L’année de la culture dites vous ?
Ils me font rire.. de tristesse..
2ème partie.
Voir plus bas, la 1er partie..
Durant la meme période l’Algérie en guerre continuait à défrayer la chronique internationale ce qui, du point de vue commercial, constituait un avantage que n’ignorait aucun éditeur soucieux de rentabilité.
Malgré ces atouts ,les publicistes tenaient compte du courroux éventuel du gouvernement Français et des menaces des organisations de droite contre ceux qui manifestent des tendances amicales à l’égard de »l’Algérie non Française.. ».Mais pour franchir ces obstacles, mes amis belges étaient disponibles. Des lettres furent envoyées aux éditeurs. Celles ci ne tardèrent pas à avoir de l’effet. L’un d’eux ,se proposa.
…et voilà que Mohamed Arabdiou, dont le seul diplôme était un malheureux certificat d’études primaires ,n’ayant appris à manier le français que grâce à la lecture effrénée de journaux et autres tracts, se permet de faire la fine bouche et à poser des conditions pour la publication de son roman. !
1°)Pas de correction par l’éditeur ,les fautes d’orthographe ayant été éliminées par mes amis.
2°)Je rêvais de réaliser tôt ou tard un film à tirer de mon roman, je tenais donc à conserver mon droit total d’adaptation.
A part cela ,j’étais près à toutes les concessions.
…L’édition de mon livre me donna le sentiment de devenir « quelqu’un » .Du coup ,je pensais que ma tenue perpétuellement débrayée ,n’était plus de mise. Heureusement ,je venais d’acheter une belle veste et un pantalon assorti qui me permirent, le jour venu, d’ètre présentable..
Je me souviens encore de l’entrée de l’établissement ou se déroula la réception. Depuis le trottoir, elle était couverte d’un tapis rouge. Les tables étaient bien garnies. Cette ambiance était fort impressionnante pour le jeune Algérien encore colonisé. Je fis quand meme l’effort pour ne pas perdre contenance. Des reporters me mitraillèrent de leurs appareils .Leurs flashs m’éblouirent..
En fait, les grandes vedettes de cette soirée, c’étaient les journalistes invités pour la circonstance…Là ,je me rendis compte de l’importance des hommes des médias, ces journalistes !Tout avait l’air de se faire pour leur plaire…je n’étais qu’un prétexte pour les courtiser..
Décrire l’émotion avec laquelle je découvris le premier exemplaire imprimé de «
En RFA,je remis 300 exemplaires aux frères qui les dispatchèrent a travers les cellules du FLN.C’était en février 1962.Quelques semaines après ,ce fut le 19 Mars.. »Adieu veau vache cochon couvée.. »Déjà, on ne trouvait plus personne habilitée à régler mon problème .Mais que pouvaient peser
Peu de temps auparavant ,je lui avais transmis 10.000 francs belges correspondant au prix de la première centaine d’exemplaires vendus .Pour le reste, adios !..
Malek fut remplacé par Bachi Boumaza (futur président du Sénat) qui venait de s’évader de prison en se déguisant en gardien. Il en était sorti tranquillement ,mêlé au public..
A la lecture de «
J’expliquais à Bachir mon désir de réaliser un film. Mon idée lui plut .Il me promit une rencontre avec George Arnaud, journaliste bien connu, auteur du scénario « le salaire de la peur ».Nous devions nous rencontrer à Friebourg. Mais entre temps ,les évènements se précipitèrent .Le frère Bachir me demanda un rapport sur la procédure que j’avais suivi ..un rapport que je rédigeais hâtivement et sans conviction, en sachant très bien qu’il ne pouvait avoir d’effet. pour cause,… vive l’Algérie indépendante !
La critique belge fut très favorable à mon roman. Hélas, mon inexpérience et peut-être l’habitude du travail clandestin qui se transforma en réflexe, m’amenèrent à ne rien garder après lecture ,à tout détruire ..Ce n’est que tardivement que je m’efforçai de récupérer quelques articles. Un « papier » parut tellement bien qu’il fut publié sur la jaquette en guise de présentation.
Les accords d’Evian n’apportèrent pas la paix puisqu’ils firent déchaîner l’OAS contre la population Algérienne consacrant le divorce entre les deux communautés. Pour notre peuple ,le principal avantage était d’ordre moral. Qu’on imagine une cocotte minute comprimée sous le feu ardent de la répression ,puis la brèche qui provoque l’explosion. .Phénomène significatif ,des harkis notoires se mirent à se rendre massivement non sans déployer un zèle dont seuls sont capables, les combattants de la onzième heure..
A cette époque, la critique littéraire qui me fit le plus chaud au cœur, ce fut sans conteste celle « d’ElMoudjahid « l’ hebdomadaire et organe central du FLN,imprimé jadis en Jogoslavie et publié en Tunisie. Voici son contenu :
«
Encore un livre sur la guerre ?Oui, mais «
Un roman ? C’est si peu composé, si mal écrit…Un témoignage ?Mais les lieux et les hommes ne disent pas leur nom. Un dossier ?Moins encore : Celui là est instruit depuis longtemps. On a parlé de film :peut etre,eu égard à la technique qui fait penser à des flashs successifs ,mais sans les portraits ,ni les images auxquelles ARABDIOU ne s’arrête guère .Il sait trop que les gestes qu’il saisit comme au vol ,n’ont pas besoin de support, qu’ils sont à tout le monde ,d’existence quotidienne et de vérité. Tableau de mœurs ?Si l’on veut, mais c’est aussi une histoire ou l’amour de loin l’emporter sur la haine, car le regard s’adresse à l’essentiel et les protagonistes sont vivants ,de chair et de pensée exactes C’est à dire ni noirs ni blancs ,ni petit ni grands, couleur d’hommes .Avec un peu d’épique et de dérisoire ,sur l’arrière plan d’un choix jamais remis en question parce qu’il est celui de la plus juste cause, avec beaucoup de tendresse ,le récit suscite et maintient l’émotion. Et Arabdiou a évité ce piège de la maladresse qu’est le facile mélo, parce qu’il est lucide et conscient, comme un travailleur ,comme un homme du peuple, comme un authentique militant.
L’algérie dit on manque de cadres ?
En Juillet 1962,je regagnais Alger et rencontrais le frère Salah Louanchi chargé de préparer un nouveau journal quotidien. Noël Favrelière un « para » artiste peintre ,qui déserta l’armée colonialiste en libérant un moudjahid (voir son livre, désert à l’aube) dessinait le titre intitulé « Le Peuple ».Du coup je lui proposais un exemplaire du « Peuple « Bruxellois en guise de modèle pour inspiration..Salah me promit de m’engager comme journaliste mais Henri Alleg le devança..
Lors du cessez le feu,le 19 Mars 62,tout le monde chantait et dansait .Ma première réaction fut de prendre le train pour Cologne pour voir ce Brahim et lui rentrer dedans, sans qu’il comprenne les raisons de mon coup de poing .Les hommes présent se précipitèrent pour me ceinturer. Quelqu’un me sauva du massacre, en leur disant. . »..Arrêtez ne le frappez pas ,c’est un écrivain Algérien !…Cet homme avait sans doute lu «
Mohamed Arabdiou


