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Vendredi 28 Septembre 2007

A propos du lobbie sioniste aux USA  2

 

Le livre dont nous vous présentons des extraits, paraitra en France aux éditions ‚’La découverte’ à partir de jeudi.

 

La publicationd’un tel document suivit de celui de l’ex Président Jimy Carter provoquèrent un tollé en milieux sionistes et leurs supots en Amérique, dans la mesure ou il met le doigt sur une réalité amère préjudiciable aux intérets du peuple américain et les valeurs dont il se reclame. L’opinion, publique est tellement ‚matraquée’ par les médias complices,qu’elle n’y voit probablement que du feu;du moins jusqu’à présent ..

 

Voici la deuxième partie que le lecteur Français aura la chance de lire très prochainement:

 

 

 

Le lobby israélien

 

 

 

Par John Mearsheimer Et Stephen Walt :

 

- John Mearsheimer Est Professeur Emérite R. Wendell Harrison De Sciences Politiques A L’université De Chicago Et Est L’auteur De «The Tragedy Of Great Power Politics».

 

- Stephen Walt Est Professeur Emérite Des Relations Internationales A La Kennedy School Of Government d’Harvard. Son Plus Récent Livre S’intitule «Taming American Power : The Global Response To US Primacy».

 

 

 

2e Partie

 

 

 

Les principales organisations du lobby travaillent à s’assurer que les critiques d’Israël n’obtiennent pas de postes importants en politique étrangère

 

 

 

Jimmy Carter voulait que George Ball soit son premier Secrétaire d’Etat, mais il savait que Ball était connu comme un critique d’Israël et que le lobby s’opposerait à sa nomination. De cette façon, tout aspirant politicien est encouragé à devenir un défenseur d’Israël manifeste, c’est pourquoi les critiques publics de la politique israélienne sont devenus des espèces en danger dans l’establishment de la politique étrangère.

 

Quand Howard Dean a appelé les Etats-Unis à prendre un rôle «plus équitable» dans le conflit arabo-israélien, le sénateur Joseph Lieberman l’a accusé de vendre Israël et a dit que sa déclaration était «irresponsable». Pratiquement, tous les principaux Démocrates à la Chambre des Représentants ont signé une lettre critiquant les remarques de Dean, et le Chicago Jewish Star a rapporté que «Des attaquants anonymes... encombrent les boîtes mails des responsables juifs du pays, pour prévenir - sans beaucoup de preuve - que Dean serait plutôt mauvais pour Israël». Cette inquiétude était absurde; Dean est, en fait, tout à fait pro-israélien: son co-responsable de campagne était un ancien président de l’AIPAC, et Dean a déclaré que ses propres opinions sur le Moyen-Orient étaient plus proches de celles de l’AIPAC que celles des plus modérés que sont Americans for Peace Now. Il avait simplement suggéré que, «en réunissant les deux parties», Washington agirait en tant qu’intermédiaire honnête. C’est difficilement une idée radicale, mais le lobby ne tolère pas l’impartialité.

 

Pendant l’Administration Clinton, la politique moyen-orientale était en grande partie façonnée par des responsables ayant des liens étroits avec Israël ou d’importantes organisations pro-israéliennes; parmi eux, Martin Indyk, l’ancien directeur adjoint de la Recherche à l’AIPAC et le co-fondateur du pro-israélien Washington Institute for Near East Policy (WINEP); Dennis Ross, qui a rejoint le WINEP après avoir quitté le gouvernement en 2001; et Aaron Miller, qui a habité en Israël et visite souvent le pays. Ces hommes étaient parmi les conseillers les plus proches de Clinton au sommet de Camp David en juillet 2000. Bien que tous les trois soutenaient le processus de paix d’Oslo et privilégiaient la création d’un Etat palestinien, ils l’ont fait seulement dans les limites de ce qui semblerait acceptable pour Israël. La délégation américaine a pris ses consignes auprès d’Ehud Barak, a coordonné à l’avance avec Israël ses positions de négociation, et n’a pas offert de propositions indépendantes. Sans surprise, les négociateurs palestiniens se sont plaints qu’ils «étaient en pourparlers avec deux équipes israéliennes — l’une affichant un drapeau israélien, et l’autre un drapeau américain».

