.Belaid Abdesselam vide son sac. (Suite..)
«.. ces contre-vérités en disent long sur le sérieux et la valeur de la manière avec laquelle les affaires de notre nation avaient été traitées et dirigées, en une période cruciale de l’évolution politique de l’Algérie indépendante, fruit de
« …Ceux qui avaient participé aux débats de
trimestre de l’année 1993, pour examiner les dispositions à mettre en place dans le pays sur le
plan politique et institutionnel, à la fin de la durée du mandat du Président CHADLI, fin 1993
dont le H.C.E. avait fait l’achèvement de sa mission, lors de sa création en janvier 1992, se
souviennent que, chaque fois qu’une question fondamentale était posée, dans le cadre des
discussions se déroulant au sein de cette commission, tous les regards fixés dans les têtes des
membres de l’assistance autour de la table se tournaient, automatiquement, de manière
spontanée, instantanée et simultanée, en un mouvement presque mécanique, vers la tête du
Général TOUATI , lequel, comme représentant du Ministère de
quelque sorte, l’oracle dont le monde attendait la bonne parole ou, plutôt, la parole décisive.
C’est cet homme qui en vient, dans une déclaration publique, à proférer des contre-vérités,
pour ne pas dire plus ; ces contre-vérités en disent long sur le sérieux et la valeur de la
manière avec laquelle les affaires de notre nation avaient été traitées et dirigées, en une
période cruciale de l’évolution politique de l’Algérie indépendante, fruit de
C’est de cet homme, enfin, que les milliers de soldats et d’officiers qui, au péril de
leurs vies et au prix de sacrifices considérables, avaient affronté les forces de la subversion etdu terrorisme au cours de ces dernières années, étaient censés recevoir les informations et les explications justifiant leurs actions au service de la défense de
Les quelques paragraphes où s’étalent ses contre-vérités et les déformations qu’il
inflige à la réalité des faits induisent malheureusement des développements assez longs afin
d’éclairer l’opinion, de lui permettre de saisir les tenants et les aboutissants qu’on lui a
dissimulés dans le déroulement des évènements qui ont marqué le processus ayant conduit au
renvoi de mon Gouvernement et au rééchelonnement de notre dette extérieure, avec les
conséquences que tout le monde connaît.
a) Le Général TOUATI feint de recourir à la mémoire du Général Khaled NEZZAR pour se rappeler les conditions dans lesquelles, comme il le dit, il a été mis fin à ma mission de Chef du Gouvernement. Personne ne peut croire à une telle assertion, quand on sait l’empressement que mettait le Général TOUATI à apparaître comme l’un des auteurs les mieux avertis et les plus écoutés dans la conduite des affaires du pays. Du reste, après le renvoi de mon Gouvernement, je ne crois pas surprendre beaucoup de monde en rappelant qu’il s’était vanté d’avoir été pour quelque chose dans ce renvoi.
b) En fait, les choses se sont déroulées de la manière suivante :
Pour la phase finale de la vie de mon Gouvernement, tout avait commencé pour
moi le lundi 3 mai 1993. Ce jour-là, ainsi que je l’ai signalé plus haut dans ce texte, et comme
tous les lundis de la semaine, suivant le dimanche jour de la réunion hebdomadaire du H.C.E.,
j’avais rendez-vous avec le Président Ali KAFI ; Rédha MALEK, comme je l’ai mentionné
.précédemment, m’avait prévenu qu’à cette rencontre, le Président KAFI me recevrait en
compagnie du Général NEZZAR, alors qu’habituellement je voyais le Président seul. Rédha
MALEK m’avait, en outre, indiqué que le Président KAFI, autant que le Général NEZZAR,
avaient peu apprécié le bref communiqué que je venais de publier pour annoncer diverses
mesures et démarches arrêtées à la suite de la révélation, dans la presse italienne et internationale, que des commissions importantes avaient été versées pour la conclusion du
contrat de vente de gaz naturel à l’Italie. En agissant de la sorte j’étais, accusé d’avoir mis le
H.C.E. devant le fait accompli, car j’aurais dû consulter, d’abord, ce dernier avant de lancer
mon communiqué annonçant les réactions de mon Gouvernement à la révélation retentissante
d’un scandale qui éclaboussait l’Algérie devant le monde entier. Rédha MALEK m’avait
prévenu que je devais, donc, m’attendre à des remontrances à ce sujet.
