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Mercredi 11 Avril 2007

Radio-Canada

 

 

 

Mise à jour le mardi 10 avril 2007 à 18 h 23

 

 

 

 

 

Maroc

 

Journée d'enfer à Casablanca

 

 

 

Des kamikazes marocains ont semé la panique parmi les habitants d'un quartier tranquille de Casablanca, mardi, tuant un policier et blessant 19 personnes, dont un enfant.

 

En matinée, la police a effectué un raid contre un immeuble abritant des terroristes présumés. Cerné, l'un deux est sorti avec un sabre à la main. Il a menacé d'actionner sa ceinture d'explosifs. Les policiers l'ont abattu après un tir de sommation.

 

En entendant les coups de feu, le deuxième est monté sur le haut de l'immeuble de deux étages, puis a sauté sur une autre terrasse avant de se faire exploser. Après la déflagration, des bris de verre jonchaient la chaussée de la rue, des volets étaient désarticulés et les murs des immeubles étaient maculés de morceaux de chair appartenant au kamikaze.

 

Un troisième kamikaze a trouvé la mort en se faisant exploser en après-midi, à proximité du lieu où s'étaient produits les incidents de la matinée. La déflagration a tué un inspecteur de police, en plus de blesser un autre policier et un enfant. La panique s'est alors de nouveau emparée des habitants, les gens criant et fuyant dans tous les sens.

 

Le cauchemar des habitants de Casablanca n'était pas terminé. En soirée, un quatrième kamikaze s'est fait exploser au milieu de passants sur une artère principale du quartier Hay al-Farah.

 

Alors qu'il était au milieu de badauds massés sur les trottoirs avoisinants le secteur où s'étaient produites les explosions précédentes, le kamikaze s'est dirigé vers la zone où se trouvaient les autorités. Arrivé à proximité, il a fait sauter sa charge. Au moins 19 personnes ont été blessées, dont cinq policiers.

 

Liens possibles avec Al-Qaïda

 

Selon la police, les quatre kamikazes font partie d'un même groupe. Le second d'entre eux, abattu dans la matinée, était recherché dans le cadre de l'enquête sur les attentats de Casablanca en 2003. Depuis cette date, une douzaine de personnes soupçonnées de vouloir commettre des attentats-suicides sont recherchées par la police.

 

Des enquêteurs affirment que le premier kamikaze pourrait quant à lui être le frère du terroriste qui, le 11 mars dernier, avait trouvé la mort en actionnant des explosifs dans un café Internet au moment où la police s'apprêtait à l'appréhender. Trois personnes avaient été blessées.

 

Selon le chercheur Mohamed Darif, un des principaux experts sur l'islamisme marocain interrogé par l'AFP, « il est difficile d'imaginer que ce groupe n'ait pas de lien avec l'étranger ».

 

Le Maroc est en alerte depuis une série d'attentats à la bombe qui a eu lieu en Algérie voisine au début de l'année. Les gouvernements du Maghreb redoutent que la violence s'étende au-delà des frontières de l'Algérie depuis que le Groupe salafiste pour la prédication et le combat s'est rebaptisé branche d'Al-Qaïda pour le Maghreb islamique.

 

En 2003, 13 kamikazes islamistes s'étaient fait sauter dans le centre de Casablanca, provoquant la mort de 32 autres personnes.

 

Le Maroc a soutenu la guerre lancée par les États-Unis contre le terrorisme après les attentats du 11 septembre 2001 à New York et Washington.

 

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