Dimanche 04 Mai 2008
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Tendances et événements au Proche-Orient

 

La tragédie de Gaza inquiète Le Caire et Amman

 

Les milieux médiatiques et académiques arabes ont dénoncé la froideur des réactions des pays arabes dits « modérés » à l’égard des événements de Gaza. Aucune initiative n’est prise pour lever ou alléger le blocus imposé au territoire palestinien et rien n’est fait pour stopper les tueries quotidiennes perpétrées par l’armée israélienne contre les civils. Les médias régionaux ont reproduit « les regrets » exprimé par le ministre saoudien des Affaires étrangères, Saoud al-Fayçal, à l’égard de la paralysie qui caractérise le volet israélo-palestinien ; une allusion au refus d’Israël de présenter la moindre concession pour faciliter l’élaboration d’une déclaration de principes qui serait signée par les deux parties à l’occasion de la visite au Proche-Orient du président George Bush, du 13 au 18 mai.
La situation dans les pays concernés directement par le dossier palestinien est la suivante :
 1. En Jordanie, les rapports affirment que la rue bouillonne et que la colère populaire commence à prendre une dimension politique en raison du poids important des Palestiniens dans ce pays et de l’interactivité entre le royaume hachémite et les territoires palestiniens. Des médias jordaniens ont affirmé que les autorités craignent des mouvements populaires incontrôlés à cause des massacres israéliens à Gaza et en Cisjordanie. À cet égard, la presse souligne que les récentes élections au sein de la branche locale de la confrérie des Frères musulmans ont vu la victoire de l’aile favorable au mouvement Hamas.
 2. En Égypte, les craintes d’une réédition de la prise d’assaut par les habitants de Gaza des points de passage s’amplifie, en dépit des assurances fournies par Le Caire aux autorités israéliennes sur les mesures strictes prises à la frontière. Les rapports en provenance du territoire palestinien indiquent que les effets du blocus vont se traduire par un vaste mouvement populaire destiné à briser l’encerclement, surtout du côté de la frontière avec l’Égypte. C’est pour cela que l’Égypte pèse de tout son poids pour tenter de conclure une trêve israélo-palestinienne qui ferait baisser la tension et éviterait une explosion non seulement à Gaza mais en Égypte même. Toutefois, les Israéliens ne semblent pas disposés à conclure une trêve immédiate et réserveront leur réponse aux propositions qui leur seront transmises par le chef des services de renseignement égyptiens, Amr Sleimane. Leur but étant de laisser passer sans grandes encombres la visite de Bush, en prévision d’une invasion totale du territoire.

 

                             R.V

 

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