supprimer. Que je sois tenu à être discret sur les affaires internes c’est normal, mais, pour le reste, on ne peut pas exiger d’un journaliste qu’il se taise.
Vous a-t-on blessé en vous interdisant de travailler ?
Blessé n’est pas le mot. Je suis fortement irrité de voir qu’en France, il y a une liberté fondamentale qui est en train de disparaître. Et cela est un fait qui ne peut que m’amener à réagir, à lutter. Dans mon pays, qui est
Vous référez-vous à ces campagnes destinées à blanchir Israël et à noircir les Arabes musulmans qui déferlent, surtout depuis le 11 septembre ?
Oui. Je crois que cela procède de la manipulation pure au sens de la communication. Israël a pu évoluer, depuis plus d’un demi siècle, sur une image de victime. Or cette image de victime a commencé à fortement s’effriter. Surtout depuis 1982, après les massacres de Sabra et Chatila. Depuis ce moment là, les responsables de la propagande israélienne ont été obligés de financer des campagnes pour ne pas perdre ce statut de victime. Pour y arriver, ils ont utilisé toutes les techniques de communication possibles et imaginables. Exemple : alors qu’en France et aux Etats-Unis en tête, on interdit aux chaînes télévisées de montrer les cadavres, les cercueils et les enterrements de soldats en cas de conflit, les TV israéliennes, quand il y a un attentat dans leur pays, font l’inverse. Chaque fois qu’il y a un attentat en Israël, leur service d’information diffuse en boucle des images de corps déchiquetés, pour choquer et mobiliser l’opinion. C’est la technique de la manipulation par l’image. Les Palestiniens font la même chose. Je ne fais pas de distingo. Mais, dans le cas d’Israël, ces images de bus explosés, abondamment diffusées, sont distribuées gratuitement à toutes les chaînes du monde. Donc, alors que chez nous on montre les cadavres de manière très floue, justement pour amoindrir le choc, en Israël, on vous commente ce choc psychologique.
Comment procèdent-ils dans les faits ?
Il y a dans leur mode de communication quelque chose d’extraordinaire. Israël compte, dans chaque ambassade, des chargés de communication qui interviennent systématiquement, à l’aide des agents d’influence. Cela s’est avéré dans mon cas. L’ambassade israélienne intervient auprès des journalistes pour signaler qu’un tel est antisémite, qu’il faut le faire taire. Ici, en France, l’avocat Goldnadel, (2) est un de ces agents d’influence qui agissent pour le compte d’Israël. Cet avocat m’a reproché d’avoir parlé du « Lévitique » sur Radio Courtoisie. Or le « Lévitique » est le quatrième livre de
Mais aller à radio Courtoisie, marquée politiquement, n’était-ce pas prêter encore plus le flanc à la critique ?
Il s’agit d’une radio catholique située à l’extrême droite. Or, quand M. Goldnadel m’a accusé, il a omis de dire qu’il s’est lui même exprimé quatre fois sur radio Courtoisie. Il ne s’est pas gêné de faire des associations du genre « Ménargues parle du « Lévitique » sur une radio d’extrême droite, donc il est d’extrême droite ». Tout cela, qui procède de l’amalgame, a pour but précis d’entretenir la confusion. Les choses se sont produites de la même façon en Belgique, quand je suis allé faire la promotion de mon livre. L’ambassade d’Israël a téléphoné à un journaliste pour lui dire de ne pas m’interviewer car j’étais « antisémite ». Or, de quoi m’accuse-t-on ? Quand je parle du sionisme je me réfère au sionisme en tant que théorie politique coloniale. Une politique qui veut créer un Etat juif pour les Juifs dans une zone déjà habitée. Dire cela n’est pas une contre vérité. C’est malheureusement la vérité. Le sionisme est né à Bâle dans un contexte d’expansion coloniale. Le monde a changé de vision par rapport au colonialisme. Quand Sharon dit que « la guerre d’indépendance de 1948 n’est pas terminée et que chaque mètre de gagné est un gain pour Israël» c’est une attitude coloniale. Mais quand des gens dénoncent ce genre d’affirmation ils sont vilipendés. Pour moi, Israël est un pays comme un autre. Je ne vois pas pourquoi on lui réserverait un traitement spécial. Il faut dire ce qui s’y passe. Je le répète. Sur les ondes de cette radio associative, qui a une connotation de droite très marquée, s’expriment toutes sortes de gens. Monsieur Philippe de Saint Robert, qui m’a interrogé pour radio Courtoisie, est un gaulliste de gauche.
Donc ceux qui se sont déchaînés contre vous, après votre passage à radio Courtoisie, ont participé à une manipulation ?
Absolument. Manipulation surtout dirigée par un homme comme M.Goldnadel, qui avait été lui-même interviewé maintes fois sur cette radio. Tout le monde peut voir aujourd’hui comment on fait des amalgames pour détruire un homme. M.Goldnadel a fait un amalgame en mettant dans la même dépêche mon nom, le Lévitique, Gollnish, qui est le numéro deux du Front national,
Pourquoi n’y a-t-il pas plus de journalistes qui disent les choses telles qu’elles sont ?