 

La situation est bien plus prononcée dans l’Administration Bush, dont les rangs comprenaient des avocats aussi fervents de la cause israélienne comme Elliot Abrams, John Bolton, Douglas Feith, I. Lewis («Scooter») Libby, Richard Perle, Paul Wolfowitz et David Wurmser. Comme nous le verrons, ces responsables ont uniformément poussé pour des politiques privilégiées par Israël et soutenues par des organisations du lobby.

 

Le lobby ne veut pas de débat public, naturellement, parce que cela pourrait mener les Américains à remettre en cause le niveau de soutien qu’ils fournissent. En conséquence, les organisations pro-israéliennes travaillent dur pour influencer les institutions qui font tout ce qu’elles peuvent pour façonner l’opinion populaire. La perspective du lobby règne dans les médias traditionnels: «Le débat parmi les experts du Moyen-Orient», écrit le journaliste Eric Alterman, «est dominé par des gens qui ne peuvent pas imaginer critiquer Israël». Il énumère 61 «chroniqueurs et commentateurs sur lesquels on peut compter pour soutenir Israël par réflexe et sans qualification». En revanche, il a trouvé seulement cinq experts qui critiquent uniformément les actions israéliennes ou approuvent les positions arabes. Les journaux publient de temps en temps des articles d’invités critiquant la politique israélienne, mais l’équilibre de l’opinion favorise clairement l’autre côté. Il est difficile d’imaginer un média traditionnel aux Etats-Unis publier un article comme celui-ci. «Shamir, Sharon, Bibi - tout ce que veulent ces types me semble très bien», a un jour remarqué Robert Bartley.

 

Il n’est pas étonnant que son journal, le Wall Street Journal, ainsi que d’autres journaux importants comme le Chicago Sun-Times et le Washington Times, publient régulièrement des éditoriaux qui soutiennent fortement Israël. Des magazines comme le Commentary, le New Republic et le Weekly Standard défendent Israël à chaque fois.

 

On trouve également des éditoriaux partiaux dans des journaux comme le New York Times qui critique de temps en temps la politique israélienne et concède parfois que les Palestiniens ont des revendications légitimes, mais il n’est pas équitable. Dans ses mémoires, l’ancien directeur de la rédaction du journal, Max Frankel, reconnaît l’impact que sa propre attitude a eu sur ses décisions éditoriales: «J’ai été bien plus profondément dévoué à Israël que j’ai osé l’affirmer... Enrichi par ma connaissance d’Israël et de mes amitiés là-bas, j’ai moi-même écrit la plupart de nos commentaires sur le Moyen-Orient. Comme l’ont reconnu plus de lecteurs arabes que de Juifs, je les ai écrits d’une perspective pro-israélienne».

 

Les nouveaux reportages sont plus équitables, en partie, parce que les journalistes tâchent d’être objectifs, mais également parce qu’il est difficile de couvrir des événements dans les Territoires occupés sans reconnaître les actions d’Israël sur le terrain. Pour décourager les reportages défavorables, le lobby organise des campagnes d’écriture de lettres, des manifestations et des boycotts des nouvelles publications dont le contenu est considéré comme anti-israélien. Un directeur de CNN a dit qu’il reçoit parfois 6.000 messages e-mails en une seule journée pour se plaindre d’une histoire. En mai 2003, le pro-israélien Committee for Accurate Middle East Reporting in America (CAMERA) a organisé des manifestations à l’extérieur des stations de National Public Radio dans 33 villes; il a également essayé de persuader les donateurs de suspendre le soutien au NPR jusqu’à ce que sa couverture moyen-orientale devienne plus sympathique à Israël. La station du NPR de Boston, WBUR, aurait perdu plus de 1 million de dollars de contributions suite à ces efforts. D’autres pressions sur NPR sont venues des amis d’Israël au Congrès, qui ont demandé un audit interne de sa couverture moyen-orientale ainsi que plus de surveillance.

