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Vendredi 17 Février 2006

 

 

                                       Tant qu’il en restera un..

 

 

   L’appareil médiatique de l’internationale sioniste fait tout pour entériner l’amalgame entre  l’antisémitisme abject et la résistance antisioniste.

 

  Que par suite de différentes épreuves endurées par la communauté, Théodore Herzl ait prôné  au congrès de Bale (1897) la création d’un Etat  (ein judenstat) ou se regrouperaient les juifs du monde entier, cela peut se comprendre. Cette initiative suscita un refus catégoriques, de nombreux juifs clairvoyants, qui redoutaient une nouvelle forme d’exploitation ou de ghettoïsation massive ,à long terme dangereuse pour la communauté.

 

…«   Dès le début du XX ème siècle, plus de 50 ans avant la création d’Israël ,le mouvement ouvrier socialiste s’opposait déjà sans équivoque à l’idéologie sioniste naissante, tout en aidant dans le même temps, les masses juives d’Europe centrale et orientale à s’organiser dans des groupes d’autodéfense contre les pogromes «

 

Lors de son 4ème congrès tenu en 1901,le Bund ,l’union générale des ouvriers juifs de Russie, de Pologne et de Lituanie affirmait : « Le congrès considère le sionisme, comme une réaction de la classe bourgeoise contre l’antisémitisme…il peut être un frein au développement de la conscience de classe. » (Convergence Révolutionnaire de Janvier- Février 2003  )

 

 

 

 

                        

 

                            Le Bund ,un syndicat révolutionnaire juif  

 

 

      voici un texte paru sur un site Internet, sous la signature « Irozo » ,qui nous parait intéressant à plus d’un titre ::

     « ..Crée en 1897 en Russie le BUND (Union générale des travailleurs juifs réunit immédiatement 3500 travailleurs juifs. .alors qu’il a été évincé de toute mémoire collective,le Bund eut une influence considérable en Europe de l’Est et dans le monde .Si sa principale influence fut marxiste en Russie, de nombreux anarchistes s'y greffèrent ou militèrent à coté. L’anarcho –syndicalisme  juifs fut important en Angleterre ou aux Etats-Unis…  .Dénonçant les rabbins, alliés des patrons qui, au nom de l'unité juive, combattaient violemment les mouvements de grève, le BUND s'efforçait aussi de favoriser le yiddish (la langue des ouvriers juifs) au détriment de   l 'hébreu la langue religieuse.

 


 

Le BUND regroupait les ouvriers juifs combatifs qui militaient pour les droits civiques, sociaux ou politiques. Contre les nombreux pogroms antisémites, des groupes d'autodéfense étaient organisés. De nombreux marxistes voyant d'un mauvais oeil la liberté et l'indépendance du BUND s'efforcèrent de le combattre sans cesse et d'essayer de le discréditer.

 

Dés 1917 Lénine envoya les principaux leaders du mouvement vers les goulags de

 

Sibérie ou les fit assassiner. A noter que le BUND ne participa pas au coup d'état de 1917, considérant que, c'étaient les ouvriers et les paysans qui devaient faire la révolution et non une minorité militaire. Le BUND continua jusque dans les années 30 en Pologne puis fut liquidé définitivement par le parti communiste.

 

      La sale propagande actuelle fait de chaque juif un sioniste en puissance, et nous fait croire que cela est ainsi depuis la nuit des temps. Les partisans de tous bords de  division occultent la vérité et réécrivent l'histoire à leur compte. La vérité c'est qu'au début du siècle les pogroms, la privation de tout droit, la condition d'esclavage   les exactions contre les juifs

 

étaient légion. En ces temps troubles le BUND rassemblant des dizaines de milliers de travailleurs en Europe de l'Est s'élevaient d'une voix forte contre le sionisme de droite ou de gauche (mouvement qui donna ensuite les kibboutz).

 

   Lors de son quatrième congrès en 1901 le BUND déclarait : "Le congrès »considère le sionisme comme une réaction de la classe bourgeoise contre l'antisémitisme et la situation anormale du peuple juif [.]. Le sionisme politique érigeant pour but, la création d'un territoire pour le peuple juif, ne peut prétendre résoudre la question juive, [.] ni satisfaire le peuple dans son ensemble [.]Il demeure une utopie irréalisable. Le congrès estime que l'agitation des sionistes est un frein, au développement de la conscience de classe. Que ce soit dans les organisations économiques (caisses)ou politique s(section Bundistes), il ne faut pas admettre les sionistes". Le BUND, au contraire des sionistes, prônaient le combat sur place luttant avec les ouvriers immigrés (polonais, ukrainiens.) ou russes, affirmant, que c'est là où on se trouve, qu'il faut lutter pour la révolution sociale.