Le lundi 3 mai 1993 j’étais dans le bureau du Président Ali KAFI qui était effectivement accompagné du Général Khaled NEZZAR. Nous avions très peu parlé de l’affaire du gazoduc algéro-italien. Par contre, au cours de notre conversation, à la demande du Général NEZZAR, j’ai été amené à évoquer, dans ses grandes lignes, la politique économique du Gouvernement et, à la fin de mon exposé, ce dernier me dit avec une certaine insistance : « il faut exposer, à la télévision, ce que tu viens de nous dire, il faut absolument que le peuple sache ce que tu viens de nous dire ». Je lui répondis que je songeais bien à faire cette intervention à la télévision, mais que cette fois-ci, s’agissant d’un problème vital, je voulais, d’abord, faire établir par mes services qualifiés un document écrit qui serait publié à l’appui de mes déclarations, avec l’énoncé de tous les chiffres et de toutes les données constituant les bases aussi bien de la problématique de notre dette extérieure que de la démarche suivie par mon Gouvernement, en vue de sortir de la crise engendrée par cette dette.
Manifestement, je sentais chez le Général Khaled NEZZAR une certaine sympathie pour ne
pas dire une adhésion à l’égard de ma politique, en même temps que je pressentais, à travers
son insistance m’invitant à parler à la télévision, qu’il devait avoir été harcelé par d’autres
interventions lui donnant une version contraire à la ligne suivie par l’action de mon
Gouvernement dans ce domaine. Il était clair que certains, parmi lesquels probablement le
Général TOUATI, commençaient déjà à le travailler au corps, en vue de l’amener à me faire
changer de politique ou à mettre fin à ma mission à la tête du Gouvernement. C’était la
période où la presse privée dite « libre et indépendante » tirait à boulets rouges sur ma
personne et sur la politique que je suivais en matière économique. On connaît les rapports
étroits de cette presse avec le Général TOUATI et je pense que personne n’a oublié l’hystérie
.avec laquelle elle s’acharnait contre mon Gouvernement, annonçant régulièrement que le
H.C.E. allait me convoquer et me mettre en demeure de changer de politique.
c) Fin juin 1993, le document que j’avais demandé sur l’exposé de la politique
économique du Gouvernement était prêt. Il avait fallu deux mois pour le mettre au point.
D’abord, parce qu’il était relativement long. Ensuite, il avait fallu le rédiger dans un langage
accessible au plus grand nombre. Enfin, il faut bien le dire, j’avais dû surmonter une véritable
conjuration au sein de mes services, surtout auprès de ceux qui étaient en contact avec le
F.M.I. et
le F.M.I., en portant le débat sur la place publique.
En réalité, certains ne voulaient pas que fussent révélées à l’ensemble des Algériens et des Algériennes la signification et la portée des fameuses conditionnalités du F.M.I., en cas de recours à son concours pour réduire les contraintes de notre dette extérieure sur la balance des paiements. Sous prétexte de ne pas indisposer les représentants du F.M.I., certains de nos cadres redoutaient la réaction de notre population à l’annonce des mesures draconiennes qu’ils s’apprêtaient à lui infliger.
d) Le jeudi 24 juin 1993, mettant à profit une visite de travail au niveau de la
wilaya d’Alger et le rassemblement des cadres de cette wilaya réunis dans la salle de l’A.P.C.
de notre capitale, avec la présence des représentants de la presse, j’avais développé, au cours
d’une longue intervention, les orientations suivies par la politique économique de mon
Gouvernement. J’avais axé mon exposé sur le fait que deux voies possibles s’offraient à notre
pays pour sortir de la crise qui l’étouffait en raison des contraintes découlant de sa dette
extérieure : celle concrétisée par l’action dans laquelle s’était engagé mon Gouvernement et
celle qui découlerait du recours, qui n’était encore qu’une éventualité au moment où je
parlais, au F.M.I. en vue du rééchelonnement de cette dette extérieure, avec toutes les
conséquences qui en résulteraient sur le niveau de vie de notre population, notre souveraineté et notre liberté d’action dans le domaine de l’économie.
