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Lundi 18 Décembre 2006

‘Ceux qui tirent les ficelles’  - suite

 

Essai de M.Arabdiou   -2003

 

      Les milices du Bétar se livrèrent, dans ce palais de Justice, à une véritable ratonnade, contre six journalistes dont deux durent être hospitalisés d'urgence à l'Hôtel Dieu.

 

     «..Cette contradiction du sionisme était contemporaine de la création de l'Etat d'Israël: Ben Gourion, "un homme qui considérait le judaïsme comme la catastrophe historique du peuple"  (Comme témoigne le professeur Leibowitz en rapportant ses conversations avec lui. (dans son livre: Israël et judaïsme, Ed. Desclée de Brouwer p. 138) avait fait en 1948, un compromis avec les juifs orthodoxes. Bien qu'il souhaitât la séparation de la religion et de l'Etat, il imposa l'enseignement religieux dans les écoles (pour maintenir la clé de voûte de la doctrine sioniste sur la Promesse de la terre), et il accepta que les lois sur le mariage, le divorce, les funérailles, relèvent de la tradition talmudique du rabbinat.

 

Une loi dite: "Loi sur la juridiction des tribunaux rabbiniques" (loi 5713. 1953) stipule:

 

"- Article 1: Tout ce qui concerne le mariage ou le divorce des Juifs en Israël, nationaux ou résidents, est exclusivement de la compétence des tribunaux rabbiniques.

 

- Article 2: Les mariages et divorces des Juifs s'effectueront, en Israël, en vertu de la loi établie par la Thora. "

 

Après 1967, il fallut donc dans le même esprit, donner une signification messianique à toute l'histoire, la fondation de l'Etat d'Israël devenant un événement eschatologique et se trouvant ainsi sacralisé comme une nouvelle idole.

 

C'est en ce sens que Schlomo  Avineri pouvait écrire: "Être juif aujourd'hui signifie être lié à Israël." (The making of modern Zionism) (1981, p. 219)

 

Cette sacralisation comportait de multiples conséquences: L'Holocauste devenait un argument fondamental à l'appui de l'idée de la création de l'Etat d'Israël et de sa politique. placer au-dessus de toute loi humaine, en particulier ne tenir aucun compte des résolutions ou des condamnations des Nations Unies.

 

Dès la décision de partage de la Palestine , Ben Gourion déclarait: "L'Etat d'Israël considère que la résolution des Nations Unies du 29 novembre 1947, est nulle et non avenue." (New York Times du 6 décembre 1953) et il commençait son oeuvre de grand expulseur.

 

Une autre conséquence fut la prétention de cet Etat de considérer ses lois comme prévalant sur la loi de tous les autres peuples.

 

Les dirigeants sionistes ne cachaient pas ce rôle de leur lobby. Ben Gourion déclarait clairement: "Quand un Juif, en Amérique ou en Afrique du Sud, parle à ses compagnons juifs de "notre" gouvernement, il entend le gouvernement d'Israël." (Source: Rebirth and Destiny of Israël, 1954, p. 48"”

 

    Pour mémoire, voici  L’article d’Elie Barnavi ,un des militants actifs  de la cause sioniste  qui fut ambassadeur d’Israël à Paris, dans le Monde du 3-4 août 1986 :

 

   … »Le 22 juillet 1946,peu avant 12 heures, à Jérusalem, a bord d’une camionnette chargée de bidons de lait, huit arabes se dirigent vers l’entrée de service du café «  La Régence établissement luxueux situé dans l’aile sud de l’Hôtel Du Roi David ,qui abrite aussi le Q.G de l’administration civile et militaire britannique en Palestine.

 

  Les « arabes »,ce sont des hommes de l’Irgoun ,la milice de droite commandée par Menna hem Begin. Quand aux bidons de lait, ils sont bourrés d’explosif et munis d’un dispositif à retardement.

 

 La camionnette s’arrête devant l’entrée, deux hommes en descendent et maîtrisent la sentinelle, qu’ils poussent dans la cuisine .Le chef du commando Lévy ,revolver au poing, y  enferme tous ceux qui traînent par là, cuisiniers et garçons de salle .Il poste des vigiles aux accès, puis met en place ses bidons -sept charges de 50 kgs chacune, soit 350 kgs de dynamites .Les prisonniers des cuisines se voient intimer l’ordre de décamper au bout de cinq minutes, et le commando commence à vider les lieux. Il est environ12h15.

 

 Cinq minutes plus tard, dans la rue, quelque chose explose, gros pétard destinée à faire fuir les passants -version Irgoun—ou engin incendiaire pour empêcher les forces de l’ordre de s’approcher version de la police.- peut-être les deux. .En tout cas, est ce là le signal convenu pour avertir les anglais :successivement, de trois endroits différents, une jeune fille de l’Irgoun appelle le central de l’Hôtel,,la rédaction du Palestine Post et le consulat de France, situé à proximité.

 

  Cependant, à l’intérieur, le commando a des ennuis .Un officier bute contre les hommes en retraite. Ceux ci tentent de le pousser dans les cuisines, l’Anglais résiste ,s’enfuit, et  est finalement abattu .Alertés par le bruit ,d’autres militaires surgissent, des coups de feu éclatent.

 

.Le commando réussit à sortir dans le hululement de la sirène que quelqu’un actionne dans les caves .La camionnette étant la cible d’un tir nourri, les hommes l’abandonnent et fuient à pieds, sous les balles vers la voiture qui les attend à 200 mètres de là ,du coté du consulat. Deux sont atteints, dont l’un Aharon Abrahami ,succombera à ses blessures.

 

 

 

  A 12h31,les policiers qui ignorent tout de ce qui se passe à l’intérieur ,décident que l’engin qui a explosé dans la rue suffit pour la journée, et donne le signal de la fin de l’alerte. Ce n’est qu’a ce moment que les gens des cuisines débouchent en courant dans le hall d’entrée et racontent ce qu’ils ont vu .Mais il est trop tard .Une formidable exposions secoue l’édifice, les six étages de

 

l’aile sud s’effondrent et ensevelissent sous les décombres 91morts dont 41 arabes,25 Britanniques et 17 juifs. 

 

  Pour les israéliens, ce n’est pas du terrorisme, mais « une action de résistance » contre l’Angleterre qui, après avoir ouvert la boite de Pandore, se retrouva la cible du diable..

 

   Le lecteur remarquera le style d’épopée utilisé  par S.Barnavi le militant sioniste ..

 

 

                                                                        ( A suivre)

 

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