 

Le côté israélien domine également les think tanks qui jouent un rôle important dans le façonnage du débat public ainsi que dans la politique actuelle. Le lobby a créé son propre think tank en 1985, quand Martin Indyk a aidé à créer WINEP. Bien que WINEP garde secret ses liens avec Israël, en affirmant qu’il fournit une perspective «équilibrée et réaliste» sur les questions du Moyen-Orient, il est financé et dirigé par des individus profondément engagés dans la progression de l’agenda d’Israël.

 

 

 

Cependant, l’influence du lobby se prolonge bien au-delà de WINEP

 

 

 

Au cours des 25 dernières années, les forces pro-israéliennes ont installé une présence dominante à l’American Enterprise Institute, au Brookings Institution, au Center for Security Policy, au Foreign Policy Research Institute, à l’Heritage Foundation, à l’Hudson Institute, à l’Institute for Foreign Policy Analysis et au Jewish Institute for National Security Affairs (JINSA). Ces think tanks emploient peu ou pas du tout de critiques du soutien américain à Israël. Prenons le Brookings Institution. Pendant de nombreuses années, son principal expert sur le Moyen-Orient était William Quandt, un ancien fonctionnaire du NSC avec une réputation bien méritée d’impartialité. Aujourd’hui, la couverture de Brookings est menée par le Saban Center for Middle East Studies, qui est financé par Haim Saban, un homme d’affaires israélo-américain et sioniste ardent. Le directeur du centre est l’omniprésent Martin Indyk. Ce qui était par le passé un institut de politique indépendant fait maintenant partie du chorus pro-israélien.

 

 

 

Là où le lobby a eu la plus grosse difficulté, c’est dans l’étouffement du débat sur les campus d’université

 

 

 

Dans les années 90, quand le processus de paix d’Oslo était en cours, il y avait seulement une légère critique d’Israël, mais elle s’est développée avec l’effondrement d’Oslo et l’accès au pouvoir de Sharon, devenant très tonitruante quand l’IDF a réoccupé la Cisjordanie au printemps 2002 et qu’elle a utilisé une force énorme pour maîtriser la deuxième intifada.

 

Le lobby a agi immédiatement pour «reprendre les campus». Des nouveaux groupes ont pris naissance, comme la Caravan for Democracy, qui a fait venir des intervenants israéliens dans les universités américaines. Des groupes établis comme le Jewish Council for Public Affairs et Hillel s’y sont joints, et un nouveau groupe, l’Israel on Campus Coalition, a été constitué pour coordonner les nombreux organismes qui cherchent maintenant à aborder le cas d’Israël.

 

En conclusion, l’AIPAC a plus que triplé ses dépenses dans des programmes pour surveiller les actions dans les universités et pour former de jeunes avocats, dans le but «d’augmenter énormément le nombre d’étudiants impliqués sur les campus... dans le cadre de l’effort national pro-israélien».

 

