Ceux qui …
Après le procès de Nuremberg, ou tout le monde promettait « Plus jamais ça ! » combien de millions d’êtres humains, ont été massacrés parfois au nom de la » liberté »et de la « démocratie »Les vietnamiens, les cambodgiens, les malgaches, les algériens et enfin les palestiniens, en savent quelque chose.
Que certains de nos frères juifs, rappellent des tragédies antérieures ,pour mettre en garde ,contre « la bête immonde » qui sommeille en chacun de nous, cela les honore. Mais que d’autres utilisent les persécutions dont leurs frères furent victimes, à des fins de propagande, visant à détourner l’attention de leurs propres méfaits ,en Palestine, c’est inacceptable.
En occident comme ailleurs, de plus en plus de gens, finissent par se lasser d’entendre les mêmes litanies, visant à les leurrer.
L’appareil médiatique de l’internationale sioniste est tellement puissant humainement et matériellement, qu’il est en mesure d’inventer des mots nouveaux et sacralisés. Tout contestataire est voué à un lynchage médiatique tellement cruel, qu’il peut faire regretter au résistant, le jour de sa naissance .Aussi , vis à vis des ministres ou autres hommes politiques, des pays occidentaux, qui ,tout en se rendant compte de la réalité, préfèrent »se coucher »face à ces intellectéllo- terroristes,, soyons indulgents.. Malgré cette épée de Damoclès, des voix, de plus en plus nombreuses, osent s’élever, pour crier ; basta !. C’est le cas de Joss Dray et Denis Seiffert qui publièrent récemment, un livre extrêmement intéressant : « La guerre israélienne de l’information » .
Cet ouvrage met en exergue « la désinformation et les fausses symétries dans le conflit israelo palestinien »Sur la jaquette de ce précieux ouvrage, un résumé :
.. « ..la guerre avant d’être une affaire militaire, est une affaire de mots .Ils ont joué un rôle majeur dans l’offensive déclenchée le 28 février 2002,par l’armée israélienne contre les villes palestiniennes. On sait à quel point ,à cette occasion, elle a placé l’information, sous contrôle. Mais on sait moins que l’offensive a été préparée, par un long travail de désinformation de l’Autorité palestinienne.
Cette entreprise de désinformation commence dès le lendemain de la négociation de Camp David II,en juillet 2000. ; le « refus « de Yasser Arafat d’accepter la « généreuse » proposition israélienne de restitution de « 97 % « des territoires occupés, va devenir une vérité acceptée par l’ensemble de l’opinion internationale. Or, il s’agit d’un pur mensonge, suivis de bien d’autres. .Pourquoi ont ils pu être aussi largement repris par la presse mondiale, et française en particulier ?
Pour répondre à cette question, les auteurs de ce livre ont décrypté la presse écrite et audiovisuelle, révélant comment, au même moment, les mêmes réécritures de l’histoire ou de l’actualité immédiate apparaissaient dan la plupart des médias .Et en le confrontant aux témoignages des palestiniens qu’ils ont recueillis, ils montrent à quel point, le souci d’une prétendue objectivité, peu devenir un obstacle à la vérité » .
.. Loin de tout parti pris, ce livre salutaire est aussi un appel à la responsabilité de ceux qui manient la parole publique, pour leur rappeler que les mots et les images peuvent tuer. » (Edition
Denis Seiffert et Dray ne révèlent que ce dont ils ont été les témoins. En réalité,il s’agit là, d’une règle appliquée systématiquement. Avant chaque agression d’envergure,l’appareil médiatique de l’intérieur d’Israël comme celui de l’extérieur,se met en branle,pour conditionner ,les opinions publiques, en pervertissant les faits,transformant l’agresseur en agressé et les bourreaux en victimes..
« ..Durant la guerre éclair,dite » des 6 jours » en 1967,l’opération de propagande la mieux réussie,la plus délicate et la plus audacieuse,ce fut de convaincre l’opinion publique internationale,au moment même ou les escadrilles israéliennes prenaient l’air, pour détruire au sol,l’armée de l’air égyptienne,qu’Israël était attaqué.. par l’Egypte.
Sans doute,l’opération n’aurait elle pas réussi,si l’opinion publique occidentale n’avait pas été savamment travaillée par une information toute acquise aux sionistes,quand elle n’est pas directement ou indirectement entre leurs mains ».(Contre Israël – P. Deméron 1967 )
….. » On vous l’avait bien dit , que le livre de Pascal Boniface allait faire du bruit (bloc-notes n° 748)... Non, il n’est pas permis, en France, de critiquer Israël. Du moins, pas impunément. Un écrivain, un journaliste, un expert en relations internationales , qui s’y risque (hors quelques remontrances de pure forme), doit s’attendre à de sérieux ennuis, dont l’inévitable accusation d’antisémitisme.
