1.-- Le monde au bout de son rouleau
Par la vieille taupe
Le spectacle de cette étrange fin du vingtième siècle ressemble au dernier acte d'une tragédie. Les hommes se multiplient comme des lapins, un capitalisme sauvage détruit la terre et des catastrophes écologiques se profilent à l'horizon. Une frénésie universelle de gagner de l'argent tient lieu d'idéal. La nature humaine, ce mélange d'égoisme et de rapacité, s'épanouit dans la civilisation marchande comme des tomates dans une serre. La poursuite du profit a balayé les vieilleries de la religion, des coutumes et des traditions. Toutes les grandes villes se ressemblent. De New-York à Singapour, en passant par Francfort, ce sont des buildings hideux habités par des zombies qui se nourrissent d'aliments surgelés, regardent les mêmes feuilletons télévisés et écoutent la même musique préfabriquée. Quant aux politiques, ils débitent le même discours d'un bout à l'autre de la planète, trois cent soixante-cinq jours par an: "Libertés... progrès... démocratie... croissance... droits de l'homme".
Nous vivons une époque formidable.
L'Union Soviétique s'est démembrée, le tiers-monde s'enfonce dans la misère, et de nouvelles puissances économiques émergent en Asie. L'Allemagne est réunifiée,


