Malheur à nous, si..
Lors des premières années d’indépendance, nous avions consacré une multitude d’articles et de commentaires de presse afin de dissuader les gens d’égorger massivement le mouton lors de l’Aid El Kebir afin de préserver le cheptel national. Même les religieux s’y sont mis lors de leur prêche pour suggérer le sacrifice d’un seul mouton symbolique par collectivité afin de se conformer à l’esprit du sacrifice hérité d’Abraham. .Autant prêcher dans le désert .Des habitudes pas nécessairement heureuses s’imposèrent. Des pères de familles parmi des plus démunis, allaient jusqu’à s’endetter ; moins pour des raisons religieuses, que pour faire plaisir aux enfants qui rivalisaient avec leurs camarades du quartier pour exhiber le plus beau spécimen à tuer.. Même les syndicalistes s’y mirent pour revendiquer ‘la prime du mouton’.
Le résultat est là. Avant l’indépendance l’Algérie exportait entre autres produits alimentaires, de la viande ovine. Il m’arriva même de visiter un centre en ruine pourvu d’équipements( abattoir,chambres froides etc. ainsi qu’un aéroport pour le transport rapide de cette marchandise périssable.
Il est vraie qu’au lendemain de l’indépendance ; nous étions moins d’une dizaine de millions d’habitants avec une dizaine de millions d’ha de terre à pâturage et qu’on estime la production annuelle d’un ovin par ha et par an ,soit, un mouton par habitant .
Aujourd’hui la superficie de la steppe ayant diminuée au moins de moitié, par suite de déprédations et compte tenu de l’explosion démographique (au bas mot nous sommes 35 millions d’habitants) il ne nous revient même pas un gigot par habitant.. Résultat : Chaque année, nous bouffons sous forme de moutons importé, une partie de nos ressources en hydrocarbure .
Lorsque les puits seront taris, le millionaire pourra toujours s’approvisionner d’Australie ou d’Argentine. Quand au populo qui n’aura pas pu ou su penser à son avenir..et bien ..on l’enverra paître.
Gouverner, c’est prévoir. Un proverbe kabyle dit ’N’attends pas l’arrivée de l’orage pour réparer la toiture de ta demeure ‘.Quant à Jabrane Khalil Jabrane c’est une imprécation qu’il lance..
« Malheur à la nation qui abandonne sa religion pour des sectes, les champs pour la truelle et la sagesse pour la logique.
Malheur à la nation qui ne se vêt de ce qu’elle n’a pas, qui mange ce qu’elle n’a pas semé, qui boit, ce qu’elle n’a pas pressé.
Malheur à la nation qui hait l’injustice durant son sommeil et s’y soumet durant le jour.
Malheur à la nation qui n’élève la voix, qu’en suivant un convoi funèbre, qui se glorifie seulement devant les tombeaux et ne se révolte que lorsque son cou est déjà entre le glaive et le billot.
Malheur à la nation qui accueille chaque vainqueur au son des tambours pour le congédier sous les sifflets et recevoir un autre vainqueur, au son des tambours.
Malheur à la nation, dont les hommes raisonnables sont muets, les forts aveugles et les habiles bavards.
Malheur à la nation dans laquelle, chaque tribu agit en nation. «
Si nous n’y prenons pas garde, si nous persistons à ne pas regarder la réalité bien en face, nous mènerons nos enfants à la famine et à la mendicité. Ceux qui mènent la politique de l’Autruche me traiteront d’un Cassandre, alors que le danger est déjà là.
Bientôt les pays traditionnellement exportateurs de produits alimentaires, pour des raisons climatiques ou démographiques , n’auront plus d’excédent à vendre. D’autres transforment déjà leur produit en éthanol pour faire marcher leur bagnoles. Bien des pays démunis seront des victimes. Mais nous,en particulier nos dirigeants seront des coupables. Sah !..OULA LALLA ?
Mohamed Aradiou




