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Samedi 18 Août 2007

SUR LA ROUTE DE JÉRUSALEM À NAPLOUSE

 

Publié le 16-08-2007

 

 

Julien Lacassagne poursuit sont périple en Palestine.

 

"Si tu peux voir détruit l’ouvrage de ta vie Et sans dire un seul mot te mettre a reconstruire"

 

Je suis arrivé a Naplouse le 30 juillet et, depuis, chaque jour, je pense a ces premiers vers du poème "If", de Rudyard Kipling. Ici, comme partout en Palestine, l’Etat d’Israël concentre l’essentiel de ses forces dans la destruction de l’ouvrage de ce qui fait la Palestine , c’est a dire le fruit du travail et de l’histoire des Palestiniens. Les terres sont volées, les cultures arrachées, les villes sont transformées en ghettos, et la vie sociale se décompose par voie de conséquence. Alors, il reste a reconstruire, même si c’est difficile.

 

Pour me rendre a Naplouse depuis Jérusalem, je prends un minibus, un "service", jusqu’a Ramallah. Peu de temps après la sortie de Jérusalem, aux abords du check point de Kalandia, le mur fait sa réapparition, hideuse et criminelle construction de béton. Quand j’étais adolescent, j’écoutais une chanson dont les paroles me sont soudain revenues : "Berlin wall, can you hear this voice : for one world, one nation." (Mur de Berlin, entends -tu cette voix : un seul monde, une seule nation) -- tout le contraire de ce qu’on voit ici. Le mur de Cisjordanie prouve que la mondialisation n’est rien d’autre qu’un mythe, le monde est plus fermé que jamais

 

oooooooooooooooooooooooo

 

Si : Tu seras un homme, mon fils

 

Traduction d'André Maurois (1918)

 

Si tu peux voir détruit l'ouvrage de ta vie
Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir,
Ou perdre en un seul coup le gain de cent parties
Sans un geste et sans un soupir ;

Si tu peux être amant sans être fou d'amour,
Si tu peux être fort sans cesser d'être tendre,
Et, te sentant haï, sans haïr à ton tour,
Pourtant lutter et te défendre ;

Si tu peux supporter d'entendre tes paroles
Travesties par des gueux pour exciter des sots,
Et d'entendre mentir sur toi leurs bouches folles
Sans mentir toi-même d'un mot ;

Si tu peux rester digne en étant populaire,
Si tu peux rester peuple en conseillant les rois,
Et si tu peux aimer tous tes amis en frère,
Sans qu'aucun d'eux soit tout pour toi ;

Si tu sais méditer, observer et connaître,
Sans jamais devenir sceptique ou destructeur,
Rêver, mais sans laisser ton rêve être ton maître,
Penser sans n'être qu'un penseur ;

Si tu peux être dur sans jamais être en rage,
Si tu peux être brave et jamais imprudent,
Si tu sais être bon, si tu sais être sage,
Sans être moral ni pédant ;

Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite
Et recevoir ces deux menteurs d'un même front,
Si tu peux conserver ton courage et ta tête
Quand tous les autres les perdront,

Alors les Rois, les Dieux, la Chance et
la Victoire
Seront
à tous jamais tes esclaves soumis,
Et, ce qui vaut mieux que les Rois et
la Gloire
Tu
seras un homme, mon fils.

 

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