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Lundi 12 Mai 2008

Ceux qui tirent les ficelles                    (5)

 

Essai de Mohamed Arabdiou

 

L’antisémitisme :Terreau.de l’internationale sioniste 

 

 

         Le meilleur terreau pour l’internationale sioniste, c’est l’antisémitisme. Sans celui-ci ,le sionisme politique ,serait comme un poisson hors de l’eau .Ce mouvement est né de la peur ;une crainte amplement justifiée qui, tout au long de l’histoire de la diaspora, de Titus à nos jours, marqua fortement,la mémoire collective  juive.

 

   

 

      Qu’il s’agisse du temps de la Magna Carta en Angleterre, de Philippe le Bel en France, de l’inquisition en Espagne ,des pogromes en Russie ou en Pologne, des derniers méfaits nazis, sans oublier les croisades, ces évènements tragiques imprimèrent un comportement particulier, à la communauté juive, à travers le monde. Une grande partie de celle ci, n’aspirait qu’a vivre en paix, en citoyens normaux, fidèles à leur patrie d’origine ou adoptive, alors que, par sectarisme, une autre partie de cette communauté, s’enfermait dans des ghettos, lorsqu’elle n’y était pas contrainte, aggravant par là même, le sentiment de suspicion ,de certains «  goy « à son égard..

 

 

         Durant des siècles,les Chrétiens vouèrent une haine viscérale aux juifs,non seulement parce qu ’ils les considéraient comme déicides, (comme s’ils étaient responsables des crimes attribués à leurs ancêtres ), mais aussi parce que ces derniers, les avaient parfois combattu .Minoritaires,ils se seraient souvent ligués avec les plus forts, pour mieux assurer leur sécurité ,ou pour se venger..

 

       Dans un récent livre, Israël Adam Shamir,un journaliste et écrivain israélien :

 

 «  En 614,les juifs de Palestine s’allièrent à leur coreligionnaires babyloniens pour prêter main forte aux Perses, dans leur conquête de la terre Sainte.26.000  juifs participèrent à l’offensive. Après la victoire perse,les juifs ont perpétré un holocauste massif des gentils de Palestine .Ils ont incendié les églises et les monastères,tué les moines et les prêtres et brûlé les livres. La charmante basilique des poissons et des pains de Tabgha,l’église Saint Etienne en face de la porte de Damas et notre Dame de Sion sur la colline du même nom,ne sont que quelques uns des édifices religieux qu’ils détruisirent .De fait,très peu d’églises ont réchappé au désastre . La Laure de Saint Sabas,site extraordinaire niché dans la vallée très profonde du Wadi-al Nar,n’a du son salut qu’à sa situation reculée et aux rochers escarpés qui l’entourent .L’église de la nativité a survécu par miracle :lorsque les juifs donnèrent l’ordre de la détruire,les Perses refusèrent .Ils avaient cru voir dans la mosaïque représentant les rois mages au dessus du linteau,le portrait des rois perses.

 

  Mais le pire des crimes n’est pas la dévastation .Lorsque Jérusalem se rendit à la Perse ,des milliers d’habitants chrétiens furent faits prisonniers et menés à l’abattoir, tout près du réservoir de Mamilla. L’archéologue israélien Ronny Reich écrit :

 

  « Ils ont été probablement vendu au plus offrant. Selon certaines sources,les captifs Chrétiens du réservoir de Mamilla furent achetés par les juifs et mis à mort sur le champ. »

 

 

 

       Dans son «  histoire des juifs » ,le professeur d’Oxford, Henri Hart Milman décrit l’opération, en terme plus rudes :

 

  « Elle était enfin venue,l’heure tant attendue du triomphe et de la vengeance .Les juifs n’ont pas laissé passer leur chance et ils ont lavé dans le sang des chrétiens,la profanation de la ville sainte.

 

  On dit que les Perses vendirent les misérables captifs pour de l’argent. La soif de vengeance des juifs fut plus forte que leur avarice Non seulement ils n’eurent aucun scrupule à sacrifier leurs trésors en échange de ces dévots réduits en esclavage,mais ils les tuèrent tous,malgré leurs prix exorbitant.  La rumeur de l’époque disait que 90.000 personnes avaient péri de la sorte.

