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Lundi 04 Septembre 2006

 

La Médaille et son Revers’   (suite)

 

       Roman de M. Arabdiou ,publié en 1989.

 

 

     ..  Le temps qui passe, ne semble pas avoir d’effet ,sur l’immeuble- siége de la C.O .M.,même décor,même rite .La voiture du P.D.G. s’arrête,le groom accourt, pour ouvrir la portière.

 

   A l’entrée du hall,le buste du major,grandeur nature,scellé sur un socle à hauteur d’homme,a l’air de contrôler le va et vient ,dans cette auguste institution .Autres détails rappelant les années qui fuient. Depuis le décès de son père,Hubert s’empâteIl perd ses cheveux et devient chauve.

 

   Ce matin-là,en arrivant à son bureau,il demanda à la secrétaire s’il n’y avait rien de particulier.

 

-Monsieur Denis attend, depuis 15minutes.

 

-Ah oui !,Faites-le entrer.

 

Hubert retira son chapeau,le pardessus,et se dirigea vers l’autre porte , pour accueillir le visiteur qui frappait à la porte. Après avoir invité Denis ,à s’asseoir,Hubert évita de s’installer dans son imposant fauteuil de P.D.G.,préférant se mettre à coté de son interlocuteur.

 

    L’ancien concurrent qui n’avait ôté ni son couvre-chef  ni son manteau ,se demanda ce que lui voulait ce richard. Deux jours auparavant,il avait trouvé sur son répondeur ,un message d’Hubert.

 

Celui-ci avait téléphoné pour un entretien, en proposant un rendez-vous, à confirmer, à la secrétaire.

 

L’invité entra directement dans le vif du sujet :

 

-Puis-je savoir ce que vous me voulez monsieur ?

 

-Vous proposez de devenir membre de la famille C.O.M.

 

-Vous oubliez  que c’est vous qui avez tué mon frère,s’indigna Denis,en se levant.

 

-Asseyez-vous et calmez-vous,répondit Hubert, sur un ton posé ,de l’homme fort et sur de lui.

 

-Nous n’avons pas tué votre frère. Vous vous êtes lancés dans une aventure hasardeuse et en ce domaine,les affaires sont les affaires .Il n’y a pas de place pour les sentiments. Si vous aviez réussi avec votre hit synthétique,vous nous auriez coulé.

 

Hélas pour vous,vous avez perdu la partie .Et si votre frère n’a pas tenu le coup,vous m’en voyez navré…D’ailleurs,si je vous ai appelé,ce n’est pas pour remuer le passé,mais pour envisager l’avenir.

 

Denis regarda son interlocuteur l’air interrogateur.

 

-A notre connaissance,vous êtes toujours détenteur du brevet de fabrication du Hit synthétique.

 

-…Vous n’allez pas me faire croire que vous ignorez, qu’après 20 ans,il tombe dans le domaine public ?

 

-Nous le savons .Mais nous savons aussi, que vous détenez le secret de fabrication.

 

-Et alors ?Avec tous vos labos ?

 

-Il faudrait au moins deux années , pour arriver à une mise au point satisfaisante ,de la fabrication .Or,nous n’avons guerre de temps à perdre…Voilà ce que nous vous proposons :

 

Votre brevet et le savoir-faire évidemment, contre 3 % des actions de la C.O .M. Une aubaine ,non ?

 

En effet,Denis considéra cette offre comme un cadeau de la providence. Son visage s’éclaircit .Il se leva et après une seconde d’hésitation,serra la main que lui tendait Hubert puis,sous le regard bienveillant du major ,dont le portrait était suspendu au-dessus de leur tête,les deux hommes vidèrent les toasts , servis par la secrétaire.

 

- La C.O .M. est en difficulté ?interrogea Denis.

 

-Du roc !lui affirma Hubert , avant de brosser un tableau  rassurant ,de la situation.

 

   Certes,le marché du hit,n’est plus ce qu’il était dans le temps. Il y a l’engouement du public qui s’émousse Vous avez aussi la concurrence des pays producteurs de textiles comme Taiwan,Honk-Kong,Singapour .Nous aurions pu nous contenter de la part , qui nous restait sur le marché mondial,mais l’incertitude en matière d’approvisionnement en hit, nous coupe notre élan.

 

-Des problèmes ?

 

-Pour l’instant,non. Mais vous connaissez comme moi la menace que fait peser sur nos têtes, le Chinois ...

 

-A ma connaissance,il n’a jamais attaqué la C.O .M.,on se demande pourquoi, d’ailleurs…

 

-Rassurez-vous,ce n’est pas pour nos beaux yeux. Ce zig est trop malin. Il sait très bien, que ce n’est pas si simple que cela.

 

..Pour notre part,  un homme averti en vaut deux .Nous devons être en mesure de riposter, à toute éventualité. C’est ce qui explique notre désir, de vous associer à notre entreprise.

 

Selon nos informations,ce coco, ne va pas tarder à se manifester. Pour ne pas être pris de court,nous nous préparons à nous passer du sisale, en lançant,ou si vous voulez,en relançant sur le marché, le Hit synthétique.

 

-Mais…

 

-Ne vous en faites pas,c’est de la vieille histoire,les gens oublient vite. Et puis, l’exploitation du Hit,n’est plus notre principale activité. La reconversion,mon ami,la reconversion !

 

-Je ne comprend pas.

 

-Vous comprendrez plu tard , lorsque vous disposerez de vos actions .Déjà 70% des avoirs de la COM , sont placés dans l’électronique,l’aérospatiale..

 

-Comment ça ?

 

-Et bien, tout simplemen,t parce que depuis dix ans,nous nous désengageons du Bolongui,nous n’avons pas investi un liard dans la production du sisale. Nous nous contentons de gérer le disponible…

 

Après tout,ce n’est que le fruit de notre labeur.

 

Stupéfait,Denis prit congé du patron de la C.O .M. non sans avoir pris note, sur la procédure à suivre chez le notaire, pour l’acquisition officielle des 3 % de la vénérable compagnie d’Outre-Mer. C’était là, une fortune ,qui tombait à point ,pour le sauver de la ruine. Il se rappela le bon vieux temps de la colonie..

 

  Un mois auparavant,Sila et les autres bolonguis associés,avaient proposé de vendre les titres en leur possession. Ils acceptèrent le prix minimum offert par le conseil d’administration de la C.O .M. Cette précipitation confirma aux yeux d’Hubert ,les bruits concernant les intentions du  Chinois  à leur égard. Mais il continua à se comporter normalement comme s’il ignorait tout de la menace.

 

  C’est la part d’actions des bolonguis qui passa dans la poche de Denis, en échange du brevet de fabrication du hit synthétique.

 

                                                              ( à suivre..)

 

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