'La Médaille et son Revers'-Roman de M.Arabdiou -publié en 1989..
Après le désistement sur l’usine de drapeaux,il ,avait redémarré ,en montant une affaire de tissage,en association avec un chevillard, qui ne savait pas ou investir son argent .Moins d’un an après,prétextant l’incompétence de son partenaire,il se sépara de celui-ci en rachetant sa part ,qu’il paya par tempérament. Il est vrai qu’en dehors des moutons et des vaches,le chevillard n’entendait rien aux autres sources de profits.
Touré,qui connaissait parfaitement les limites de son associé, choisit le moment qui lui convenait ,pour relever cette anomalie. Dés qu’il fut seul maître à bord,les bénéfices décuplèrent. Il monta également une entreprise de commerce, spécialisée dans les matériaux de construction. Ce fut une affaire en or dit-il à Doudou.
-Deux semaines après cette discussion,alors qu’il se rendait au Rungis,l’épicier rencontra son ami,l’ex-commandant Carrossa , au volant de son semi- remorque. Pour combattre le froid matinal,ils garèrent leurs véhicules au parking et se dirigèrent vers la brasserie la plus proche,à l’un des relais de
-L’opposant continuait à croire ,qu’un soulèvement populaire était imminent, au Bolongui. Selon lui, les injustices étaient trop flagrantes, pour être supportées par le vaillant peuple .Des amis venus du pays, lui rapportaient des incidents réels,parfois de simples rumeurs non vérifiées,que Carrossa amplifiait inconsciemment ,par ses commentaires agressifs. Doudou avait une tendance contraire. Il tempérait.
L’ancien officier ne connaissait pas Touré,mais des amis le lui avait décrit, comme un parfait opportuniste, ayant le sens des affaires ;un homme qui ignorait ce que voulait dire le mot scrupule. Pour arriver à ses fins, il était prêt à marcher sur le ventre de sa mère, disait on.
Il avait effectivement monté une usine de tissage avec les capitaux d’un chevillard et un prêt bancaire .Bien introduit dans l’administration, grâce à son appartenance au Parti,aux appuis qu’il avait pris soin d’entretenir dans les hautes sphères de l’armée et du gouvernement,Touré put disposer de toutes les licences d’importations de matières premières qu’il voulait .Mieux encore,il s’arrangeait pour gonfler les factures des produits importés , qu’il répercutait sur le coût de revient,laissant à chaque opération,une partie notable des devises,dans une banque étrangère.
Ayant eu un homonyme,général dans l’armée,il répandit le bruit ,qu’il était le cousin de cet officier supérieur , très respecté pour son intégrité.
Afin d’être plus convaincant,il se mit d’abord à critiquer l’illustre personnage : Durant20 ans,il n’a pas mis les pieds chez nous. Ce n’est qu’après le décès de mon père, qu’il se rendit compte de sa négligence .Il me fit promettre de ne pas hésiter à le solliciter,en cas de besoin…
Inventée de toute pièce,cette histoire fit ouvrir bien des portes à Touré. On intercéda en sa faveur. On le recommanda. Chacun se disputant le plaisir ,de rendre service à un proche du général ,afin qu’un jour –qui sait ?-on serait payé de retour. Une fois le train sur les rails,tout marcha , comme sur des roulettes ,expliqua Carrossa.
L’exploitation de l’homonymie ne dura que le temps de lui permettre de voler de ses propres ailes.
Au niveau des administrations qui l’intéressaient,Touré se mit à inviter les employés à prendre des cafés, puis des dîners en sa compagnie,le temps de s’informer sur les chefs de services,il oubliait alors les exécutants , pour courtiser avec assiduité ces petits cadres heureux de fréquenter un homme d’affaires ayant pignon sur rue .Le manège se poursuivait jusqu’au niveau des directions de ministères ,qui l’intéressaient.
Dans ses rapports avec les gens qu’il utilisait,Touré jouait de la fibre militante et patriotique,tout en corrompant ces fonctionnaires, en utilisant le point faible de chacun .Tous les moyens étaient bons, pour acheter leurs bonnes grâces.
Pour certains,ce sont des dons, en espèce sonnantes et trébuchantes, présentées sous forme de prêts , qui ouvraient les portes secrètes de la fortune.
Tel produit allait il manquer sur le marché?Il était le premier à en être informé. Ce qui lui permettait de faire des stocks énormes,qu’il revendait à prix d’or..
Quelques unes de ses victimes ,qu’il plaquait dès qu’il se liait avec leurs supérieurs hiérarchique,se rendirent compte du stratagème et se mirent à parler de celui qui utilisait les gens comme le citron que l’on presse et que l’on jette ensuite, à la poubelle,sans pour autant, gêner celui qui devenait un homme trop important,inaccessible aux subalternes.
D’un revers de main,Touré rejetait les calomnies de bas étage ..
Devenu un homme, bien en vue,mais désireux de mieux asseoir sa position sociale,il épousa la fille du ministre de l’intérieur ; un laideron,disait on, qui, à ses yeux, valait son pesant d’or. C’est que le beau père, raffolait des réceptions coûteuses qu’il organisait sans bourse déliée, au frais de l’Etat .Au niveau du contrôle financier,qui donc oserait défier, le tout puissant ministre de l’intérieur,très serviable au demeurant. ?
..à suivre..




