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Samedi 24 Novembre 2007

ANALYSE :

 

Face aux menaces qui planent.

 

Bachar Al Assad et Abdallah de Jordanie se retrouvent..

 

 

Le sommet-surprise, dimanche, entre le président syrien Bachar al-Assad et le roi Abdallah de Jordanie reste l’événement régional le plus important. Politiques et analystes tentent d’en décoder les résultats et les répercussions :
 1. Le régime jordanien est le plus solide et le plus actif dans l’axe des pays arabes dits « modérés », alliés des États-Unis. Il a joué un rôle central historiquement dans l’exécution des plans de l’Occident, et la rupture de ses relations avec la Syrie , ces quatre dernières années, répond aux exigences de la stratégie US. Dans ce contexte, le revirement jordanien est significatif et reflète un fait indiscutable : l’Administration Bush s’est résignée à reconnaître le rôle central de la Syrie après l’échec des objectifs politiques et militaires de l’invasion de l’Irak et de la tentative de renverser le régime syrien puis de l’isoler sur les scènes arabes et internationales. La défaite israélienne face à la Résistance libanaise a constitué le coup de grâce du projet israélo-américain.
 2. La décision jordanienne de se rapprocher de la Syrie , qui n’aurait pas été possible sans la levée de l’interdit états-unien, est motivée par plusieurs considérations. La plus importante est la relation organique entre le royaume hachémite et la cause palestinienne, qui traverse une période trouble et riche en rebondissements dramatiques. Il est clair que de fortes inquiétudes jordaniennes se sont exprimées ces derniers jours sur les intentions réelles d’Israël et des États-Unis. C’est surtout la demande de la reconnaissance d’Israël en tant qu’« État des juifs » qui a réveillé les vieux démons. La Jordanie craint que cela ne soit le prétexte pour le transfert des 1,5 million d’Arabes israéliens (20 % de la population) vers les pays voisins. Face à ces appréhensions, la Jordanie s’est tournée vers la Syrie , symbole de la résistance aux pressions et aux visées impérialistes des États-Unis et d’Israël.
 3. La Syrie a toujours tenu à ce que les aspects économiques de ses relations avec la Jordanie ne soient pas affectés par le froid politique. C’est ainsi que Damas a continué, ces dernières années, à livrer blé et eau au royaume soit gratuitement soit à des prix symboliques. Cela a empêché l’émergence d’un sentiment d’animosité et d’hostilité entre les peuples des deux pays, facilitant ainsi le revirement du roi Abdallah II.
 4. En résumé, la Syrie peut conclure que la situation régionale et les rapports de force sont en train de changer dans la région grâce à sa résistance aux pressions et menaces américano-israéliennes. De même que la rupture des relations entre Damas et Amman était le signal du début de la campagne d’isolement de la Syrie , la visite du roi Abdallah est l’indice de l’échec de cette campagne.

 

                                                        (Réseau Voltaire)

 

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