OPINION. Algérie : préparer l’après-pétrole
Par Abdelmadjid ATTAR, ancien PDG de Sonatrach le 30/12/2007 à 18:35
Dans une opinion pour «toutsurlalgerie.com», Abdelmadjid ATTAR, ancien PDG de Sonatrach, revient sur la question de l’épuisement annoncé des réserves pétrolières algériennes et évoque la préparation de l’après-pétrole.
Suite à l'article paru le 13 Décembre 2007 dans le quotidien El Khabar (rubrique Foutour Essabah), j'ai répondu à plusieurs questions relatives à des sujets d'actualité dont les réserves pétrolières de l'Algérie. Mes déclarations ont été par la suite reprises par d'autres médias et interprétées de rumeurs, de critiques ou de contradictions vis-à-vis d'autres sources.
Je tiens à rappeler que mon opinion est celle d'un technicien, estimant avoir un peu d'expérience dans ce domaine, particulièrement le potentiel pétrolier de l'Algérie, et cette opinion n'était destinée à contredire personne, et encore moins à induire en erreur ou faire du tord à quiconque. Je n'ai de leçon à donner à personne. L'objectif était plutôt de faire prendre conscience que les ressources pétrolières de l'Algérie ne sont pas éternelles et qu'il fallait en urgence prévoir leur remplacement par de nouvelles ressources financières (emplois et investissements créateurs de richesses durables) et des ressources énergétiques renouvelables.
Quant aux chiffres que j'ai avancé, je persiste et je les confirme, sauf qu'il faut préciser que j'ai avancé 18 ans d'exploitation - à partir des réserves prouvées - au cours desquels l'Algérie pourra encore exporter du pétrole liquide - et je suis optimiste- , étant entendu qu'au delà on pourra encore produire pour les besoins de la consommation intérieure seulement , bien que je ne sois pas sur que cela suffira à couvrir les besoins du pays à partir de cette date, à moins que nous fassions de nouvelles découvertes importantes -je le souhaite-,ou que nous soyons prêts à ce moment là pour produire et maîtriser les énergies renouvelables et le nucléaire. D’où la nécessité d'accroître les efforts en matière de développement des énergies renouvelables, parce que tout simplement : l’essentiel du pétrole a déjà été découvert - aussi bien en Algérie qu'à travers le monde- et plus on découvre, moins on a de chance de découvrir plus tard.
L'essentiel des augmentations de réserves de nos jours un peu partout à travers le monde provient plus des réévaluations des réserves récupérables déjà découvertes grâce aux progrès technologiques de récupération, et très peu des nouvelles découvertes. Pour ce qui est du gaz naturel la situation est relativement la même, parce que sur la base des réserves prouvées d'aujourd'hui, de la production actuelle et prévue (exportations et consommation interne), j'ai affirmé qu'à partir de 2030 on ne pourra plus exporter grand-chose, étant entendu qu'on continuera à subvenir à notre consommation nationale uniquement mais la aussi pas pour longtemps, car la règle est la même que pour le pétrole, d'où ma recommandation, ou si cela est le cas mon adhésion à :
- Une politique de conservation et surtout d'exportation qui tienne compte des intérêts énergétiques futurs du pays.
- Une politique d'encouragement et de développement intensif des énergies renouvelables à l'instar de ce que font tous les autres pays.
- Et bien sur le maintien et l'accroissement des efforts d'exploration, y compris à travers le partenariat avec les Compagnies étrangères sur ce qui reste à découvrir (je l'espère et je le souhaite) et non ce qui existe déjà parce que je considère que chaque mètre cube d'hydrocarbures exporté aujourd'hui sans contrepartie de remplacement par une même capacité de production de richesse ou de ressource énergétique renouvelable est un appauvrissement pour les générations futures.
Ce qui précède est une simple opinion, qui peut s'avérer juste ou fausse, l'avenir nous le dira, mais en attendant, ne vaut il pas mieux en débattre que de croire qu'il n'y a aucun souci à ce sujet, ce que pensent hélas beaucoup de gens du fait que le baril est à 90 dollars, oubliant qu'il s'agit aujourd'hui de l'essentiel de notre "menu quotidien". Qu'il s'agisse de 2020, 2025 ou au plus tard de 2030, c'est demain.