 

  Témoin oculaire,Stratégius de Saint Sabas,nous donne un compte rendu précis :

 

.. »Sur ce,les vils juifs…se réjouirent,car ils détestaient les chrétiens et avaient conçu un plan diabolique. Comme autrefois,ils avaient acheté le seigneur à des juifs pour de l’argent,ils achetèrent les chrétiens prisonniers des Perses. Combien d’âmes furent assassinées dans le réservoir de Mamilla ! Combien périrent de faim et de soif !combien de prêtres et de moines furent passés au fil de l’épée ! Combien de jeunes filles se refusant aux derniers outrages,furent livrés à la mort par l’ennemi !combien de parents ont péri sous le corps de leur enfant ! combien de ces gens furent torturés jusqu'à  ce qu’ils renient leur foi !qui peut compter la multitude de cadavres de ceux qui furent massacrés à Jérusalem ! »

 

  Srtatégirius estimait à 66.000 le nombre des victimes de cet holocauste.

 

  Dans la seule ville de Jérusalem,les juifs massacrèrent entre 60.000 et 90.000 chrétiens palestiniens,ce qui correspondrait à l’heure actuelle à 1,5 millions. En effet,la terre comptait alors selon  Ecyclopaedia Britanica, autour de 300.millions d’habitants soit 20 fois moins qu’aujourd’hui. »

 

  Quand à Elliot Horowitz , il décrit dans le même livre d’Israël Adam Shamir,comment presque tous les historiens juifs occultent les faits et réécrivent l’histoire –La dissimulation perdure de nos jours .De récentes publications israéliennes accusent les Perses,comme elles rendent les maronites libanais responsables des massacres de Sabra et Chatila…

 

  Et  Horowitz d’ajouter :… »Raul Hilberg,dans « La destruction des juifs  européens » affirmait que les attaques  préventives la résistance armée et la vengeance sont pratiquement inexistante au cour des 2000 ans d’histoire israéliennes. Léon Polyakov,auteur de « l’histoire de l’antisémitisme » ( publié aux frais de Mark Reich –ISH ) et de  nombreux autres qui ont glosé sur l’holocauste de 614,n’ont rien dit,ou carrément nié .Benzion Dinur,un ancien directeur du musé de l’holocauste Yad Va Shem ,a euphémisé,dans un langage qui lui aurait semblé injurieux s’il avait fait référence aux juifs que « ..des chrétiens récalcitrants avaient été tenu en échec.. »

 

 (« L’autre visage d’Israël » d’Israël Adam Shamir- édit.Balland-sept.2003 )

 

 

      Depuis la diaspora ,la mémoire juive conserve un douloureux souvenir de  son histoire .Pour survivre ,il fallait  tant bien que mal, s’adapter aux mœurs et coutumes des populations à travers le monde, avec lesquels  les juifs étaient condamnés à cohabiter. Parfois, les rois et les peuples les accueillaient avec sympathie, permettant des brassages spectaculaires par  mariage mixte et autres conversions de l’une vers l’autre  des religions monothéistes.

 

     D’autres fois, surtout en période de crise (guerre, famine, épidémie) ,c’est le     retournement suivi de persécutions exaspérantes                                                                ;désespérantes.

 

   Les oppresseurs exploitaient les défauts attribués aux  membres de cette minorité, accusée d’être composée » d’avares » , »d’usuriers », « d’hypocrites », de « déicides « ..,de « versatiles » « ,d’apatrides »et de bien d’autres crimes..

 

  Une assemblée d’évêques réunis en 1215 par le pape Innocent III a décidé que les juifs devraient se reconnaître extérieurement par l’habillement. Dès lors, il leur imposa le port d’une pièce d’étoffe jaune –la rouelle- sur leur manteau ou leur coiffure .Cette coutume se répandit jusqu’ en Allemagne.

 

 

     «  En 1306, Philippe le Bel , renouvela le geste de Philippe Auguste et chassa les juifs de Paris, en confisquant leurs biens..

 

  « .. Une fois par an,le comte de Toulouse souffletait publiquement le représentant de la communauté juive , « pour  lui rappeler les souffrance infligées à notre seigneur » disait on .L’humiliation  pouvait être évitée, moyennant un impôt spécial.    ( « Israël «  édit Vilo Paris 1966….)

 

    Ces attaques cycliques au cours des siècles,ne firent que renforcer un sentiment d’appartenance spécifique,au delà des royaumes et des empires .Cette tendance solidaire , souvent mal perçue,suscitait une hostilité directe ou larvée,des tenants du pouvoir,qui interprétaient ce comportement,à de la sournoiserie voir ..à de la perfidie ..ce qui ne fit qu’exacerber le sentiment de repli sur soit,des juifs ashkénazes et sépharades. 

 

 

       Il fallut deux mille ans pour que l’ église catholique, expurge des textes sacrés, ce que les juifs considéraient inexactes  et infamants, à  leur égard.. » » La Passion du Christ »,film que vient de réaliser Mel. Guibson, mettant en exergue,le rôle des juifs,dans la mort de Jésus,eut un succès extraordinaire et lourd de sens.