Le lobby surveille également ce que les professeurs écrivent et enseignent. En septembre 2002, Martin Kramer et Daniel Pipes, deux néo-conservateurs passionnément pro-israéliens, ont créé un site internet (Campus Watch) qui affiche des dossiers sur des universitaires suspects et encourage les étudiants à relater les remarques ou les comportements qui pourraient être considérés comme hostiles à Israël. Cette tentative transparente de mettre sur une liste noire et d’intimider les professeurs a provoqué une sévère réaction et Pipes et Kramer ont plus tard enlevé les dossiers, mais le site internet invite toujours les étudiants à rapporter toute activité «anti-israélienne». Des groupes du lobby ont fait pression sur des universitaires et des universités particulières. Colombia a été une cible fréquente, sans aucun doute en raison de la présence du défunt Edward Said dans son corps enseignant. «On pouvait être sûr que toute déclaration publique en soutien aux Palestiniens faite par l’éminent critique littéraire Edward Said récolterait des centaines d’e-mails, de lettres et de comptes rendus journalistiques nous invitant à dénoncer Said et soit à le sanctionner ou à lui tirer dessus», rapportait Jonathan Cole, son ancien principal. Quand Colombia a recruté l’historien Rashid Khalidi de Chicago, la même chose s’est produite. Ce fut un problème que Princeton a également affronté quelques années plus tard quand il a envisagé courtiser Khalidi pour qu’il parte de Colombia. Une illustration classique de l’effort pour maintenir l’ordre dans le milieu universitaire s’est produite vers la fin 2004, quand le Projet David a produit un film alléguant que les membres du corps enseignant du programme d’études moyen-orientales de Colombia étaient antisémites et intimidaient les étudiants juifs qui se positionnaient pour Israël. Colombia a été sur des charbons ardents, mais un comité du corps enseignant qui a été assigné pour enquêter sur les accusations n’a trouvé aucune preuve d’antisémitisme et le seul incident probablement notable était qu’un professeur «avait répondu âprement» à la question d’un étudiant. Le comité a également découvert que les universitaires en question avaient été eux-mêmes la cible d’une campagne manifeste d’intimidation. L’aspect peut-être le plus inquiétant dans tout cela, ce sont les efforts faits par les groupes juifs pour pousser le Congrès à établir des mécanismes pour surveiller ce que disent les professeurs.

 

S’ils parviennent à le faire voter, des universités jugées avoir une tendance anti-israélienne pourraient se voir refuser un financement fédéral. Leurs efforts n’ont pas encore réussi, mais cela indique l’importance placée sur le contrôle du débat.

 

Un certain nombre de philanthropes juifs ont récemment créé des programmes d’études d’Israël (en plus des environ 130 programmes d’études juifs existants déjà) afin d’augmenter le nombre d’élèves amis d’Israël sur les campus. En mai 2003, NYU a annoncé la création du Taub Center for Israel Studies; des programmes semblables ont été créés à Berkeley, Brandeis et Emory. Les administrateurs universitaires soulignent leur valeur pédagogique, mais la vérité est qu’ils ont en grande partie pour objectif de favoriser l’image d’Israël. Fred Laffer, directeur de la Taub Foundation , indique clairement que sa fondation a financé le centre de NYU pour aider à contrer «le point de vue [sic] arabe» qu’il pense être répandu dans les programmes moyen-orientaux de NYU.

 

 

 

Aucune discussion sur le lobby ne serait complète sans examen d’une de ses armes

 

les plus puissantes : l’accusation d’antisémitisme

 

 

 

Toute personne qui critique les actions d’Israël ou argue du fait que les groupes pro-israéliens ont une influence significative sur la politique moyen-orientale des Etats-Unis - un hommage à l’influence de l’AIPAC - a une forte chance d’être traitée d’antisémite. En effet, toute personne qui affirme simplement qu’il y a un lobby israélien court le risque d’être accusée d’antisémitisme, bien que les médias israéliens fassent référence au «lobby juif» en Amérique. En d’autres termes, le lobby se vante d’abord de son influence et attaque ensuite toute personne qui attire l’attention sur lui. C’est une stratégie très efficace: l’antisémitisme est quelque chose dont personne ne veut être accusé. Les Européens ont été plus disposés que les Américains à critiquer la politique israélienne, ce que certains attribuent à une réapparition de l’antisémitisme en Europe.

 

«Nous arrivons à un point», déclarait l’ambassadeur américain auprès de l’Union européenne début 2004, «qui est aussi abominable que ce qui se passait dans les années 30». Mesurer l’antisémitisme est une chose compliquée, mais le poids des preuves montre la direction opposée.

 

                        A suivre..

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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