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Dimanche 30 Décembre 2007

Témoignage -  suite.

 

Au fil des jours,une vie..’ De Mohamed Arabdiou

 

 

 

 

 Troisième partie           3

 

                                    

 

   .. De Belgique, j’avais ramené quelque dizaines d’exemplaires de «  La Pièce d’Argent » qui contribuèrent à attirer l’attention sur ma personne Au lendemain de l’indépendance, à peine vingt pour cent de la population savait lire et écrire. Un  Algérien auteur d’un livre, ne passait pas inaperçu. C’était d’autant plus vrai, que Belkacem Benyahya directeur d’ElMoudjahid ,l’organe central du FLN , m’avait gratifié d’un papier critique, élogieux. C’est dans ce contexte que je rencontrai Salah Louanchi, un ancien de la fédération de France. Il me proposa  de faire partie  de l’équipe en voie de constitution, chargée de faire paraître « le Peuple » un quotidien en langue Française. »L’écho d’Alger »  le journal ultra de De Sérigny, avait fermé boutique .Il ne resta plus que «  La Dépêche d’Algérie » qui tentait de survivre en affichant une attitude opportuniste. La sollicitation de Salah me ravit en même temps qu’elle m’inquiétait. N’allai je pas décevoir ceux qui avaient peut-être surestimé mes capacités ? Lorsque un mois plu tard, Salah me convoqua par lettre, j’étais déjà recruté par Henri alleg d’Alger Républicain. Henri était non seulement connu pour son attitude progressistes d’avant guerre ,mais aussi et surtout pour sa contribution en faveur de la cause nationale après le soulèvement de54. Arrêté, il publia  «  La Question  » un livre qui dénonçait la torture qu’il avait lui-même subi à l’instar de milliers d’Algériens. Pour ce qui était de la ligne éditoriale du journal, elle était fidèle à l’orientation du PCA.

 

        Dès le départ ,Henri, me prévint que si c’était pour de l’argent que je m’engageais, autant y renoncer car, il n’y en avait point.. »On se contentera de partager ce qui resterait  dans la cagnotte après la couverture des frais.. » Loin de me décevoir, cette mise au point me stimula. Le fait de collaborer avec des hommes de cette trempe et un journal au passé prestigieux, me parut déjà comme une récompense. Inaal un universitaire Tlemcenien  fut le chef de rubrique .Il y avait Djoghri .Comme Européen, je n’oublierai jamais Nicolas Zannetaxi ,un vieux routier du Parti communiste de Sidi BelAbbès qui signait « El Goul »,son fils Henri était au secrétariat de rédaction, Jacques Salor se chargeait de la gestion .Comme photographe c’est S. Ferhat… de Tizi Ouzou qui commença en attendant l’arrivée en renfort de Martinez ,un reporter de « l’huma » Parisien .Il signait…Guebli.

 

     Au début ,nous travaillions chez Bouchama   à Bab El Oued,en attendant de nous installer définitivement, au 2 rue Berlioz, dans un appartement proche du commissariat central .Boualem Khalfa  et Henri Alleg semblaient être les patrons. Abdelhamid Benzine très éprouvé par la guerre et la détention, était parti se soigner en URSS. Comme collaborateurs plus ou moins stables citons Kateb Yacine ,très utile a cause de sa notoriété .Il rédigeait entre autres des billets fort appréciés par les lecteurs. Isiakhem contribuait par ses desseins. Cet artiste au talent reconnu , qui perdit un bras accidentellement, durant son enfance, était sociable tant qu’il n’avait pas bu Dès qu’il picolait, il devenait agressif, parfois odieux. Lorsque quelqu’un poussé à bout ,fonçait sur lui, il avançait son bras mutilé et dissuasif…Comme reporter aussi novice que moi, il y avait Chabane,Kerrouche et d’autre dont je ne me souviens plus du nom.

 

J’avais commencé dans la rubrique dite des «  chiens écrasé » avec pour sujets de petits articles sur, les activités du port, la circoncision des enfants de chouhadas, des faits d’hivers glanés aux commissariats etc. Ces petits évènements me permirent de me faire la main dans une profession a laquelle je n’étais pas du tout préparé. Avec le temps, j’appris que, particulièrement dans le journalisme, si la technique est indispensable, la curiosité,,l’esprit critique et le bon sens sont primordiaux Mes premiers pas dans la profession ne furent pas une sinécure, mais je m’y accrochais..

 

      Pour écrire mon roman, j’avais pris tout  le  temps nécessaire à rédiger, effacer, relire, réécrire mon texte. Dans un quotidien, dès que l’on arrive du reportage, il faut immédiatement se mettre au travail, pour remettre le ‘papier’ le plus vite possible .Souvent le journaliste se trouve harcelé par le secrétaire de rédaction en attente de l’article prévu dans le « menu ».Au moment même ou vous essayez de vous concentrer, il vous interrompt  « . Alors !c’est pour aujourd’hui ou pour demain !?. ».Que de fois n’ai-je séché devant ma feuille blanche ,ne sachant pas par ou commencer ..En cette occasion ,je voudrais exprimer toute ma gratitude envers Nicolas Zannettaxi qui m’aida à démarrer dans la profession. .Au moment ou je désespérai d’y arriver, il m’apprit les ficelles du métier .Patiemment, il me prodiguait des conseils pratiques très utiles ,sur ce qu’il fallait faire ou à éviter pour réussir un article. Cela dura quelques mois. Dès le début de l’année 63,je quittais ce journal pour le ministère de l’information.. M’hamed Yazid était remplacé par Hadj Hammou  .

 

                             à SUIVRE.

 

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