Introduction à l’idéologie Chrétienne
Selon Enrico
La théophagie
Le dogme le plus intéressant du catholicisme et celui de
Le catholique qui prend la communion ingère donc la vraie chair du "Vraiment homme et vraiment Dieu". Cela est particulièrement intéressant, car cette particularité fait du catholicisme la seule religion théophage connue.
Toute personne disposant de son libre-arbitre et du sens inné du bien et du mal devrait être horrifiée par le rite théophage, qui est une insulte à la raison, mais aussi au bon goût. Cela est vrai au point que de nombreux catholiques pratiquants nient avec ferveur la réalité de ce dogme. Hélas, en le niant, ils deviennent hérétiques aux yeux de leur église, qui est attachée à ses dogmes.
Ce dogme est bon à connaitre lors de discussions avec des catholiques. Beaucoup de catholiques ne le connaissent pas, et pour peu qu'ils soient curieux, ils iront vérifier dans le catéchisme officiel de l'église, et il est probable que la découverte de la vérité provoque une réaction de dégout, qui peut les aider à se libérer de "la foi", et à retrouver leur libre-arbitre et leur sens critique. Toutefois, beaucoup de catholiques réagissent négativement et deviennent agressifs à l'évocation de ce dogme par un athée, qui est par définition, pour eux, quelqu'un de fourbe n'ayant aucune connaissance du bien et du mal.
L'homo phobie: un exemple de "morale" anachronique
Les églises chrétiennes sont violemment homophobes. On l'a vu il y a peu de temps lors des manifestations anti-PACS à Paris, et en 2001 avec l'opposition violente des milieux catholiques à la première Gay Pride prévue à Sion, un haut lieu du crétinisme alpestre et du conservatisme catholique en Suisse. Contrairement à ce que l'on croit parfois, il ne s'agit pas d'épiphénomènes d'extrémistes conservateurs, mais bien de gens agissant en conformité avec l'enseignement de l'Eglise Catholique. Ceux qui en doutent peuvent consulter Online le document .L'homosexualité: qu'en dit l'église ?, oeuvre commise par l'épiscopat français qui dit entres autres que "L'homosexualité est une déviation objectivement grave", et le "passage à l'acte" est pour ces individus un "péché grave".
On peut se demander pourquoi une religion prendrait la peine d'édicter des règles sur les préférences sexuelles de ses adeptes. L'origine de la condamnation de l'homosexualité par les chrétiens est à rechercher dans leurs textes sacrés. Dans le Lévitique, Dieu ordonne (Chapitre 18, verset 22): "Tu ne coucheras point avec un homme comme on couche avec une femme. C'est une abomination". Pour que les choses soit claires, l'auteur de cet ouvrage précise un peu plus loin, au chapitre 20, verset 13, que "Si un homme couche avec un homme comme on couche avec une femme, ils ont fait tous deux une chose abominable; ils seront punis de mort: leur sang retombera sur eux. ". Ces versets sont bien une condamnation claire de l'homosexualité masculine. Par contre, on cherchera en vain dans la bible une condamnation de l'homosexualité féminine. Bien sûr, les chrétiens ont "interprété" l'interdiction de l'homosexualité masculine comme devant aussi s'appliquer à l'homosexualité féminine, et ils restent intransigeants et très hostiles aux homosexuels des deux sexes à ce jours.
Comme expliquer que l'homosexualité féminine ne soit pas condamnée dans la bible ? Difficile de croire qu'il s'agit d'un oubli. Les rédacteurs du Lévitique ont pensé à condamner à mort l'homme qui couche avec une bête, la femme qui couche avec une bête (ici l'interdiction est clairement formulée pour l'homme et la femme). Idem pour l'interdiction faite à tout homme de coucher avec sa belle-fille: une interdiction symétrique est prononcée pour les rapports entre belle-mère et beau-fils. Pourquoi auraient-ils oublié une condamnation de la femme qui coucherait avec une femme ? Une explication plus la plausible est que la condamnation de l'homosexualité masculine était rationnelle dans le contexte géopolitique de l'époque, alors que l'homosexualité féminine n'avait pas d'importance. Il faut en effet se souvenir que le Lévitique date d'une époque ou le peuple juif était constitué d'un rassemblement de tribus nomades pratiquant le pillage. La force militaire de ce groupe de tribus, donc leur capacité à piller, était une fonction directe de la population de ces tribus. Un acte homosexuel entre deux hommes était donc bien évidemment un gaspillage de sperme qui devrait être mieux utilisé en tentant d'inséminer une femme, pour produire de futurs guerriers et pilleurs. Une pratique homosexuelle entre femmes n'avait par contre aucun effet potentiel sur la natalité dans la mesure ou les femmes en question avaient aussi une vie conjugale hétérosexuelle, et il n'y avait donc pas lieu de la condamner.
L'on comprend ainsi le motif de la présence de cet interdit dans la bible. Et l'on comprend aussi toute la perversité de la "morale" ou "éthique" chrétienne, basée sur des règles inscrites dans de vieux ouvrages, règles qui, si elles étaient censées dans le contexte géopolitique dans lequel elles ont étés édictées (c'est à dire celui de tribus de bédouins largement illettrés, nomades et pilleurs), ne le sont plus du tout dans la société libérale post-industrielle où nous vivons. Les chrétiens de base n'ont pas compris cela. La hiérarchie catholique, qui a la capacité de comprendre ce concept, est pourtant d'une extrême virulence dans sa condamnation de l'homosexualité. On pourrait penser que le motif est celui de la pérennité des règles édictées dans la bible. Mais il est aussi interdit dans le Lévitique de cuire un cabri dans le lait de sa mère, et cette interdiction ne paraît guère préoccuper l'épiscopat aujourd'hui. Le motif de l'obstination de l'église catholique contre les homosexuels est encore une fois à rechercher dans le concept de culpabilisation des fidèles. En effet, on estime que environ 10% d'une population donnée a des tendances homosexuelles pour des motifs biochimiques. Il s'agit donc d'une préférence sexuelle minoritaire, comme celle des hommes qui préfèrent les brunes aux blondes par exemple. En jetant l'opprobre sur cette minorité particulière, l'église atteint un double objectif: d'une part, elle culpabilise une partie des 10% d'homosexuels, facilitant ainsi leur soumission à l'église; d'autre part, choisissant une minorité, elle permet à la majorité de s'attribuer le mérite d'une vertu - l'hétérosexualité. Clercs chrétiens et gens pieuses peuvent ainsi mépriser et condamner la minorité homosexuelle tout en s'enorgueillant de leur propre vertu - vertu qu'ils ne doivent en fait que à des facteurs biochimiques et génétiques.
Tout cela serait drôle si cela n'avait des conséquences tragiques pour les homosexuels. Les chrétiens, et surtout leurs conceptions relatives à la morale, ayant encore aujourd'hui une influence importante sur les lois, persécutent les homosexuels: ceux-ci ne peuvent se marier, ni jouir d'une quelconque reconnaissance de leur couple face aux assurances sociales, au fisc ou aux autorités chargées de délivrer des permis de séjour à cause du lobbying chrétien contre des lois qui élimineraient la discrimination sur la base des préférences sexuelles.
La position des chrétiens face à l'homosexualité est symptomatique de toute l'éthique chrétienne: sur la base d'un livre écrit par et pour des tribus de nomades -pilleurs il y a 3'000 ans, l'on condamne et persécute aujourd'hui, dans l'occident post-industriel, des gens sur la base de leurs préférences sexuelles.
(à suivre..)