Suite à l'article paru le 13 Décembre 2007 dans le quotidien El Khabar (rubrique Foutour Essabah), j'ai répondu à plusieurs questions relatives à des sujets d'actualité dont les réserves pétrolières de l'Algérie. Mes déclarations ont été par la suite reprises par d'autres médias et interprétées de rumeurs, de critiques ou de contradictions vis-à-vis d'autres sources.
Je tiens à rappeler que mon opinion est celle d'un technicien, estimant avoir un peu d'expérience dans ce domaine, particulièrement le potentiel pétrolier de l'Algérie, et cette opinion n'était destinée à contredire personne, et encore moins à induire en erreur ou faire du tord à quiconque. Je n'ai de leçon à donner à personne. L'objectif était plutôt de faire prendre conscience que les ressources pétrolières de l'Algérie ne sont pas éternelles et qu'il fallait en urgence prévoir leur remplacement par de nouvelles ressources financières (emplois et investissements créateurs de richesses durables) et des ressources énergétiques renouvelables.
Quant aux chiffres que j'ai avancé, je persiste et je les confirme, sauf qu'il faut préciser que j'ai avancé 18 ans d'exploitation - à partir des réserves prouvées - au cours desquels l'Algérie pourra encore exporter du pétrole liquide - et je suis optimiste- , étant entendu qu'au delà on pourra encore produire pour les besoins de la consommation intérieure seulement , bien que je ne sois pas sur que cela suffira à couvrir les besoins du pays à partir de cette date, à moins que nous fassions de nouvelles découvertes importantes -je le souhaite-,ou que nous soyons prêts à ce moment là pour produire et maîtriser les énergies renouvelables et le nucléaire. D’où la nécessité d'accroître les efforts en matière de développement des énergies renouvelables, parce que tout simplement : l’essentiel du pétrole a déjà été découvert - aussi bien en Algérie qu'à travers le monde- et plus on découvre, moins on a de chance de découvrir plus tard.
L'essentiel des augmentations de réserves de nos jours un peu partout à travers le monde provient plus des réévaluations des réserves récupérables déjà découvertes grâce aux progrès technologiques de récupération, et très peu des nouvelles découvertes. Pour ce qui est du gaz naturel la situation est relativement la même, parce que sur la base des réserves prouvées d'aujourd'hui, de la production actuelle et prévue (exportations et consommation interne), j'ai affirmé qu'à partir de 2030 on ne pourra plus exporter grand-chose, étant entendu qu'on continuera à subvenir à notre consommation nationale uniquement mais la aussi pas pour longtemps, car la règle est la même que pour le pétrole, d'où ma recommandation, ou si cela est le cas mon adhésion à :
- Une politique de conservation et surtout d'exportation qui tienne compte des intérêts énergétiques futurs du pays.
- Une politique d'encouragement et de développement intensif des énergies renouvelables à l'instar de ce que font tous les autres pays.
- Et bien sur le maintien et l'accroissement des efforts d'exploration, y compris à travers le partenariat avec les Compagnies étrangères sur ce qui reste à découvrir (je l'espère et je le souhaite) et non ce qui existe déjà parce que je considère que chaque mètre cube d'hydrocarbures exporté aujourd'hui sans contrepartie de remplacement par une même capacité de production de richesse ou de ressource énergétique renouvelable est un appauvrissement pour les générations futures.
Ce qui précède est une simple opinion, qui peut s'avérer juste ou fausse, l'avenir nous le dira, mais en attendant, ne vaut il pas mieux en débattre que de croire qu'il n'y a aucun souci à ce sujet, ce que pensent hélas beaucoup de gens du fait que le baril est à 90 dollars, oubliant qu'il s'agit aujourd'hui de l'essentiel de notre "menu quotidien". Qu'il s'agisse de 2020, 2025 ou au plus tard de 2030, c'est demain.
publié par arabdiou dans: observateur



