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Dimanche 28 Octobre 2007

Les journalistes israéliens interdits de se rendre à Gaza par leur gouvernement depuis un an

 

Cela fait près d’un an que la Bande de Gaza est totalement fermée aux journalistes israéliens et que les médias "se soumettent servilement aux interdits", souligne Gidéon Levy dans le quotidien Haaretz. Les services secrets prétendent que c’est pour des raisons de sécurtié, mais n’interdisent pas d’aller en Irak, en Syrie, ou d’autres lieux bien plus dangereux, fait-il remarquer, en ajoutant que la situation à Gaza, est en outre nettement moins risquée qu’il y a un an. Lire la traduction de Michel Ghys.

"Là où même Ron Ben Yishai ne va pas

La dernière fois, nous étions allés jusqu’au jardin d’enfants d’Indira Gandhi. Presque un an s’est écoulé depuis. C’est avec nos dévoués chauffeurs de taxi gazaouis, Mounir et Said, que nous nous étions rendus dans ce jardin d’enfants, à la périphérie de Beit Lahiya, afin de pouvoir rapporter comment l’institutrice maternelle, Najwah Khalif, avait été tuée, sous les yeux des petits, par un obus de char qui n’avait raté que de quelques mètres le minibus du jardin d’enfants. Depuis lors, nous n’avons pas pu retourner à Gaza.

Cela fait près d’un an que la Bande de Gaza est totalement fermée aux journalistes israéliens. L’armée israélienne et la Sécurité Générale (Shabak) en ont décidé ainsi parce que circuler à Gaza est dangereux. Un journaliste israélien peut aller en Syrie, en Irak, en Arabie Saoudite, mais pas à Gaza. La Cisjordanie est encore ouverte aux journalistes, là aussi c’est dangereux mais le black-out total est imposé sur Gaza. Seul Roni Daniel peut encore se joindre aux forces militaires et exposer combien elles ont la gâchette facile – comme il l’a fait dans son reportage sur Canal 2, jeudi – puis chanter leurs louanges. Ce lieu qui est si présent à la conscience du public, qui dicte l’ordre du jour sécuritaire et politique, est fermé à la couverture des médias israéliens par les autorités israéliennes.

Celui qui s’attendait à ce qu’une réalité intolérable comme celle-là soulève un tollé, en est pour ses frais. De toute façon, les lecteurs ne veulent pas lire, le gouvernement et l’armée ne veulent pas que l’on sache et les journalistes n’ont pas grande envie de raconter. Ni la Cour suprême, ni l’Association des Journalistes, ni le Conseil de la Presse , ni l’Association pour les Droits du Citoyen (ACRI). Aucun véritable combat en faveur de la liberté d’investigation qui est aussi liberté d’expression, d’information et liberté professionnelle. S’il s’était agi d’une période de temps limitée, on aurait encore pu comprendre, mais là, ce sera jusque quand ? Jusqu’à ce que tous les Palestiniens aient rejoint Kadima ?

Cet obstacle mis à la couverture médiatique depuis presque un an nous amène à abuser gravement de notre fonction. Les médias ne fournissent pas le service qu’ils sont tenus de fournir et pire encore, ils se soumettent servilement aux interdits qui leur sont imposés, tout en brouillant la réalité. Les rares journalistes qui prennent encore la peine de couvrir Gaza abusent régulièrement leurs spectateurs et leurs lecteurs en forgeant l’illusion qu’ils reviennent à l’instant de là-bas. D’accord, les consommateurs ne protestent pas contre l’absence de ce service – même les souscripteurs de « Yes » [seul fournisseur israélien de programmes de télévision par satellite - NdT] restent paisiblement assis – mais les journalistes ?

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