Alain Ménargues "démissionné" après ses
propos sur Israël
PARIS - lundi 18 octobre 2004 - (extraits des differentes agences de presse) - Alain Ménargues a démissionné lundi 18 octobre 2004 de ses fonctions de directeur de l'information de Radio France Internationale (RFI) et de vice président de RMC-Moyen Orient, en réponse aux attaques juives suscitées par ses opinions et propos sur Israël et les ghettos juifs.
Selon la direction de RFI, il n'y a pas eu faute sur l'antenne de RFI, où M. Ménargues a été nommé fin juillet.
Longtemps correspondant de Radio France au Moyen-Orient, M. Ménargues, 57 ans, a fait ces derniers jours la promotion de son livre "Le mur de Sharon", dans plusieurs médias français. Il a tenu des propos comme "Israël est un Etat raciste" ou encore, sur Radio Courtoisie, "Quel a été le premier ghetto au monde? Il était à Venise. Qui est-ce qui l'a créé? C'est les juifs mêmes pour se séparer du reste".
Ces déclarations ont provoqué de très vives réactions d'associations juives françaises et du ministère français des Affaires étrangères.
M. Ménargues, interrogé par des journalistes à la suite de sa démission, a expliqué "avoir décidé de se taire". "On a (à RFI) un actionnaire qui s'appelle le ministère des Affaires étrangères. Dès l'instant où le porte-parole (du ministère), à mon sens piégé par une question, répond que ce que j'ai dit est intolérable, j'en tire les conséquences", a-t-il ajouté.
La polémique s'est développée alors que le ministre des Affaires étrangères, Michel Barnier effectue depuis dimanche et jusqu'à mardi une visite en Israël.
La démission de M. Ménargues a été rendue publique alors qu'il venait de s'expliquer devant les rédactions de RFI et RMC-MO réunies en assemblée générale à l'appel de l'intersyndicale CFDT, SNJ et SNJ-CGT.
Lors d'une AG houleuse dans une salle de rédaction bondée, M. Ménargues a notamment déclaré: "ce que je peux penser ne s'est jamais traduit sur l'antenne, il n'y a jamais eu de dérive éditoriale".
"Je n'ai pas été invité (dans ces émissions, ndlr) au titre de directeur, j'ai été invité au titre d'auteur", a-t-il souligné.
"Je pense que le directeur de l'information n'a pas de liberté d'expression (...) parce qu'il incarne RFI", a rétorqué une journaliste juif.
"Pourquoi est-ce que dès qu'il s'agit d'Israël il y a cette inquisition ? ", a demandé un autre journaliste.
"Je pense qu'il s'est créé pas mal d'inimitiés assez rapidement (...) et que (...) ces propos sont aujourd'hui l'occasion de lui faire la peau dans un tribunal populaire", a estimé un autre participant.
L'intersyndicale a "pris acte" lundi dans un communiqué "de la démission d'Alain Ménargues annoncée "alors qu'une demi-heure avant le PDG lui accordait +son entière confiance".
Les francais libres sont indignés par la campagne de calomnies et les pressions en vue de sanctions à l’encontre de M. Alain Ménargues, directeur de l’information de RFI pour ses propos condamnant la politique raciste du gouvernement Sharon.
En effet, au moment où l’armée israélienne vient une fois de plus, dans la quasi indifférence des gouvernements démocratiques, de montrer le mépris qu’elle a de la vie des Palestiniens, de l’opinion internationale mais aussi de la paix en menant une invasion meurtrière des territoires palestiniens (120 morts et 500 blessés lors de l’opération « jours de pénitence »), au moment où seules des sanctions internationales pourraient freiner cette escalade de la violence et un déni de justice menaçant les deux peuples, nous dénonçons avec vigueur les tentatives de faire taire ceux qui, comme M. Alain Ménargues, en dépit du lâche silence de la plupart des média et des multiples intimidations, refusent d’étouffer leur conscience.
Face au racisme, à l’injustice et au cynisme guerrier, l’histoire nous l’apprend, il ne peut y avoir de devoir de réserve comme le prétendent ses détracteurs. Il y a en revanche, une obligation d’indignation et c’est tout à l’honneur de M. Ménargues de s’y être conformé..
Il est urgent de nous mobiliser et de protester contre les calomnies, les pressions et les menaces qui pèsent sur ce dernier et qui n’ont pas d’autre objectif que d’infléchir la ligne éditoriale de RFI au détriment du peuple palestinien.