On vous avait raconté comment le directeur de l’Iris (Institut des relations internationales) avait dû faire front à une campagne virulente visant à le virer de son poste, suite à une note interne adressée à la direction du PS (parti dont il est membre depuis 1980, après avoir milité au PSU), en avril 2001. Dans cette analyse, qui n’avait pas vocation à être rendue publique, il la mettait en garde, en sa double qualité de militant et d’expert, contre sa complaisance envers l’État juif et son gouvernement et soulignait les risques électoraux que cette attitude faisait courir au parti. Simple remarque de bon sens, quand on sait le poids croissant du vote musulman et la solidarité que ressentent notamment de jeunes Français d’origine maghrébine - et pas seulement eux ! - avec le peuple palestinien opprimé.
Pascal Boniface ne se situait pas sur le plan de la seule efficacité électorale, mais sur celui de la morale politique : est-il bien conforme aux valeurs dont nous nous réclamons, disait-il en substance, de continuer, dans le contexte actuel, de renvoyer dos-à-dos Israël et les Palestiniens, comme si les responsabilités étaient également partagées, entre un État militarisé, surpuissant régionalement et soutenu inconditionnellement par les États-Unis d’Amérique, et un peuple sans armée ni réelle administration, ne disposant que de lambeaux de territoire, soumis à d’incessantes brimades de la puissance occupante, asphyxié économiquement et bombardé à la moindre incartade ? Est-ce moral, est-ce juste, quand ce peuple, par la voix de son représentant incontestable, a fait la concession majeure de renoncer aux terres qui étaient siennes avant la création d’Israël et accepte de reconnaître cet État, dès lors qu’on lui permet de créer le sien sur la portion de Palestine que lui octroyait le plan de partage initial, c’est-à-dire
Israël, ou le double jeu, en permanence. Pas besoin d’être expert pour s’en rendre compte. Pas besoin d’être socialiste pour s’en indigner.
Écœurement
Donc Boniface pond sa note. Il fait face immédiatement à une campagne de déstabilisation, comme le lobby sioniste en France sait les mener, en profitant de ses positions de pouvoir dans l’appareil d’État et dans les médias.
Pour l’avoir rencontré à cette époque (lors d’une réunion du HCCI - Haut Conseil à
On en était là jusqu’au 18 juin dernier.
Tradition ancienne
Se faire traiter d’antisémite, voire de négationniste, et devoir protester de sa bonne foi, n’est pas agréable (2). Quand ces accusations émanent des habituels porte-parole autoproclamés du philo sionisme inconditionnel, on s’y fait. Quand l’accusation vient de certains de vos amis politiques, c’est insupportable.
C’est ce que Boniface a le moins supporté : que la campagne contre lui soit alimentée par des militants socialistes, et pas des moindres. Il devait pourtant s’y attendre : le PS est le parti le plus complaisant à l’égard d’Israël de la scène politique française. C’est une très ancienne tradition qui remonte à la création de l’État hébreu, quand on pouvait encore se faire des illusions sur sa nature progressiste (Ben Gourion, les kibboutz, etc.).
Depuis, Pascal Boniface a rendu sa carte du parti socialiste. Si tous les militants socialistes que révoltent la politique de Sharon (le boucher de Sabra et Chatila : imagine-t-on Bigeard ou Aussaresse présider
Ce n’est pas là l’affaire du siècle, et elle ne fait pas les gros titres. Mais elle est tellement significative d’une évolution malsaine, d’une montée des communautarismes (3), d’une importation dans la vie de la société française du conflit israélo-palestinien (que je ne crois pas du tout en voie de règlement, malgré les récents développements autour de la « feuille de route »), que j’ai voulu en entretenir mes lecteurs : le procès fait à Pascal Boniface est inacceptable. Le meilleur moyen de lui témoigner notre solidarité est encore de lire son livre.
(1) Est-il permis de critiquer Israël ?, Robert Laffont. (2) « Cette note - écrit Boniface - allait concentrer contre moi colère et même haine. J’allais devenir l’objet d’une campagne organisée. C’est une véritable fatwa qui fut lancée. Comment expliquer que le rappel de principes élémentaires ait pu susciter de telles réactions ? » (p. 196).
(2) (3) Le Mrap dénonce ces jours-ci la floraison sur Internet de sites violemment anti-arabes, orduriers et alimentés par la fraction la plus extrémiste du lobby sioniste...
( à suivre..)