 


 

     Le BUND par sa réflexion, sa maturité, était visionnaire sur ce que donnerait la création d'un état juif ; aussi dès 1905 ses militants mettaient en garde les juifs tentés par le sionisme :

 

"ceux qui devraient être expropriés, ne se laisseront sans doute pas faire, les bras croisés. Le capitalisme en (hertz Israël) ne préférerait-il pas la force de travail arabe, bon marché ? Est-ce que les sionistes socialistes, penseraient établir une zone d'implantation spéciale pour les bédouins et promulguer des lois d'exceptions contre les travailleurs migrants non juif?".

 

Transposer l'exploitation d'un pays à un autre, voilà à quoi est voué le sionisme !

 


 

     Et aujourd'hui en Israël ? Tout doucement, des opposants à l'état commencent, à ressortir l'histoire du prolétariat juif des oubliettes, à ne pas oublier, qu'il y a des pauvres et des exploités en Israël. A ne pas oublier non plus que, face à ces derniers, les exploiteurs, que ce soit en Palestine ou en Israël, travaillent, eux, main dans la main ! »

 


 

                                            

 


 


 


 

                                    

 


 


 


 

                                      

 


 

                                      A l’ombre colonialistes

 

 

 L’aristocratie juive d’occident était très influente auprès des gouvernants de ces pays ou les conquêtes coloniales étaient en vogue .Busnach et Bacri ,ces livournais ,sont entrés dans l’histoire d’Algérie ,pour le rôle néfaste qu’ils jouèrent en tant que courtiers  usuriers,intermédiaires entre le royaume de France et le Dey d’Alger, au sujet du blé livré par Alger, à l’armée Française .Le litige fut la cause du fameux coup d’éventail, prétexte, a l’invasion de mon pays ,par la France.

 

     L’expansion du sionisme politique survint dans le contexte colonial, en vogue à l’aube du XX ème siècle. Après la conférence de Berlin, en 1878, il y eut l’embarras du choix , quant aux lieux à accaparer  parmi les territoires dominés par les colonialistes .                       On parla de l’Argentine, de l’Ouganda, de Madagascar et même de la Corse  ?.!..Ils jetèrent enfin leur dévolu ,sur une province perdue par la Turquie vaincue, après la première guerre mondiale .

 

   Le mouvement sioniste dit « progressiste » est un avatar du Bund,la plus grande organisation  de travailleurs juifs en Russie tsariste (Algemayne Yiddischer Arbeteir Bund ).

 

    Contrairement aux militants du Bund ,qui prônaient,en tant que travailleurs,la lutte de classes pour une révolution là ou l’on est,les sionistes dit « de gauche » jusque là sans audience notable,les parasitaient en minimisant la lutte globale,en affirmant que le combat des travailleurs juifs,n’auraient de sens que s’ils se regroupaient en entité propre

 

   Le Paole- Sion,fondé par Ber Borochilov revendique pour le peuple juif,un territoire sur lequel,les juifs pourraient se constituer en classe,dans des conditions « normales »Staline leur offrit un territoire pour se regrouper,mais celui-ci ne leur parut pas viable.

 

  «  Le POAL -SION prêta une attention toute particulière au mouvement d’émigration.. Cette dernière,devant abandonner son caractère chaotique et inconscient et se concentrer sur la Palestine par une colonisation planifiée,afin d’accélérer le processus de production des masses juives et de l’enraciner territorialement.

 

  «..  Au lieu d’aller dans les pays au développement économique trop élevé pour les immigrants juifs,il faut partir dans les pays dont le niveau de développement  est inférieur à la production juive,de sorte que les juifs occupent une position dominante, dans ce pays et ne restent pas confinés dans des travaux marginaux, comme c’était le cas,dans les anciennes communautés juives et les pays d’émigration. Il est nécessaire que la transmigration juive, se défasse de son caractère de simple  immigration et devienne une colonisation ». (Borochov : »Gnundlagen dès Poal-Sionismus »Reprit,Francfort -1969 p.64 )»cité par John  Bunzl )

 

 Toujours selon Borochov, « les juifs émigrants vers la Palestine ,n’auraient pas à affronter « une concurrence nationale »,la majorité de la population « fellahs » devant être assimilés dans une Palestine juive…. » Aussi curieux que cela paraisse, c’est ainsi que parle ce farouche adversaire de l’assimilation des juifs . ». 

