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(Roman de M. Arabdiou publié en 1989.
Cela faisait plus d’une demi-heure que Sidki attendait .En regardant sa montre,il se demanda ,si on ne l’avait pas oublié,à moins que …Sidki commença à s’inquiéter.
A Paris,son ami Doudou l’avait assuré qu’on lui réserverait bon accueil…Pour plus d’assurance,l’épicier avait pris soin de téléphoner…
Sidki prit une des revues , qu’il se mit à feuilleter,mais il n’arriva pas à lire une seule ligne ;se contentant de voir les images .Il déposa la publication et se mit à examiner la moquette ,ainsi que les fauteuils luxueux,sans doute importés à coups de devises…En face de lui,un rectangle de la cloison , en couleur plus claire , rappelait le portrait de l’ex-président Sambo , retiré hâtivement.
-Après trois mois,ils sont encore gênés de mettre la photo du nouveau patron, se dit Sidki.
Le visiteur entendit la sonnerie du téléphone de l’appariteur .L’agent répondit,puis il se leva pour inviter Sidki , à le suivre,jusqu’à l’entrée du bureau du ministre.
Touré l’accueillit avec un large sourire,en lui tendant les deux mains.
Avant de s’asseoir,il appuya sur un bouton. Un homme frappa et entra .Touré demanda à Sidki, ce qu’il prenait L’invité commanda un thé. L’homme prit note et se retira. Cinq minutes après,il revint avec un plateau,qu’il déposa sur la petite table.
-Comment va Doudou,demanda Touré
-C’est un vieil ami de la famille…j’ai reçu sa lettre. Il a également téléphoné .Cela prouve qu’il t’aime bien. Je sais, que tu as réussi tes examens avec mention .De nos jours,vois-tu,c’est ça,le vrai patriotisme,s’instruire,se former afin de nous libérer de la tutelle étrangère .Nous avons grand besoin de cadres comme toi ;dans tous les domaines. Quand es-tu arrivé ?
-Il y a deux jours.
-Repose-toi une ou deux semaines Dés que tu te sentiras d’attaque, viens .Tout est prêt pour te recevoir…Tu seras mon conseiller juridique.
-Merci monsieur le ministre,mais je suis prêt…
-Tant mieux. Ah,j’oubliais…j’espère qu’à présent,les mauvaises fréquentations,c’est terminé. Le passé ? c’est oublié…Les erreurs de jeunesse,qui n’en a pas commis ?A présent,il faut avoir les pieds sur terre. C’est ça le vrai patriotisme,travailler pour construire le pays et non hurler avec les désoeuvrés qui ne savent rien d’autre , que l’agitation.
-Je ne connais pas de désoeuvrés,monsieur le ministre !
-A la bonne heure !...C’est ce que je voulais t’entendre dire…Cela me rassure. Tu verras, que ce sera mieux pour tout le monde.
Le lendemain en arrivant, Sidki trouva prêt son bureau,installé à l’antichambre de celui de Touré.
A la secrétaire,il demanda , si le patron était déjà là. Tout en continuant à se limer les ongles,celle-ci répondit ,sur un ton de surprise.
-Pensez-vous !il n’arrivera que vers onze heures…Vous voulez un café ?
Le même jour, durant la soirée,Sidki discute avec des amis,tout en jouant aux dominos.
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Cette monoculture aggrave notre état de dépendance..
Après un court silence,le partenaire de Sidki ajouta :
-Ils ont installé une usine,là ou nous devions construire un lycée
-C’est tout de même une entreprise créatrice d’emplois,dit l’ancien étudiant.- Parlons-en de ces emplois .Sais-tu ce que gagne un ouvrier bolongui ?Même pas le tiers du salaire des Européens .J’ai vu les anciennes fiches de paye.
-Peu t- ère qu’avec le nouveau régime…dit Sidki.
-Quel nouveau régime ? C’est blanc bonnet et bonnet blanc,une révolution de palais.
Sambo est parti,son gendre le remplace.
-Cela ne fait que trois mois, qu’il est au Pouvoir. Ce n’est pas suffisant, pour procéder à des réformes.
-Il suffit de voir la composition de ce gouvernement, pour être édifié…
A son ami qui s’animait,Sidki rappela que c’était à son tour, de jouer. Ce dernier pensait tellement peu au jeu ,qu’il perdit la partie.
-Garçon !à boire !...
(à suivre..)