Parce que, pour certains, il faut assurer les fins de mois. Il y a beaucoup de journalistes qui partagent la même compréhension des choses que moi. Mais ils ne sont pas libres. Les patrons de presse ont peur de perdre des abonnés, les recettes de la publicité.
Dans votre mise à pied, l’attitude de
Radio France internationale c’est 400 journalistes à Paris, et 300 correspondants dispersés dans le monde. Cette société de journalistes comprend 15 personnes, dont seulement 3 sont actives. Voici ce qui s’est passé. J’avais lancé une réforme de fond qui mettait les plus méritants en avant. Cela avait dérangé les habitudes. Il y avait déjà un malaise.
Donc, certains en ont profité pour prendre leur revanche ?
Dès que j’ai été accusé d’antisémitisme le mécontentement latent s’est exprimé.
Pourquoi si peu de journalistes sortent-ils du lot ?
Cela tient à ce qui, dans les médias, correspond au « politiquement correct », et qui est, à dire vrai, l’_expression d’une intolérance totale.
Vous évoquez des figures sur lesquelles les accusations d’antisémitisme pleuvent en continu. N’est-ce pas ce qui vous attend ?
Dès que l’on critique Israël on est accusé d’antisémitisme. A force d’accuser tout le monde on finit par banaliser le terme d’antisémitisme. Ces excès finiront par se retourner contre l’Etat d’Israël et, malheureusement, contre les citoyens de confession juive qui acceptent tous ces abus. Suite à ce que j’ai subi, j’ai reçu des milliers de mails qui me disaient leur sympathie et aussi leur exaspération. L’intolérance des uns risque de faire le lit d’une flambée de haine sur d’autres. Tout cela doit nous faire réfléchir.
Cette intolérance est-elle entretenue et l’antisémitisme exagéré d’après vous ?
Je ne crois pas à la spontanéité des réactions. Il y a, à l’évidence, une manipulation. Regardez ce qui s’est passé en France ces derniers mois. Il y a eu des actes attribués à l’antisémitisme qui se sont avérés être des actes organisés par des personnes de confession juive. Il y a un fond d’antisémitisme qui s’inscrit dans la tradition chrétienne. Un fond qui est minime. Or, il est certain qu’à force de mobiliser à tort et à travers toute la société sur le thème de l’antisémitisme on ne peut qu’exaspérer les gens. Nous avons vu ces derniers mois des ministres se déplacer et s’émouvoir au moins quatre fois sur des actes provoqués, contre eux-mêmes, par des citoyens de confession juive qui se disaient victimes. Il y a eu le cas d’un rabbin qui s’est poignardé, d’une synagogue incendiée parce qu’un juif ivre y a mis le feu. Et tout le monde s’est agité sans vérifier la véracité des faits.
Comment en finir avec ces manipulations ?
Par la raison et la tolérance. Tout un chacun devrait mieux vérifier, mieux faire la part du vrai et du faux et ne condamner que si il y a lieu de le faire. Mais pas comme cela se fait actuellement où toute la société est mobilisée a priori, autour de l’antisémitisme. On est sur une pente très dangereuse. Les gens accusent trop vite et les journalistes ne font pas leur travail de vérification et d’explication. Cela comporte des dangers.
Donc vous attribuez la responsabilité, d’une part à ceux qui agitent le spectre de l’antisémitisme, et d’autre part à l’ignorance ?
Oui. Et à l’a-culture des journalistes et des faiseurs d’opinion. Je crois qu’il y a volonté de manipulation. Quand Bernard Henri Levy se permet de ferrailler avec des mots pour démontrer qu’être antisioniste cela veut dire être antisémite, c’est un non sens. C’est faux. Est-ce que les anti-gaullistes étaient anti-français ? Les anti-communistes étaient anti-slaves ? Cela agite et confond inutilement.
Le rapport Ruffin qui enfonce davantage le clou de l’antisémitisme vous a-t-il surpris ?
Le rapport Ruffin est un scandale. On ne pourra plus avoir le droit de critiquer un seul pays, donc on ne pourra plus penser. Une chose devrait nous interpeller ici. Le seul pays qui a comme géniteur légal le Conseil de sécurité des Nations Unies c’est Israël. Les Nations Unies ont voté quantité de résolutions qui n’ont jamais été appliquées. Pourquoi ? Est-ce que cela est tolérable dans un monde qui a besoin de justice et d’équilibre? Il y a là un grand problème.
Plus je vous écoute plus je vous sens déterminé à réagir. Donc on n’est pas parvenu à vous briser ?
Ola là-là. Non. J’estime que ce qui m’est arrivé est un accident de parcours. On ne m’a pas brisé. On ne va pas me faire taire. Je vais continuer de m’exprimer pour dire, avec les moyens que j’ai, ce que je vois tout simplement. Si je fais des fautes je suis prêt à accepter toutes les condamnations. Mais mes propos n’ont jamais été démentis. On m’a condamné parce que j’ai parlé.