 

  «  L’ignorance volontaire des Palestiniens s’explique par la focalisation sur la souffrance des juifs Européens ,note John Bunzl ,l’auteur de « Klassenkampf in der Diaspora-Vienne -1976 »

 

       La grande Bretagne avait pour mission, de gérer la Palestine le temps qu’il fallait, pour que le peuple palestinien prenne ses destinés en main .C’est là que naquit la convoitise sioniste, qui mit tout le poids de son influence, notamment financière et électorale, pour convaincre lord Balfour, à laisser se  créer un  foyer national juif, sur cette terre considérée « sans peuple pour un peuple sans terre ». Ce  sera le début du calvaire des Palestiniens, qui n’avaient plus que leurs yeux pour pleurer, faute de moyens, de résister efficacement, à ces envahisseurs,.Ce fut le début de la »Nakba »  (catastrophe) ;un exil aboutissant  à la clochardisation de tout un peuple, dont la moitié croupit depuis plus d’un demi siècle, dans des camps de réfugiés, en attendant le retour et la récupération de sa terre spoliée par les  israéliens .Le 15 Juin 1969 ,madame Golda Meir déclarait au Sunday Times .. »..Il n’y a pas de peuple palestinien .Ce  n’est pas comme si nous venions les mettre à la porte et leur prendre leur pays. Ils n’existent pas… » Comme cynisme, on ne fait pas mieux. .Cela se passe de commentaires.

 

  «..  L’idée de création d’un Etat hébreu en Palestine germa d’abord dans les esprits britanniques dans le but d’encourir aux desseins impérialistes de la Grande Bretagne ,une vingtaine d’années avant même la venue au monde de Th .Herzl et 56 ans avant la publication à Vienne, en Février 1896,de son œuvre maîtresse »L’Etat juif »  (S.E. Chazli)

 

Selon un groupe d’études et de recherches :

 

    «  Bien que Théodore Hertzl ait une confiance absolue, dans l’avenir du peuple juif,il sait que celui ci ne pourra s’installer en Palestine que s’il trouve une grande puissance qui le prenne sous sa protection .Peu importe laquelle,pourvu qu’elle soit assez forte et possède des intérêts dans la région. Durant toutes les dernières années de sa vie,Hertzl ira de capitale en capitale,dans l’espoir d’intéresser à sa cause un gouvernement étranger.

 

   Commençant par les français,il leur dit en 1897 :

 

  «  Le pays que nous nous proposons d’occuper inclura la basse -Egypte,le sud de la Syrie et la partie méridionale du Liban. Cette position…nous rendra maîtres du commerce de l’Inde,de l’Arabie et de l’Afrique de l’est et du sud . La France ne peut avoir d’autre désir que de voir la route des indes et de la Chine occupée par un peuple prêt à le suivre jusqu’à la mort…Quel peuple serait plus adapté à cette tache que les juifs,qui y ont été prédestinés dès le début de leur histoire ?Français et juifs. .nul doute qu’ils n’aient été crées les uns pour les autres »

 

  Mais cette proposition ne rencontrera pas d’échos qu’ils espéraient.

 

  En 1898 ,au cours d’un voyage qu’il fait dans le Proche Orient à la tête d’une délégation Sioniste,Herzl est reçu à Jérusalem par l’empereur d’Allemagne Guillaume II,en présence du chancelier Von Bulow. Le fondateur du Congrès de Bale lui expose ses projets. C’est l’époque ou l’Allemagne cherche à pénétrer en Orient et préparer la construction d’un chemin de fer Berlin -Bagdad .L’auteur de « l’Etat juif »,fait valoir à Guillaume II combien une colonisation juive dans cette région du monde, favoriserait la politique expansionniste de l’Allemagne. Il lui déclare :

 

  « Nous désirons établir,sur le littoral oriental de la méditerrané,un centre moderne de culture et de commerce,qui apportera un appui direct et indirect de l’expansion du germanisme »

 

   Guillaume II l’écoute avec beaucoup d’attention et lui répond :  « Les tentatives sionistes en Palestine seront assurées de ma bienveillance,à condition de ne pas porter atteinte à la souveraineté de mon alliée, la Turquie  »

 

   Fort de cet appui, Herzl va voir le sultan Abdul Hamid, sous la souveraineté duquel est placée la Palestine   .Le 18 mai 1901,au cours d’une première entrevue ,il lui présente un plan- dit « charte de la Palestine  » - il prévoit l’achat de l’autonomie administrative et le regroupement des colonies juives individuelles ,dispersée sur son territoire (1) .Il lui explique que l’octroi de cette « charte » lui vaudra la faveur des juifs du monde entier,c'est-à-dire une aide financière importante,qui lui permettra de mieux résister aux pressions des grandes puissances qui cherchent à démembrer l’empire.

