Les Caricatures blasphématoires:
Suède et pays musulmans satisfaits du dialogue
STOCKHOLM (AFP) - Les ambassadeurs des pays arabes et musulmans et le Premier ministre suédois Fredrik Reinfeldt se sont félicités vendredi de la qualité de leur dialogue pour mettre fin aux tensions provoquées par la publication d’une caricature du prophète Mahomet.“Je pense que c’était une bonne initiative prise par le Premier ministre après sa rencontre à la mosquée avec des représentants de la communauté musulmane”, a déclaré à l’AFP l’ambassadeur iranien Hassan Ghashghavi à l’issue d’une rencontre vendredi à l’initiative de M. Reinfeldt avec les ambassadeurs de vingt-deux pays arabes et musulmans.
“Cette politique est bonne”, a-t-il ajouté. L’Iran avait protesté officiellement, il y a 10 jours contre la caricature et convoqué le représentant suédois à Téhéran. La publication le 18 août dans le Nerikes Allehanda, journal local d’Örebro (à l’ouest de Stockholm), d’un dessin représentant le prophète avec un corps de chien avait déclenché une polémique en Suède et dans plusieurs pays musulmans.
De son côté, le Premier ministre a souligné que cette rencontre, qui a eu lieu au siège du gouvernement à Stockholm, “était un dialogue”. “Je leur ai dit que
Le Premier ministre est resté toutefois prudent, soulignant qu’il était attentif aux éventuels développements de cette affaire dans les pays musulmans. Il a ainsi précisé qu’il suivait attentivement ce que les médias étrangers publiaient sur le sujet. “Les paroles de M. Reinfeldt ne nous ont guère étonnées.
Le diplomate, également doyen des ambassadeurs arabes présents en Suède, a expliqué qu’il avait adressé au chef du gouvernement suédois ses “vifs remerciements” pour ce dialogue. “Je ne pense pas, je ne peux pas croire que cela va prendre une ampleur comme celle que nous avons connue il y a un an et demi de cela”, avec la crise des caricatures au Danemark, a-t-il précisé, soulignant que
“Nous ne demanderons jamais une interdiction de publier ce genre de caricature. Il n’est pas question d’interdire quoi que ce soit. La liberté de la presse est sacrée. Cela ne veut pas dire que les journalistes sont au-dessus des lois . Is doivent être responsables”, a-t-il commenté.
En Suède , après la publication de la caricature, deux manifestations avaient été organisées devant le siège du journal et un vif débat s’était engagé dans les médias suédois qui ont appelé à la fois au dialogue et au respect de la liberté de la presse.
Trois pays, l’Egypte, l’Iran, le Pakistan, avaient protesté officiellement par la voie diplomatique. Des protestations de responsables religieux se sont élevées également en Afghanistan et en Jordanie.


