Suite de mon essai achevé en 2003..sans trouver d'éditeur..
Citons également , le cas Pascal Boniface qui , las des persécutions dont il fit l’objet,lui qui , par conviction avait toujours défendu sincèrement, parfois avec zèle, la légitimité de l’Israël sioniste,vient de publier « Est il permis de critiquer Israël ? « un livre de mise au point, levant le voile sur quelques aspect ,d’une vérité que certains persistent encore à dissimuler, par un silence complice.
Plus que de la bravoure ,c’est de la témérité, que de dénoncer même timidement, des faits, pourtant avérés .Pascal Boniface n’est pas seul .D’autres intellectuels impartiaux, élèvent la voix, entre autre, pour se solidariser avec le contestataire. Grâce à Internet, nous avons capté cet article de Pierre Langloi qui évidemment,risque ,à son tour, de se voir traité ‘ » d’antisémite » par des sionistes, bon teint..
….. » On vous l’avait bien dit , que le livre de Pascal Boniface allait faire du bruit (bloc-notes n° 748)... Non, il n’est pas permis, en France, de critiquer Israël. Du moins, pas impunément. Un écrivain, un journaliste, un expert en relations internationales , qui s’y risque (hors quelques remontrances de pure forme), doit s’attendre à de sérieux ennuis, dont l’inévitable accusation d’antisémitisme.
On vous avait raconté comment le directeur de l’Iris (Institut des relations internationales) avait dû faire front à une campagne virulente visant à le virer de son poste, suite à une note interne adressée à la direction du PS (parti dont il est membre depuis 1980, après avoir milité au PSU), en avril 2001. Dans cette analyse, qui n’avait pas vocation à être rendue publique, il la mettait en garde, en sa double qualité de militant et d’expert, contre sa complaisance envers l’État juif et son gouvernement et soulignait les risques électoraux que cette attitude faisait courir au parti. Simple remarque de bon sens, quand on sait le poids croissant du vote musulman et la solidarité que ressentent notamment de jeunes Français d’origine maghrébine - et pas seulement eux ! - avec le peuple palestinien opprimé.
Pascal Boniface ne se situait pas sur le plan de la seule efficacité électorale, mais sur celui de la morale politique : est-il bien conforme aux valeurs dont nous nous réclamons, disait-il en substance, de continuer, dans le contexte actuel, de renvoyer dos-à-dos Israël et les Palestiniens, comme si les responsabilités étaient également partagées, entre un État militarisé, surpuissant régionalement et soutenu inconditionnellement par les États-Unis d’Amérique, et un peuple sans armée ni réelle administration, ne disposant que de lambeaux de territoire, soumis à d’incessantes brimades de la puissance occupante, asphyxié économiquement et bombardé à la moindre incartade ? Est-ce moral, est-ce juste, quand ce peuple, par la voix de son représentant incontestable, a fait la concession majeure de renoncer aux terres qui étaient siennes avant la création d’Israël et accepte de reconnaître cet État, dès lors qu’on lui permet de créer le sien sur la portion de Palestine que lui octroyait le plan de partage initial, c’est-à-dire
Israël, ou le double jeu, en permanence. Pas besoin d’être expert pour s’en rendre compte. Pas besoin d’être socialiste pour s’en indigner.
Écœurement
Donc Boniface pond sa note. Il fait face immédiatement à une campagne de déstabilisation, comme le lobby sioniste en France sait les mener, en profitant de ses positions de pouvoir dans l’appareil d’État et dans les médias.
Pour l’avoir rencontré à cette époque (lors d’une réunion du HCCI - Haut Conseil à
On en était là jusqu’au 18 juin dernier.
Tradition ancienne
Se faire traiter d’antisémite, voire de négationniste, et devoir protester de sa bonne foi, n’est pas agréable (2). Quand ces accusations émanent des habituels porte-parole autoproclamés du philo sionisme inconditionnel, on s’y fait. Quand l’accusation vient de certains de vos amis politiques, c’est insupportable.
C’est ce que Boniface a le moins supporté : que la campagne contre lui soit alimentée par des militants socialistes, et pas des moindres. Il devait pourtant s’y attendre : le PS est le parti le plus complaisant à l’égard d’Israël de la scène politique française. C’est une très ancienne tradition qui remonte à la création de l’État hébreu, quand on pouvait encore se faire des illusions sur sa nature progressiste (Ben Gourion, les kibboutz, etc.).
Depuis, Pascal Boniface a rendu sa carte du parti socialiste. Si tous les militants socialistes que révoltent la politique de Sharon (le boucher de Sabra et Chatila : imagine-t-on Bigeard ou Aussaresse présider
Ce n’est pas là l’affaire du siècle, et elle ne fait pas les gros titres. Mais elle est tellement significative d’une évolution malsaine, d’une montée des communautarismes (3), d’une importation dans la vie de la société française du conflit israélo-palestinien (que je ne crois pas du tout en voie de règlement, malgré les récents développements autour de la « feuille de route »), que j’ai voulu en entretenir mes lecteurs : le procès fait à Pascal Boniface est inacceptable. Le meilleur moyen de lui témoigner notre solidarité est encore de lire son livre.
(1) Est-il permis de critiquer Israël ?, Robert Laffont. (2) « Cette note - écrit Boniface - allait concentrer contre moi colère et même haine. J’allais devenir l’objet d’une campagne organisée. C’est une véritable fatwa qui fut lancée. Comment expliquer que le rappel de principes élémentaires ait pu susciter de telles réactions ? » (p. 196).


