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Samedi 21 Octobre 2006

Introcuction à l’udéologie chrétienne

 

Selon Enrico-   suite

 

Le coût de la religion

 

Tout cela a-t-il vraiment de l'importance? Fréquemment, les chrétiens relativisent les méfaits de leurs corrélationnelles en affirmant que ce n'est "pas si grave", ou "personne n'est parfait", etc.

 

Or, une idéologie peut et doit être jugée sur ses résultats. L'histoire nous montre que le christianisme a causé des guerres majeures, brûlé un million de victimes sur les bûchers de l'inquisition, retardé le développement de la science et de la technique. Que serait le monde aujourd'hui, si l'Europe n'avait pas été dévastée par la guerre des 30 ans? Où en serait la médecine, si Calvin n'avait pas fait brûler vif le plus grand médecin de son époque? Ou en seraient l'astronomie et la recherche spatiale, si Giordano Bruno et Galilée avaient été libres de travailler? Les conséquences indirectes des méfaits du christianisme sont difficile à quantifier, mais l'on peut ajouter aux morts au moins plusieurs décennies de retard dans des sciences aussi importantes que l'astronomie et la médecine.

 

Et que dire des ressources mal utilisées? Combien d'hopitaux aurait-on peu construire avec les moyens employés pour la construction de la basilique de Saint-Pierre, ou, plus près de nous, pour celle de Yamassouko ? Combien de vies stérilement employés à une méditation recluse auraient-elles pu être consacrées à oeuvrer pour le progrès de l'humanité?

 

Cela est-il encore actuel ? Prenons comme exemple le cas de la commune ou je vis: Chézard –Saint -Martin, 1'600 âmes, commune rurale d'une vallée verdoyante du Jura neuchâtelois. En 1998, la paroisse protestante décide que ce serait cool de faire des fouilles sous le sol de l'église pour voir si on y trouve quelques os de nos ancêtres. Elle convaint habilement le conseil communal (qui est un peu mou, mais c'est une autre histoire), de budgetter 480'000.- Francs (suisses!) pour: démolir le plancher de l'église, regarder si il y a des os dessous, et, déjà qu'on y est, faire un nouveau chauffage au sol pour les pieds des fidèles soient aussi bien réchauffés que leurs âmes. J'avais dédié des pages web à cette question en 1999, elles sont toujours en ligne. Or, l'état des finances de la commune est dramatique. Mais cela n'empêche pas les bons paroissiens (à peine plus que 0.5% de la population) de dire dans un tout -ménage "Un lieu tel que ce temple, permet à chacun de se ressourcer et mérite une attention faite de respect et d'engagement qui relativise les nécessités de la vie matérielle": autrement dit: donnez-nous le fric, puis débrouillez-vous pour trouver ailleurs l'argent pour l'assistance sociale, le salaire des employés communaux, le déneigement des routes en hiver, les appareils respiratoires pour les pompiers, etc etc". Moralité: l'église a, aujourd'hui, l'audace de réclamer de l'argent à des collectivités publiques dont les finances sont dans un état autrement plus critique que le sien; plus grave, il se trouve des conseillers municipaux (tous partis confondus) assez faibles pour céder à ces 0.5% de la population qui se sont autoproclamés vertueux et capables de "relativiser les nécessités de la vie matérielle" (surtout les nécessités des autres!).

 

Dans d'autres partie du monde, l'action du christianisme est encore bien plus grave et plus coûteuse: aux USA, la Christian Coalition est d'accord avec le futur président Bush Jr. que les juges de la cours suprême que celui-ci aura à nommer seront des chrétiens conservateurs, pour que la cour puisse interdire l'avortement et assurer la continuité de la peine de mort, outre les détails formels comme la prière (chrétienne) à l'école, l'affichage des "10 commandements" dans les tribunaux, etc. En Afrique, l'église catholique s'est mobilisée dès le début de l'épidémie de SIDA contre le préservatif, qui est indiqué par les organisations internationales tels que l'OMS comme le moyen principal d'enrayer l'épidémie. Elle a même organisé des Autodafés de préservatifs au Kenya. Combien de millions de morts supplémentaires la campagne anti préservatifs coûtera-t-elle à l'Afrique ? Impossible de le dire, mais vu les proportions de l'épidémie, il s'agira certainement d'un chiffre qui s'exprimera en millions.

 

La nécessité de l'action contre les coûts de la religion est donc toujours d'actualité.

 

Les bons côtés du christianisme

 

Le christianisme n'est-il que malfaisant ? N'a-t-il pas contribué aussi positivement à l'histoire humaine ?

