Point de vue :
Par Mohamed said AlAshmawi-Haut magistrat egyptien.
L’islam politique -8– éditions Laphonique –Bouchène.
L’usurpation de la dignité de prophète
Revenons maintenant à la judicature : si l’on nous dit que seul Dieu peut juger des différends entre les hommes,nous ne pouvons que répéter que les règles de droit d’origine divine figurant dans le Coran sont insuffisamment nombreuses et insuffisamment précises pour permettre de trancher ces différents,et que l’on devra forcément recourir à des éléments de source humaine.
Les tenants de l’islam politique invoquent toujours à cet égard les mêmes versets,à savoir : « Non !par ton Seigneur !ils ne croient pas,tant qu’ils ne t’auront pas fait juge de leurs différents .Ils ne trouveront plus ensuite,en eux –mêmes,la possibilité d’échapper à ce que tu auras décidé et ils s’y soumettent totalement »(IV,65)et « Nous avons fait descendre sur toi le Livre avec
Le premier dénie la qualité de croyants aux musulmans qui ne feraient pas de Muhammad l’arbitre de leurs différents,ou qui contesteraient sa sentence ;il n’y a rien là de surprenant :le prophète,mémoire de
On ne peut dire,pour autant,que perd la qualité de croyant celui qui ne s’en remettrait pas de son plein gré à un autre homme,si savant et si haut placé soit-il,pour le règlement de ses affaires. Il y a là un étrange abus de pouvoir,qui indique que son auteur n’a aucune idée des affaires de la justice et ,plus gravement,s’arroge une compétence que Dieu a explicitement réservé au prophète.
Le deuxième verset est lui aussi tout à fait explicite : Dieu ne s’y adresse qu’au prophète, et aucun être doué de raison, ne peut prétendre détenir la vision dont Dieu y déclare avoir gratifié Muhammad.
Cette réappropriation sur le mode analogique de versets visant exclusivement le prophète est une chose extrêmement grave :elle aboutit en effet à usurper à la fois la dignité de prophète et les droits divins .Ce qui est remarquable à ce propos,c’est que les prédicateurs qui recourent à ce procédé se considèrent comme étant en relation privilégiée avec
N’est-ce pas là l’aveu que l’auteur a reçu ou s’apprête à recevoir une nouvelle révélation ?que peut-on ajouter à cela ? Reste-il une place pour la discussion ?
Peut-être est-ce à ces usurpateurs qu’est destinée cette parole de Dieu : « Dis :’Vous ferai-je connaître ceux dont les actes sont les plus inutiles ?Et ceux dont l’effort se perd dans la vie de ce monde alors qu’ils pensent avoir bien agi »(XVIII,103-104).
Le moins gênant d’une telle attitude n’est pas qu’il est difficile de savoir si cette ignorance est feinte ou si elle est réelle .Quoiqu’il en soit,à cette attitude, il faut opposer celle du prophète,dont l’islam considère qu’il était,lui,en relation permanente avec