En particulier, j’avais décrit les mesures envisagées dans le cadre de l’action de mon Gouvernement et j’avais, également, énoncé de la manière la plus objective possible quelles étaient les aides que l’on pouvait espérer recueillir de l’intervention du F.M.I., ainsi que la nature et la portée des conditions que cet organisme international exigerait, en contrepartie du concours qu’il accorderait à l’Algérie. Par delà les auditeurs qui m’écoutaient dans la salle de l’hôtel de ville d’Alger, je m’adressais, évidement, à l’ensemble des Algériens et, surtout, à nos couches populaires dont le sort était le plus exposé aux effets négatifs de ce qui n’était, encore, qu’une éventuelle intervention du F.M.I. Pour me faire comprendre de tous les Algériens, je m’étais efforcé de m’exprimer dans un langage simple et concret, susceptible d’être compris par les plus larges couches de notre population. En un mot, je m’étais essayé à faire oeuvre de vulgarisation, en traitant de manière simple, en des termes puisés dans la langue courante du plus grand nombre, des sujets à propos desquels, habituellement, nos responsables politiques, nos services techniques et surtout nos médias livraient à notre public des communications et des textes s’exprimant en un véritable langage ésotérique dont les spécialistes eux-mêmes éprouvaient parfois des difficultés à comprendre le contenu ; il était souvent malaisé au plus grand nombre de déchiffrer la signification des mots, des expressions ou des concepts utilisés pour informer notre opinion nationale des choix et des orientations appelés à affecter profondément la vie de notre population.
C’est en m’astreignant à cet effort de vulgarisation que j’avais été amené à dire que je n’étais pas un économiste ou que je ne tenais pas à me contenter, dans les explications
que me donnaient mes services, d’un langage d’économiste. Et le Général TOUATI, dans sa
déclaration au journal « EL-WATAN », s’empare de cette tournure de langage que j’avais
employée, lors de mon exposé devant les cadres de la wilaya d’Alger, pour se livrer, par le
biais d’une manipulation particulièrement perverse, à une opération d’une malhonnêteté
intellectuelle caractérisée, en disant que j’avais répondu au Président du H.C.E. et au Général
NEZZAR que je n’étais pas un économiste et que, ce faisant, je m’étais avoué incapable de
donner une explication au sujet d’une donnée que le conseiller économique de
aurait révélée au H.C.E. pour dénoncer et révéler à ce dernier l’inexactitude dont j’aurais fait
état lors d’une audition devant l’instance exerçant, alors, le rôle de la magistrature suprême à
la tête de l’Etat Algérien. Le Général TOUATI tente, ainsi et en recourant à un procédé
éhonté et grossier, de faire croire que j’avais été non seulement incapable, mais malhonnête et
déloyal envers les dirigeants suprêmes du pays.
La perfidie – qu’on m’excuse d’employer ce terme, mais je n’en vois pas d’autre
pour caractériser son comportement à travers l’interview qu’il avait accordée au journal « ELWATAN » en date du 27 septembre 2001 du Général TOUATI ne se limite pas à me
présenter comme un individu incompétent et déloyal devant le H.C.E. ; il va plus loin, en
m’attribuant d’avoir déclaré devant cette instance que je « pensais pouvoir faire face à la dette
et peut-être aussi aux dépenses incompressibles » avec un « matelas de devises équivalent à
600 millions de dollars ».
Ai-je besoin de rappeler à tous ceux qui suivent les affaires de.l’Algérie, que ni les membres du H.C.E., ni moi, ne pouvions prétendre, en 1993, être des économistes. Du reste, ceux qui, lors de la réunion du H.C.E. tenue le 18.07.1993, m’avaient interrogé sur les problèmes économiques, se limitaient à répéter : « on sait que…, on dit que…il y a plusieurs idées… », comme pour souligner qu’en ce qui les concernait, ils n’étaient pas en mesure de se faire une opinion sur la voie à suivre, notamment pour le règlement du problème posé par notre dette extérieure. Mais, aussi peu économistes que nous pouvions être, les membres du H.C.E. et moi-même, aucun d’entre nous n’aurait manqué de relever le ridicule de prétendre « faire face à la dette et peut-être aussi aux dépenses incompressibles avec un matelas de devises équivalent à 600 millions de dollars ».
