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Dimanche 08 Octobre 2006

 

Introduction à l’idéologie chrétienne,

 

 

 

Selon Enrico.

 

                       La culpabilisation

 

Le christianisme, et en particulier sa variante catholique, ont une vision de l'homme qui n'est guère positive. L'être humain est un pêcheur, c'est à dire qu'il fait le mal, de manière continue et répétée, et seulement la foi, c'est à dire l'abandon du libre-arbitre au profit d'une adhésion inconditionnelle à l'idéologie chrétienne, peut le sauver de ses péchés.

 

L'église a d'ailleurs inventé un mythe complexe sur le fait que "Jésus est mort pour nos péchés": soi disant, nous devrions tous être reconnaissants à dieu d'avoir fait mourir son fils pour que nous puissions nous racheter de nos péchés. Bien sûr, c'est une histoire qui se mord la queue:

 

  • Dieu crée l'homme - pêcheur

     

  • Donc l'homme pêche

     

  • Dieu décide ce qui est péché et ce qui ne l'est pas

     

  • Dieu décide ce qu'il pardonne et ce qu'il ne pardonne pas

     

  • Dieu décide d'envoyer son fils mourir sur la croix pour qu'il puisse lui-même pardonner ses propres créatures des péchés qu'il a lui-même définis comme tels, et qu'il pardonne selon ses propres critères

     

C'est une histoire à dormir debout, mais elle joue un rôle central dans le christianisme: Jésus étant mort "pour nous", "pour nos péchés", c'est un péché (encore un !) de ne pas le reconnaître et de ne pas y croire. La construction est habile, et permet de culpabiliser d'avantage les ouailles.

 

Pour rendre plus crédible ce modèle de l'homme intrinsèquement mauvais et pêcheur, l'église a définit ce qui est bien et ce qui est mal. La liste de ce qui est mal défie la raison: elle est très vaste, longue et complexe. Certains péchés sont difficile à expliquer, même pour un théologien, comme par exemple "la concupiscence". Le motif de cette définition très extensive et vague du péché est de rendre plus crédible auprès de adhérents l'idée qu'ils ne sont que des pécheurs, indignes d'être sauvés. Le mal est donc défini de manière suffisamment large pour devenir inévitable. Il est par exemple péché, selon l'église catholique, de communier sans se confesser avant. Les difficultés de recrutement de confesseurs ont porté l'église de plusieurs pays à être discrète sur ce péché particulier, mais les enfants italiens apprennent encore aujourd’hui que c'est un péché mortel de communier sans confession préalable.

 

Malheureusement, cette culpabilisation a des effets néfastes. Prenons l'exemple de la sexualité, qui est l'un des terrains d'interdits favoris de l'église. Ainsi, selon l'église, il est "péché", entre autres, d'avoir des relations sexuelles sans mariage, de ne pas en avoir après le mariage, d'avoir des relations sexuelles pour le plaisir (on ne peut en avoir que pour procréer), d'utiliser un quelconque moyen contraceptif, d'avoir des relations homosexuelles, de se masturber, etc. etc.

 

Cette culpabilisation du sexe a eu des conséquences sociales néfastes: d'une part, les mères seules sont montrées du doigt comme pécheresses. D'autre part le jeune homme catholique se voit de fait condamné au mensonge: ils serait physiologiquement très malsain de ne jamais avoir ni acte sexuels ni masturbations jusqu'à 22-30 ans, âges typiques de mariage. Cette obligation de vivre en privé en contredisant ses propres principes affirmés en public porte à une acceptation du mensonge comme utilitaire social, acceptation qui est néfaste. Le fait que les italiens soient habitués à la double morale catholique a sûrement joué un rôle dans l'histoire politique de l'entre deux guerres, où l'on vit la majorité de la population parler mal du régime fasciste en privé tout en hurlant d'enthousiasme en public: les italiens vécurent cette dichotomie avec peu d'efforts, car l'église catholique les avait habitués à cette dichotomie foi affirmée en public - opinion réelle privée depuis des siècles, et elle était profondément ancrée dans la culture.

 

D'autre part, cette culpabilisation a pour effet de relativiser le mal que l'on peut faire: si emprisonner un opposant politique est un péché "mortel", tout comme ne pas se confesser avant la communion, un esprit un peu faible peut très bien être porté à relativiser le premier, alors que l'homme qui compte sur son sens inné du bien et du mal et sur un raisonnement critique et rationnel comprend bien que le premier ne peut qu'être gravissime comparé à l'obligation purement rituelle que constitue le second. L'église porte ainsi à une relativisation de crimes graves, tout en culpabilisant des gens qui n'ont fait du mal à personne.

 

                                                   ( à suivre..)

 

 

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