Pour des raisons d’être fiers de notre Algérie !..
Dans la presse nationale, on fait grand cas de projets ambitieux, en matière de logements pour les années à venir. On ne peut que s’en féliciter, mais l’expérience vécue lors d’un passé récent, nous a appris à être circonspect.
Le pays a énormément besoin d’habitations pour combler un déficit en la matière aggravé par une explosion démographique (3,2 %) qui a heureusement baissa ces dernières années, pour atteindre un taux de reproduction plus équilibré.
Du point de vue électoraliste, de telles mesures sont rentables .Mais elles peuvent avoir un effet pervers, des plus risqués.
Aux premières années de l’indépendance, une tranche importante de la population rescapée des camps de regroupement, avait envahi les villes, pour occuper les logements disponibles abondonnées par les pieds noirs. L’Etat en quête de finances, organisa ce secteur dit’ biens vacants’, afin de le rentabiliser. On s’aperçut très vite, qu’une grande partie des occupants de ces logements était dans l’incapacité de payer le loyer, ne serait ce que pour financer l’entretien de ces biens.
Au fur et à mesure que notre Etat se consolidait en récupérant différents secteurs économiques, nous permettant de dresser des plans de gestion, pour des équilibres régionaux,plan triennaux ou quadriennaux, etc. Un problème de priorité se posa : A quoi bon construire des logements se disait- on, si les citoyens ne pouvait payer ?. Il apparut très vite, la nécessité d’accorder la priorité à l’emploi. C’est en multipliant les postes de travail productif et créateurs de richesses que l’on susciterait des besoins propices à une dynamique positive en matière de développement.
Or, depuis la politique de ‘ l’infitah’ nous avons diabolisé pour liquider le secteur public préalablement saboté, pour lui substituer une privatisation tout azimut, sur le papier prometteuse, mais dans les faits, pervertie et ..illusoire.
Notre adhésion à l’OMC ne présage rien de bon. Ce qui n’empêche pas certains de nos chers ministres de la vanter. Cet échange d’attrape nigauds ,c’est : « Donne moi ta montre, je te donne l’heure..
»Les grands pays industrialisés cherchent désespérément des débouchés pour des produits manufacturés et tentent de se servir de nos pays comme un bazar. Cela constitue une source d’emplois chez eux, tout en récupérant une partie des dépenses énergétiques. C’est de bonne guerre. Jusqu’à preuve du contraire, nous sommes comblés en matière de promesses d’investissement dans des secteurs industriels ; concrètement rien ! Mais c’est d’abord aux nôtres que nous devons en vouloir !
Tout le monde connaît les promesses de fiat et Daewoo qui devaient s’installer chez nous.. Le temps de se placer sur le marché puis.. rien !..du vent. !.
La meilleure façon de saboter le développement d’un secteur industriel viable,c’est de le réduire en sous traitant, alors que nous devons imposer à des partenaires loyaux, une usine de montage avec un taux d’intégration annuel jusqu'à la maîtrise totale de la fabrication sous licence .Il s’agit d’exiger notre part légitime en matière de postes d’emplois qualitatifs et quantitatifs, dans le cadre d’une juste division internationale du travail et l’initiation ,à la maîtrise des technologies de pointe, pour sortir enfin de l’Etat de sous développement dans lequel certains voudraient bien nous maintenir .
Les secteurs publics et privés dynamiques, peuvent être complémentaires et non antagonistes, à condition pour tous de jouer le jeu, en mettant au dessus de tout, les intérêts supérieurs de l’Algérie. Cela suppose une guerre sans merci contre la vermine bureaucratique d’une part et la chasse aux requins qui écument l’Océan de l’Ultralibéralisme symbolisé par l‘OMC afin de bannir les échanges inéquitables de matières premières ,contre des produits manufacturés.
Nous ne sommes pas crétins pour généraliser les reproches, en jetant le bébé avec l’eau du bain. Dans certains secteurs des efforts louables ont été déployés.Notre pays dispose de compétences dans tous les domaines qu’il s’agit de valoriser par une rémunération à la mesure de leur mérite dans le cadre d’une justice sociale ; condition essentielle pour une mobilisation populaire sans laquelle toute action équivaudrait à un coup d’épée dans l’eau.
C’est un soutien critique que nous formulons à nos dirigeants qui, nous l’espérons, ne feront pas la sourde oreille à la majorité silencieuse qui n’est pas aussi amorphe que le croit l’oligarchie qui tient souvent le haut du pavé .SAH!..OUELA LALLA ?
Mohamed Arabdiou


