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Vendredi 03 Novembre 2006

Témoignage :

 

Pourquoi Islam s’est vite répandu ?

 

Par Gustave Lebon

 

 

   «  ..L’habileté politique que déployèrent les premiers successeurs de Mahomet fut à la hauteur des talents guerriers qu’ils surent bien vite acquérir Dès leurs premiers combats, ils se trouvèrent en présence de populations que des maître divers tyrannisaient sans pitié depuis des siècles et qui  ne pouvaient qu’accueillir avec joie des conquérants qui leur rendaient la vie moins dure .La conduite à tenir était clairement indiquée et les Khalifes surent sacrifier aux intérêts de leur politique toute idée de conversion violente. Loin de chercher à imposer par la force, leur croyance aux peuples soumis, comme on le répète toujours, ils déclaraient partout vouloir respecter leur foi, leur usages et leurs coutumes .En échange de la paix qu’ils leur assuraient, il ne leur imposaient qu’un tribut très faible et toujours inférieur aux impôts que levaient sur eux, leurs anciens maîtres.

 

  Avant d’entreprendre la conquête d’un pays, les arabes y envoyaient toujours des ambassadeurs chargés de propositions de conciliation. Ces propositions étaient presque partout identiques à celle que, suivant  l’historien arabe El Maycyn, Amrou fit faire en l’an 17 de l’hégire, aux habitants de la ville de Gaza, assiégée par lui et qui furent faites également aux égyptiens et aux perses. Les voici :

 

  .. »  Notre maître nous ordonne de vous faire la guerre, si vous ne recevez pas sa loi. Soyez des nôtres ,devenez nos frères, adoptez nos intérêts et nos sentiments et nous ne vous ferons point de mal. Si vous ne le voulez pas, passez nous un tribut annuel avec exactitude, tant que vous vivrez et nous combattrons pour vous  contre ceux qui voudraient vous nuire et qui seront vos ennemis de quelque façon que ce soit et nous vous garderons fidèle alliance. Si vous refusez, il n’y aura plus entre vous et nous, que l’épée et nous vous ferons la guerre jusqu’à ce que nous ayons accompli ce que Dieu nous commande. »

 

    La conduite du Khalife Omar à Jérusalem nous montre avec quelle douceur, les conquérants arabes traitaient les vaincus et contraste singulièrement avec les procédés des croisés dans la même ville, quelques siècles plus tard ,Omar ne voulut pas entrer dans la cité sainte, qu’avec un petit nombre de ses compagnons. Il demanda au patriarche Sophronius de l’accompagner dans la visite qu’il voulut faire dans les lieux consacrés par la tradition religieuse et déclara en suite aux habitants qu’ils étaient en sécurité, que leurs biens et leurs églises seraient respectés et que les mahométans ne pourraient faire de prières dans les églises chrétiennes.

 

     La conduite D’Amrou en Egypte ne fut pas moins bienveillante .Il proposa aux habitants une liberté religieuse complète, une justice impartiale pour tous, l’inviolabilité des propriétés et les remplacement des impôts arbitraires et excessifs des empereurs grecs pour un tribut annuel fixé à 15 francs  par tête. Les habitants des provinces se montraient tellement satisfaits de ces propositions qu’ils se hâtèrent d’adhérer au traité et payèrent d’avance le tribut. Les arabes respectèrent si religieusement les conventions acceptées et se rendirent si agréables aux populations soumises autrefois aux vexations des agents chrétiens de l’empereur de Constantinople que toute l’Égypte adopta avec empressement leur religion et leur langue. C’est là, je le répète, un des résultats qu’on n’obtient jamais par la force. Aucun des peuples qui avaient dominé l’Egypte avant les arabes, ne l’avait obtenu ».

 

  Dans toute les contrées de l’Afrique et de l’Asie ou ils ont pénétré, depuis le Maroc jusqu’à l’Inde, cette influence semble s’être implantée pour toujours. Des conquérants nouveaux sont venus remplacer les arabes. Aucun  n’a pu détruire leur religion et leur langue .Un sel peuple-les espagnols – à réussi a se débarrasser de la civilisation arabe, mais nous verrons qu’il ne l’a fait qu’au prix de la plus irrémédiable décadence. »

 

(‘La civilisation des arabes’ éditions SNED -Par Gustave Lebon, auteur, entre autre, du classique ’La psychologie des foules’ ( 1930)

 

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