 

Bien sûr, toutes les idéologies, même les plus terribles, ont leur côtés positifs, même lorsque les effets de ceux-ci sont bien pâles par rapport aux maux que l'idéologie a fait. Ainsi, le communisme a aussi généré Eisenstein, donc l'inoubliable "Cuirassé Potemkine" et l'encore plus inoubliable "Alexandre New ski". Le fascisme a introduit les congés payés et la sécurité sociale en Italie. Le nazisme a permis à Albert Speer de faire de superbes spectacles Son & Lumière à Nürnberg, magistralement filmés par Leoni Riefenstahl dans Le Triomphe de la Volonté (hélas ce film est rarement montré). Mais que sont ces accomplissements face aux montagnes de cadavres accumulés par ces idéologies ?

 

Reconnaissons donc au christianisme qu'il a élevé de très beau monuments, les églises. Certes, les chrétiens ont aussi détruit maints temples romains, et fortement abîmé le Panthéon de Rome en le transformant en une église, mais on ne peut nier les réussites architecturales que constituent certaines églises, en particuliers les grandes cathédrales gothiques.

 

Reconnaissons aussi que le christianisme a produit de la musique superbe, tout comme le communisme, d'ailleurs. La mise en musique par Bach des derniers mots du Christ en croix donne une nouvelle musicalité au célèbre "Donnez-moi à boire" du sauveur des chrétiens et peut rivaliser avec l'hymne soviétique ou le Horst –Wesel -Lied des nazis comme qualité musicale.

 

Reconnaissons enfin que le christianisme peut, dans certains cas, avoir un effet positif sur le comportement de certaines personnes. Je m'explique: admettons que quelqu'un soit un vrai salaud, au point que si il voit une vielle dame en difficulté pour monter dans le bus avec son sac de commissions, et qu'il monte dans le même bus, il la bousculera au lieu de l'aider. Admettons maintenant que ce salaud se convertisse au christianisme. Certes, il emmerdera toute sa parenté et ses amis avec le fait qu'il est né à nouveau et qu'il est différent (alors que ses proches se méfieront - sans doute avec de bonnes raisons), mais la prochaine fois qu'il montera dans le même bus que la vieille dame de tout à l'heure, au lieu de la bousculer, notre salaud, désormais converti, l'aidera à monter avec son lourd cabas. Pourquoi ? Le salaud serait devenu "bon" ? Non, mais il a appris en se convertissant que "ce que vous faites au plus petit d'entre les miens etc etc", et bousculer la vieille dame pourrait donc le conduire en enfer. Bien sûr, cette amélioration de comportement ne marche que avec l'infime proportion de l'humanité qui est effectivement constituée de salauds, car la majorité des gens, chrétiens ou pas, savent qu'il faut, au choix, plutôt aider une vieille dame à monter dans le bus que la bousculer - nul besoin d'avoir suivi un cours de cathé pour comprendre ça. C'est sans doute pourquoi l'église préfère s'attacher aux "pécheurs" qu'aux gens normaux. Admettons en effet que Monsieur- tout – le -monde, connu dans les bus de sa cité pour sa courtoisie envers vieilles dames et femmes enceintes, se convertisse au christianisme: nul ne remarquera la différence, si ce n'est peut-être ses enfants, qu'il forcera maintenant à aller à l'église. Par contre, la conversion du salaud décrite plus haut fera sensation. C'est pourquoi le Christ, dans la fameuse parabole "du fils prodigue" encouragea de fait ses disciples à s'occuper plus de ramener au bercail les pécheurs ("salauds" en français moderne et laïque) plutôt que les gens normaux. Le hic, c'est qu'une petite minorité de salauds se convertissent, et une infime partie de l'humanité est constituée de salauds. Admettons, en première hypothèse, que 2% de l'humanité est constituée de salauds, et que les efforts que les prosélites chrétiens concentrent sur ce groupe permettent d'en convertir le 2%. Si ces hypothèses sont justes (et leur ordre de grandeur l'est, sans doute), cela signifie que le christianisme peut, potentiellement, porter environ 0,04% de l'humanité à se comporter un peu mieux. Voilà une sérieuse limite mise à la prétention souvent entendue dans les milieux chrétiens que le monde est meilleur grâce à leur idéologie.

 

Enfin, le christianisme fait un usage immodéré des substances hallucinogènes: l'encens est massivement employé dans les rites catholiques et le jeûne, cause notoire d'hallucinations, est activement encouragé par les clercs catholiques. Les chrétiens sont dès lors mal placés pour s'opposer à la légalisation de l'herbe et d'autres substances hallucinogènes, et nul doute que tôt ou tard celle-ci s'imposera dans toute l'Europe.

 

En conclusion, le christianisme a donné à l'humanité de belles oeuvres d'art, contribue involontairement à la légalisation des drogues douces, et porte environ 0.04% de l'humanité à se comporter sensiblement mieux. Un bien maigre bilan, comparé aux hécatombes causées par cette idéologie.

 

                                        ( A suivre..)

 

 

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