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Samedi 04 Novembre 2006

Ceux qui tirent les ficelles ‘         ( suite)

 

  Essai de M.Arabdiou   -2003

 

 

                                Le rapport Hope-Simpson

 

 

Octobre 1930, et des recommandations de la commission SHAW et du rapport Hope- Simpson. Passfield appelle à renouveler la tentative de créer le Conseil législatif, et soutient les conclusions de Hope-Simpson sur l'utilisation de la terre et son potentiel agricole. Sur la question cruciale de l'immigration, l'esprit de ce Livre blanc s'oppose à une politique généreuse envers les sionistes.      

 

 

    Le Mouvement Sioniste organise une campagne à grande échelle contre le Livre blanc, et, dans une lettre ouverte à Haïm Weizmann, en février 1939, Ramsay Mac Donald, premier ministre britannique, s'engage implicitement à faire abroger ce document (engagement qui ne sera pas suivi. .d'effet).

 

 

                                      1936-7 - La Commission Peel :

 

 

commission royale désignée en août 1936 par le gouvernement britannique pour étudier le problème de la Palestine à la suite de l'éclatement de la révolte arabe. Earl Peel est le président de la commission, mais le plus influent de ses membres est le professeur d'Oxford Reginald Coupland. La commission entend plus de 30 témoins : Juifs, sionistes, Arabes de Palestine et d'autres nationalistes arabes. Dans son rapport, publié en juillet 1937, elle recommande le partage de la Palestine en un Etat juif (le long d'une partie de la plaine côtière, incluant la vallée de Jezreel et la plus grande partie de la Galilée ) et un Etat arabe (comprenant la plus grande partie des territoires restants ainsi que la Transjordanie ), avec un corridor contrôlé par les Britanniques, allant de Jérusalem jusqu'à Jaffa. Afin de résoudre le problème délicat de l'équilibre des populations juive et arabe dans l'Etat juif envisagé, elle propose l'idée d'un transfert de populations.

 

Le plan de partage est rejeté par les Arabes, à l'exception d'Abdallah de Transjordanie, et il divise le Mouvement Sioniste. De toutes façons, le gouvernement britannique rejettera ce plan, comme on le voit à l'évidence à propos de la Commission Woodhead et du  livre blanc de  MacDonald.

 

 

                  

 

 

                      1938 - La Commission Woodhead :

 

 

Officiellement créée pour étudier la possibilité concrète de partager la Palestine , suivant la recommandation de la Commission Peel. Mais il ne fait aucun doute que cette enquête est entreprise avant tout pour faire face à l'opposition grandissante des Arabes au Mandat britannique, aussi bien à l'intérieur de la Palestine (où la révolte arabe a repris) qu'à l'extérieur). Dans son rapport, publié en automne 1938, la commission aboutit à la conclusion que le partage n'est pas réalisable.

 

 

                        1939 - Le Colloque de Saint-James :

 

 

    La Table ronde de St.James Palace, qui a lieu à Londres en février 1939, est réunie officiellement par MacDonald, le ministre britannique des Colonies, pour résoudre l'impasse entre Arabes et Juifs au sujet du partage. Toutefois les Anglais sont très conscients du fait qu'il y a peu d'espoir de concilier les deux camps. Ce fait est illustré par le refus de la délégation arabe de s'asseoir à la même table que les délégués sionistes.

 

Haïm Weizmann dirige la délégation juive. La délégation arabe comprend les représentants de cinq pays, et celle des Arabes de Palestine. Les deux parties mènent un dialogue de sourds :
La délégation juive réclame un accroissement de l'alya (des quotas d'immigration plus élevés), plus d'implantations juives et la création d'une force de défense légale. Les Arabes rejettent la Déclaration Balfour , et demandent l'interdiction de l'immigration juive et de l'achat de terres par les Juifs. Le secrétaire aux Colonies, MacDonald, déclare que le gouvernement de Sa Majesté a l'intention de mettre fin au Mandat, et de créer un
Etat Palestinien allié à l'Angleterre.

 

Les historiens s'accordent à penser que ce colloque était, en fait, une partie d'un plan calculé pour permettre aux Anglais de se présenter comme un élément impartial dans la négociation, bien qu'en réalité , ils aient déjà été engagés dans une politique de conciliation envers les Arabes, devant la perspective de la deuxième guerre mondiale. Les Anglais savaient que les Arabes allaient rejeter l'idée du partage, et ils avaient besoin d'un forum pour démontrer qu'il s'agissait d'une option irréalisable avant de la rejeter eux-mêmes officiellement.

 

 

                          

 

 

                         1939 - Le Livre blanc de MacDonald :

 

 

      Prise de position politique du gouvernement britannique, publiée le 17 mai 1939. A la suite des conclusions de la Commission Woodhead déclarant que le partage était irréalisable, et l'échec du Colloque de St. James Palace, une nouvelle politique est instaurée en Palestine.

