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Samedi 02 Février 2008

‘Au fil des jours,une vie..’

 

 

Préface de mon premier roman écrit  durant la guerre de libération que je cite dans mon livre mémoire ‘Au fil des jours une vie’ hélas dédaigné par nos éditeurs et que je laisserai à la postérité. (Déposé à l’ONDA en 2002)

 

Ceux qui voudraient lire au moins les deux premiers chapitres ,n’ont qu’à utiliser google ou yahoo_ cliquer sur mohamed arabdiou  puis recherche..

 

 

La mutation

 

 

Moi, journaliste ? Qui l’aurait cru ?..

 

Dans le temps, alors que je trimais en usine à Paris, deux reporters en chaire et en os, étaient venus dans la chambrée que je partageais avec deux autres travailleurs émigrés. Ils nous avaient fait l’honneur de prendre le thé avec nous.. Ce n’était pas des correspondants de « France Soir » ou de « L’Humanité », c’était seulement, les représentants d’un obscur syndicat de locataires, mais quand même, c’était des journalistes ! L’un d’eux, avait un appareil photo armé d’un énorme objectif noir et agressif.. tellement impressionnant pour les jeunes ouvriers que nous étions.

 

Depuis toujours, alors que la plupart de mes amis d’enfance, se passionnaient pour le football, le cinéma ou autre course, mon dada à moi, c’était , la politique, d’ou ,la lecture effrénée de journaux. J’en lisais de toutes les tendances. Mais voir des journalistes et leur parler, c’était un événement de premier  ordre. Ils n’ont pas écrit d’articles sur notre misérable condition, mais je n’oublierai jamais ,cette première rencontre..

 

Un jour ,j’avais même écrit  à « Franc-tireur » un quotidien Parisien, aujourd’hui disparu. C’était au lendemain du 14 Juillet 1953. Alors que nous manifestions,de la Bastille à la Nation ,la police, nous chargea. Après l’affrontement, on dénombra des dizaines de blessés et sept morts, tués par balles, sur le pavé, dont un jeune Cégétiste Français.

 

Notre crime ,avait été d’avoir scandé des mots d’ordre nationalistes tel que « INDEPENDANCE ! » ou «  LIBEREZ MOHAMED BEN YOUCEF ! » .. (roi du Maroc, alors exilé à Madagascar). Le lendemain, les journaux étaient déchaînés contre le MTLD et les Algériens en général. Le seul, qui me parut nuancé, c’était l’édito de «  Franc-tireur » intitulé : « Ils ont leur Portoricains, nous avons nos Algériens.. » Ma naïveté de chérubin, me fit croire, que ce journal qui, sur ton paternaliste, réclamait une espèce d’assimilation, était de bonne foi. A moi donc Mohamed, de l’éclairer, afin qu’il comprenne la justesse de notre cause et qu’il se mette à l’écrire.. Après avoir posté ma lettre, je passais une nuit blanche, dans l’attente de la première édition. Le lendemain dés l’aube, j’étais debout, à feuilleter le journal, devant mon café crème, chez Dupont de Barbès. Pas d’article évidemment…

 

Il est vrai que mon style, n’incitait guère à l’attention. Je n’avais que le certificat d’études primaire et je me permettais d’écrire à un grand journal !.. A présent, après 40 ans ,dans la profession, je sais que ,même mal écrite, ma lettre aurait pu paraître après correction, à condition qu’elle abonde dans le sens du colonialisme. Dans ma missive, je les contredisais, quelle prétention !..

 

Par quel miracle, moi, ancien marchand de poissons, de mon état, puis tourneur, commerçant, grutier etc.. , suis-je devenu rédacteur ?

 

Les premiers à qui je dois cette promotion, ce sont les martyrs qui payèrent de leur vie, cette indépendance, sans laquelle, je n’aurai jamais accédé à cette profession.

 

Figurez-vous que, dans mes prétentions, je suis récidiviste. Non seulement j’écrivais aux journaux, mais je jouais également, au romancier..

 

Avec la guerre de libération que je vécu en acteur et non en spectateur, j’avais observé une multitude de détails significatifs , de la nature humaine .Ce qui me fit poser une question audacieuse. Pourquoi ne pas écrire un livre ? C’est ainsi,qu’en 1961, alors que le pays était encore en lutte, naquit «  La pièce d’argent » mon premier roman ,qui ne me rapporta pas d’argent ,mais qui me servit de tremplin ,me hissant aux salles de rédactions. C’était en 1962, juste après les fêtes de l’indépendance.

 

L’Algérie manquait cruellement de cadres, dans tous les domaines. Par besoin, on me donna ma chance ; une chance que je saisis ferment et ne relâchais plus,  tellement cette profession, cadrait avec mon tempérament.

 

   Aujourd’hui, une nouvelle génération prend la relève. Il m’arrive parfois, d’être furieux, contre les positions politiques de certains d’entre eux, mais au fond de moi même, je suis fier de mes jeunes collègues.. Ne nous égarons pas !..et ..revenons au sujet. Qui suis-je ? D’ou je viens ?.                                  

 

                                                       Mohamed Arabdiou

 

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