 

  Comme le sultan se montre réticent,Herzl offre de verser 1.600.000 livres sterling à sa cassette personnelle, s’il consent à ratifier la charte qu’il propose .Le sultan fait répondre à Herzl par l’entremise de son grand Vizir :

 

   « Conseillez au docteur Herzl de ne pas insister sur cette question .Je ne puis aliéner fut ce un pied carré de mes terres car, elles ne m’appartiennent pas ;elles appartiennent à mon peuple .Mon peuple l’a conquis et arrosé de son sang .Que les juifs gardent leurs millions .Si mon empire est démembré,peu être obtiendront ils la Palestine pour rien,mais ils devront, pour cela, nous passer sur le corps .Je ne puis accepter cette vivisection »

 

  En même temps le sultan fait savoir qu’il interdit aux voyageurs israélites de séjourner plus de trois mois en Palestine .L’ambassadeur d’Italie à Constantinople, intervient auprès d’Abdul  Hamid pour tenter de le ramener à de meilleures sentiments .Il lui fait valoir que son intransigeance risque de lui attirer des désagréments .Le sultan reçoit une deuxième fois Herzl .Il le décore de l’Ordre de la Midjidje ,mais ne lui accorde rien de plus..

 

  Dépité,Herzl se tourne alors vers la Russie qui est l’ennemi héréditaire de la Turquie en raison de ses visées séculaires sur Constantinople et les détroits. Il s’installe à Saint Pétersbourg ou le ministre de l’intérieur vient d’interdire  les réunions sionistes qui dégénèrent souvent en conférences de propagande révolutionnaires .Il lui fait valoir que l’installation d’une colonie juive en Palestine accélèrera la désagrégation de l’empire ottoman » Herzl déploie tant d’éloquence qu’il finit par obtenir de M. De Plehve ,la promesse que le gouvernement russe apportera une aide matérielle et morale à son plan d’émigration,à condition que cesse toute agitation politique juive en Russie et que les émigrés contribuent aux frais du voyage Mais Herzl meurt avant que ce projet ne se réalise (1904).

 

  Son successeur à la tête du mouvement sioniste ,l’écrivain allemand Max Nordau, préfère la protection allemande, à la protection russe .Il retourne voir Guillaume  II auquel il dit :

 

  « Grâce à l’immigration juive, la Palestine pourrait devenir une importante base politique et commerciale,un Gibraltar germano-Turc sur les frontières de l’Océan anglo-arabe »

 

  Guillaume accueille ce projet avec faveur,toujours sous réserve de l’acceptation du sultan .Mais il espère parvenir à lui en faire comprendre l’avantage. Sous influence de Nordau,qui croit déjà avoir gagné la partie,la section allemande de « l’alliance israélite Universelle » se détache de la société mère,dont le siège est à Paris,et devient autonome sous le nom de Hilfsverein der Deutschen Juden.

 

   En 1914,au moment ou éclate la première guerre mondiale,toutes les grandes associations sionistes ont leur siège à Berlin (1)

 

  Ne voulant cependant pas compromettre l’avenir de leur cause, en prenant prématurément parti pour un camp ou pour un autre,les organisations sionistes estiment préférables de se transférer dans les pays neutres,à la Hayes et à Copenhague,en attendant de voir de quel coté, penchera la balance .Bientôt ,il apparaît que la victoire des empires centraux n’est nullement assurée. C’est alors que  les chefs du mouvement sioniste,Nahum Sokolov et Chaïm  Weizmann décident de jouer à fond la carte anglo -américaine. Ils fondent à Londres un « comité britannique pour la Palestine  »  (2)   Presque simultanément .

 

 

26 Mars 1916 ,se crée à Philadelphie un comité qui se propose de « préparer les revendications qui devront être présentées,au nom du judaïsme au congrès de la paix »

 

 

  Peu après ,Chaïm Weizmann écrit à l’Américain Lewis D .Brandeis :

 

  « Une Palestine juive,instaurée par l’Angleterre et soutenue par l’Amérique portera un coup mortel à la domination combinée de l’Islam,des Prussiens et des Turcs en Orient » (3)

 

  Ainsi s’amorcent en Angleterre et aux Etats-Unis,les tractations qui aboutirent à la « déclaration Balfour « ..(4)

 

 (1)André Spire : Les juifs et la guerre.

 

 (2) British Committee for Palestine.

 

(3) Lettre du docteur Weizmann à Lewis D.Brandeis,le 14 janvier 1918.

 

(4) ajoutons qu’en 1944 ,M. Ben Horin déclarera à l’Union Soviétique : « En encourageant l’immigration juive, la Russie soviétique ne s’attirera pas seulement la gratitude éternelle de beaucoup de groupements juifs dans le monde. Elle y gagnerait elle-même,une position excellente au Moyen Orient »

 

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