 

 Cette hostilité cyclique constitua le terreau sur lequel émergea une haine nationaliste.

 

    Dans un ouvrage paru en 1862, Moshé Hess, l’un des premiers penseurs sionistes écrivait :

 

  « Après 20 ans d’éloignement,me voici revenu au sein de mon peuple,participant à ses fêtes et ses deuils,à ses souvenirs et à ses espoirs,aux luttes spirituelles qui s’y déroulent comme à celles qu’il mène aux coté des autres peuples civilisés,parmi lesquels il se trouve,mais avec lesquels il ne peut s’entendre totalement quoiqu’il ait deux mille ans qu’il vive et respire avec eux. .Nous demeurerons toujours des étrangers parmi les nations. Elles peuvent être ,animées d’un sentiment d’humanité et de justice,nous donner l’égalité des droits, mais elles ne nous respecteront jamais tant que nous négligerons notre grande tradition nationale,et que nous ferons de l’adage ubi . bene ,ibi paria notre principe.

 

  « Il se peut que le fanatisme religieux ne parvienne plus à provoquer la haine envers les juifs dans les pays les plus avancés au point de vue culturel ;mais en dépit des Lumières et de l’émancipation,le juif en exil qui nie sa nationalité ne gagnera  jamais le respect des nations au sein desquelles il vit .Il peut devenir le citoyen naturalisé,mais il ne sera jamais à même de convaincre les gentils de son détachement total envers sa propre nationalité »

 

 

 

       A travers ce discours incendiaire,on sent le violent refus d’intégration de ces juifs qui vivaient au sein du peuple qui les avait accueilli ,fut il le plus bienveillant .Un tel comportement, n’est certainement pas fait pour gagner la confiance des « gentils » .Il devait plutôt attiser la haine des antisémites, toujours prompt, à se déchaîner contre les « anti Christ »..

 

 

       Slolenski, autre écrivain sioniste, déclarait durant la même période :

 

«   L’homme tire sa gloire et son honneur du fait qu’il exige le respect des autres et si un homme cesse d’exiger d’être respecté parce qu’il ne sait pas s’il en a les moyens –alors  il n’en aura pas les moyens. Mais si  un homme exige d’être respecté,il le sera par le seul fait de son exigence.

 

« Si nous exigeons de retourner dans notre patrie et d’y reconstruire notre foyer,que ce soit aujourd’hui ou demain,ou plu tard- cela importe peu- cette exigence seule nous élèvera à nos propres yeux et parce que nous verrons en cela un but sublime,les autres le verront comme tel.

 

 «  c’est à nous de faire revivre l’espoir de la libération,de l’inculquer à nos fils de toutes nos forces et c’est alors que notre esprit sera glorifié et que nous serons considérés comme des êtres humains dignes de ce nom.

 

      « Il faut que mes paroles soient répétées car rien qu’en évoquant l’espoir et la nécessité d’une patrie juive,quelque chose de positif a déjà été accompli.

 

«  Au sein de chaque nation,il n’y a que peu d’homme qui agissent pour le bien général. Mais si tout notre peuple revendique une patrie,alors il se trouvera parmi nous des hommes d’action  qui,pour l’amour de leur peuple ou même pour leur prestige personnel,s’attelleront à la réalisation de cette revendication .Mais si  ce désir n’est pas profondément ancré en nous,alors,il n’y aura rien ni personne. »   ( « Naissance du sionisme politique » repris par G. Corm dans « l’Europe et l’Orient » édit. La Découverte  P.159 ET 160 )

 

     C’est là l’exemple type, d’un repli chauvin, reposant sur l’ethnie ou la religion  ,menant vers l’impasse .C’est tout le contraire du nationalisme revendiquant l’autonomie d’un peuple, dans toute sa diversité .La tendance séparatiste de l’internationale sioniste, est à terme dangereuse pour les juifs et plus inquiétante encore, lorsque l’on trouve normal de chasser un peuple de sa terre, pour s’installer à sa place, sous prétexte que des ancêtres y étaient, il y a deux mille ans.

 

    En Russie post industrielle,le prolétariat en général ,était fortement exploité .Parmi eux, vivaient la plus grande concentration juive  du monde,d’ ou , les campagnes de violence périodique (les pogromes) à leur encontre .L’antisémitisme banalisé , aiguisa la volonté militante, au sein de la classe ouvrière israélite, au sein du Bund, puis du sionisme ,un mouvement  aspirant au rassemblement du peuple juif ( les territorialistes )  pour fonder un Etat autonome .Le  problème ,c’était  . .ou ? (Staline leur aurait proposé un territoire,le Birobidjian,jugé non viable,qu’ils boudèrent).

 

                                        A suivre

 

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