Si j’avais proféré une telle absurdité, chaque membre du H.C.E. avait suffisamment de bon sens, sans avoir besoin d’être économiste ni de recourir aux services d’un conseiller économique de
mieux fait de consulter un service de cette médecine pour son propre cas.
Quant à la « prévision importante qu’aurait fourni le conseiller économique de la
Présidence et qui aurait établi que les 600 millions de dollars US dont le Général TOUATI
m’attribue à tort la paternité et qui auraient représenté, à cette époque, le montant des dépôts
privés en devises, je n’en ai jamais eu connaissance et je pense que personne n’en a jamais
entendu parler, jusqu’au jour où cette assertion a été lue dans le journal « EL-WATAN » du
27.09.2001.
Enfin, puisque le Général TOUATI a cru devoir évoquer, dans cette interview, le
sujet de notre « matelas » en devises au moment où j’aurais été entendu par le H.C.E., c'est-à dire le 18 juillet 1993, je rappelle et je porte à la connaissance de tous que, depuis ma prise de
fonctions comme Chef du Gouvernement en juillet 1992, j’avais les yeux rivés sur le niveau
de nos réserves de change et que mon tableau de bord, à ce sujet, m’était fourni chaque
semaine par
ai-je besoin de préciser que seule cette banque centrale a la charge de détenir et de gérer les
réserves en devises et en or de l’Algérie et que si l’on m’avait demandé, au H.C.E., de donner
.le montant de notre « matelas » en devises au jour du 18 juillet 1993, date de ma participation
à la réunion de cette instance, j’aurais simplement fourni ou renvoyé mes interlocuteurs au
chiffre indiqué par
il conviendrait d’ajouter la valeur de la partie restante non « swapée » du stock d’or hérité de
la gestion du Président BOUMEDIENE. J’indique, en outre, qu’au 20 août 1993, c'est-à-dire à
la veille du jour où avait pris fin ma mission à la tête du Gouvernement, le niveau de nos
réserves en devises était de 2,0455 milliards de dollars : l’avoir net en devises était de
1,2765 milliards de dollars ; 709,5 millions de dollars étaient l’équivalent de la partie
« swapée » de notre stock d’or, 59,5 millions de dollars représentant le montant d’un
emprunt à court terme. Tels étaient les chiffres enregistrés fournis par
moment où mon Gouvernement était renvoyé. Nous sommes loin des élucubrations exposées
par le Général TOUATI dans les colonnes du journal « EL-WATAN » en date du 27
septembre 2001. (Voir annexe n°41).
Pour terminer avec ces longs développements qu’il m’a paru utile d’effectuer, afin
d’éclairer notre opinion nationale et lui éviter de se laisser induire en erreur par les allégations
du Général TOUATI, je rappelle qu’au lendemain de mon intervention devant les cadres de la
wilaya d’Alger, le 24 juin 1993, le document que j’avais fait élaborer sur la politique
économique de mon Gouvernement avait été rendu public et diffusé, le 29 juin 1993, en arabeet en français, par tous les journaux relevant du secteur public, ainsi que par nos stations de radio et par la télévision. Cette diffusion s’était étalée et répétée pendant plusieurs jours, en même temps que mon exposé devant les cadres de
La presse privée, qui se dit libre et indépendante,mais qui, en réalité, est aux ordres de groupes d’intérêts particuliers agissant de manière occulte, s’était abstenue de diffuser ce document et, parfois même, de faire mention de son existence et de sa parution, alors qu’elle ne cesse d’affirmer que sa mission est d’informer notre opinion nationale, à travers ses lecteurs, et que sa raison d’être est de donner un sens et un contenu concrets au droit d’informer.
Car, un document exposant les orientations d’une politique économique touchant la vie de tous les citoyens ,dépasse les limites d’un simple moyen de propagande en faveur du Gouvernement, que la presse pourrait refuser de publier, au nom de la conception qu’elle se fait de sa liberté d’informer.
».
( extraits…à suivre.