 

Connue sous le nom de "Livre blanc de MacDonald", cette politique propose la création dans les dix ans d'un Etat unique en Palestine, avec des frontières allant de la Méditerranée jusqu'au Jourdain. Le Livre expose aussi un plan de cinq ans pour l'immigration de soixante-quinze mille juifs (dix mille personnes par an et vingt-cinq mille réfugiés par la suite), mais ensuite, il n'y aura plus d'immigration sans l'accord des Arabes. Dans le Règlement foncier, présenté en mars 1940 devant le Parlement britannique, la possibilité de vente de terres aux Juifs fait l'objet de sévères restrictions

 

Le Mouvement Sioniste considère le Livre blanc comme "un acte de trahison", "estimant qu'il condamnera la population juive a un statut minoritaire dans le pays, et mettra fin à tout espoir de voir un Etat juif se créer.

 

La publication du Livre blanc doit être comprise dans le contexte plus large des intérêts politiques anglais face à l'escalade des hostilités qui précèdent l'éclatement de la seconde guerre mondiale, mais son texte ne tient pas compte de la gravité des menaces que le nazisme fait peser sur les Juifs d'Europe. Dans la perspective de la guerre, il est clair pour les experts du ministère des Affaires étrangères que les Anglais n'ont pas intérêt a offenser les Arabes ou le monde musulman. La politique britannique au Moyen Orient se fonde jusqu'en 1947 sur le Livre blanc de Mac Donald jusqu'au ce vote de l'ONU sur le partage de la Palestine le 29 novembre).

 

 

  1945-6..La commission. .d’enquête anglo-américaine :

 

Après la seconde guerre mondiale, et la dette contractée par les Anglais envers les Etats Unis (qui sont venus à leur secours), le Gouvernement Attlee désire fortement associer les Américains aux décisions prises à propos de la Palestine. Un comité est créé, comportant un nombre égal de délégués anglais et américains, avec la mission officielle de trouver une solution au problème des réfugiés juifs, dans le contexte général du problème de la Palestine.

 

   La recommandation principale du comité, publiée en avril 1946, appelle le gouvernement britannique à autoriser l'immigration immédiate de 100,000 réfugiés juifs en Palestine. Elle recommande aussi l'abolition du Règlement foncier de 1940, et l'adoption d'une Administration autonome pour la Palestine. Le gouvernement britannique rejette ces propositions.

 

 

1946 - Le Plan Morrison- Grady :

 

Proposition britannique, pour une solution au problème de la Palestine , fondée sur une fédéralisation ou une cantonisation. Ce plan est élaboré en août 1946 par Herbert Morrison, vice-premier ministre britannique, et Henry Grady, ambassadeur des USA.

 

 

1947 - Le Comité spécial des Nations Unies en Palestine (UNSCOP) :

 

L'UNSCOP (United Nations special Committee on Palestine) est fondé en avril 1947, lorsque le gouvernement britannique présente le problème de la Palestine aux Nations Unies. Les onze membres de ce comité d'enquête ne parviennent pas à se mettre d'accord sur une solution et, à la place, publient des rapports majoritaires et minoritaires. Le point de vue majoritaire recommande le partage de la Palestine en deux Etats, l'un juif et l'autre arabe. Il conseille aussi que Jérusalem devienne une ville internationale.

 

C'est ce rapport qui est présenté a l'Assemblée générale de l'ONU le 29 novembre 1947, et qui est adopté comme Résolution 181. Trente-trois pays votent pour ce plan, treize s'y opposent et dix s'abstiennent. Evénement historique inhabituel, les Etats Unis et l'Union Soviétique soutiennent la résolution, tandis que l'Angleterre s'abstient, promettant seulement d'évacuer ses troupes jusqu'en août 1948. En fait, les Anglais partiront trois mois plus tôt, le 14 mai.

 

 

          Fin du Mandat britannique :

 

 

Les motifs du départ des Anglais font l'objet de nombreux débats parmi les historiens. Certains pensent que les Anglais évacuent la Palestine à la suite des actes de violence commis par certaines organisations de résistance juive. Il s'agit en particulier du bombardement (1) de l'Hôtel King David (juillet 1946), et de la pendaison de deux sergents (juillet 1947) --tous deux perpétrés par le Etzel (Irgoun)-- et qui auraient dissuadé les Anglais de rester dans la région. D'autres pensent que c'est à cause de l'entreprise d'immigration illégale menée par la Haganah

 

qu'ils décident de quitter la Palestine , parce que celle-ci constitue une source d'embarras considérable pour le gouvernement britannique.

 

 Mais d'autres historiens considèrent le retrait britannique de Palestine comme une part de sa liquidation de l'Empire, due à la situation économique désastreuse qui suit la guerre. Pendant la période 1945-48, l'Angleterre se retire de parties très importantes de son Empire, et même des Indes, le "joyau de la Couronne ". La situation économique de l'Angleterre place ce pays sous la dépendance des USA, qui a donc son mot à dire sur le

 

      « Nul n’est plus aveugle que celui qui refuse de voir les problèmes de la Palestine. Dans ce contexte, l'opinion juive américaine se rallie très efficacement à la cause sioniste : Truman, qui assure la présidence des USA après la mort de Roosevelt, cherche un soutien public à la fois pour les élections au Congrès et pour les élections présidentielles, et il est donc réceptif aux demandes du lobby juif. »

 

(1)     Par «  bombardement « ,Mandelson fait sans doute ,allusion à l’attentat terroriste commis par un groupe de sionistes,provoquant la mort de 117 personnes, des employés juifs,chrétiens et musulmans.       ( voir en page 139 ….l’article  de Barnavi paru dans Le Monde.

 

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