La vieille taipe..
5.--On étrangle au coin des lois
D'abord le révisionnisme, puis le "révisionnisme", ensuite le négationnisme, et maintenant le "négationnisme". "Inventer des mots nouveaux serait, selon madame de Stael, le "symptôme le plus sûr de la stérilité des idées" " (Cioran. Aveux et Anathèmes p. 15) On change d'étiquette, et l'on met des guillemets qui servent de pincettes, pour des gens que l'on ne cite jamais exactement dans le texte, et à qui l'on ne donne jamais la possibilité de répondre à leur mise en cause. Toute la presse s'est donné le mot. Quand on ne peut pas faire autre chose que les nommer, on qualifie les révisionnistes de "petite bande abjecte", de "rebuts de l'humanité", d'"excréments", ou de "lèpre". Cela rappelle les vipères lubriques et les araignées syphilitiques qui désignaient les trotskistes et autres opposants politiques. Le révisionnisme est une hérésie. Autrefois les bûchers, aujourd'hui la prison.
Dix ans de prison en Autriche, cinq en Allemagne, un an en France: c'est le tarif pour les révisionnistes. (Ne parlons pas des amendes). Après quelques pudeurs,
Le révisionnisme concerne la liberté d'expression, la recherche historique, la question juive, le libre examen et la valeur du témoignage en histoire. Il s'ensuit que tous les auteurs qui par le passé se sont occupés de ces questions, ont dit des choses qui s'appliquent à notre sujet. On pourrait multiplier les citations. En voici trois.
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"Pour se reconnaître dans toute cette affaire, il fallait, à l'origine, quelque application et une certaine méthode critique, avec le loisir de l'exercer. Aussi voit-on que la lumière s'est faite d'abord chez ceux qui, par la qualité de leur esprit et la nature de leurs travaux, étaient plus aptes que d'autres à se débrouiller dans des recherches difficiles. Il ne fallut plus ensuite que du bon sens et de l'attention. Le sens commun suffit aujourd'hui. Si la foule a longtemps résisté à la vérité pressante, c'est ce dont il ne faut pas s'étonner: on ne doit s'étonner de rien. Il y a des raisons à tout. C'est à nous de les découvrir. Dans le cas présent, il n'est pas besoin de beaucoup de réflexion pour savoir que le public a été trompé autant qu'on peut l'être, et que l'on a abusé de sa crédulité touchante. La presse a beaucoup aidé au succès du mensonge. Le gros des journaux s'étant porté au secours des faussaires, les feuilles ont publié surtout des pièces fausses ou falsifiées, des injures et des mensonges. Mais il faut reconnaître que, le plus souvent, c'était pour contenter le public et répondre aux sentiments intimes du lecteur. Et il est certain que la résistance à la vérité vint de l'instinct populaire." Anatole France, Monsieur Bergeret à Paris. |
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"D'innombrables faits prouvent la complète défiance qu'il faut avoir du témoignage des foules. {...} Les événements les plus douteux sont certainement ceux qui ont été observés par le plus grand nombre de personnes. Dire qu'un fait a été constaté par des milliers de témoins, c'est dire que le fait réel est en général fort différent du récit adopté. Il découle clairement de ce qui précède que l'on doit considérer les livres d'histoire comme des ouvrages d'imagination pure. Ce sont des récits fantaisistes de faits mal observés, accompagnés d'explications forgées après coup".
Gustave Le Bon, Psychologie des foules, Paris 1895. |
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"Avant qu'une théorie puisse être tenue pour juste, il est virtuellement indispensable qu'on soit parfaitement libre de la réfuter. Toute limitation, même indirecte ou lointaine, imposée à quiconque cherche à la contredire suffit à la rendre suspecte. La liberté d'exprimer sa pensée, même contre l'opinion de la majorité ou de tous, même si elle offense les sentiments de quelques-uns ou du plus grand nombre, même si elle est généralement réputée absurde ou criminelle, est toujours favorable à la découverte de la vérité objective." Vilfredo Pareto, Traité de sociologie générale, Paris 1917-1919. |
Et maintenant, une quatrième citation, qui a l'avantage d'être courte:
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"L'histoire doit, pour être fidèle, marcher dans le mépris des lois." Jules Michelet, Histoire de France, tome 2, Paris, s.d., p. 250. |


