Tarik Ramadan répond à ses détracteurs.. (*) (à suivre..) (1)
-En décembre 2000, vous avez été interpellé à l’Unesco sur la question du droit des femmes, en Algérie notamment. Il semblerait que votre position n’était pas claire…
_Cela m’étonnerait Mes positions sur l’Algérie sont écrites, elles sont claires et je ne vois pas ce qui m’aurait gêné pour m’exprimer sur ce sujet.
-Vous êtes toujours sur la défensive ! Vous croyez-vous toujours victime d’intellectuels de mauvaise foi ?On a tout de même le droit de soumettre votre travail intellectuel à la critique !
-C’est la façon dont vous me posez les questions qui m’oblige à me « défendre ».Soit la personne qui vous a raconté cela ment,soit elle est malveillante .Une intervention à l’Unesco est forcément enregistrée :qu’on apporte la cassette et que l’on nous fasse entendre ma gène,mes hésitations et mes prétendus silences .Assez de procès d’intention et d’allégations jamais prouvées !
-Ce n’est pas une personne malveillante…
-^J’ignore de qui vous parlez .La seule chose dont je sois sure,c’est que je ne suis pas du tout gêné de m’exprimer sur ces questions et que je le fais en permanence,par écrit et oralement. Je n’ai pas l’habitude d’éluder les questions qui me sont posées, au contraire .Il faut me relire et réécouter mes propos tenus devant des auditoires musulmans. J’ai écrit, dit et répété que le code de la famille en Algérie est un code inique qu’il faut réformer d’urgence. J’ai écrit, dit et répété en 1988, 1989, 1990, lorsque des gens du FIS affirmaient que les femmes devaient rentrer à la maison pour lutter contre le chômage, que ce que l’on a entendu dans les rangs de l’extrême droite, qui stipulait qu’il y aurait de travail pour les Français s’il y avait moins d’immigrés en France.
Devant les auditoires musulmans ou non,j’ai critiqué ce code de la famille .Je me suis exprimé sur les nécessaires processus d’émancipation,sur le droit de la femme au travail,sur la question de l’égalité des salaires homme femme,sur la possibilité pour une femme d’avoir accès au divorce,sur son droit de pouvoir décider de son mariage donc sur le refus absolu du mariage forcé sur mon opposition à l’excision…Au-delà,j’ai abordé la question de la contraception et de l’avortement .Tout cela a été écrit,dit et répété dans des dizaines de conférences,de cassettes et de livres,et l’on vient me dire aujourd’hui : « Un jour,une personne vous a posé une question à laquelle vous n’avez pas répondu… »Et cette anecdote deviendrait la preuve de mon « double discours ».Restons sérieux…
Je suis sidéré par le niveau du débat, aujourd’hui, en France .J’ai souvent affaire à des personnes qui ne lisent plus et qui se satisfont d’anecdotes .D’aucuns viennent me suggérer que,pour apporter la preuve de ma défense des femmes et de mon féminisme,je devrais m’exprimer sur la contraception. Mais enfin,j’ai écrit et traité de ce sujet en maintes occasions !jusqu’à quand devrai-je répéter à des gens qui ne font aucun effort de recherche que la pratique de la contraception naturelle-le coit interrompu était connue du temps du Prophète,et donc que les moyens contraceptifs ne sont pas interdits en islam ?combien de fois encore me faudra-t-il dire que,selon certains savants ,l’homme ne peut recourir à ce moyen qu’à la seule condition d’avoir l’autorisation de sa femme,puisqu’il peut se faisant contrevenir à deux de ces droits :le droit d’avoir un enfant,qu’elle peut légitimement souhaiter exercer,et le droit à son plaisir,ce qui revient d’ailleurs çà reconnaître que l’acte sexuel n’est pas lié dans la seule procréation dans les enseignements islamiques.
( A suivre. )
(*)‘Faut il faire taire Tarik Ramadan ?’ édit.L’Arcipel -Par Aziz Zemouri
Ps : Je remercie le lecteur qui m’ a envoyé le texte de Michel Warschawski QUE JE N’AI JAMAIS PU FAIRE PASSER dans mon blog ALORS QUE JE L’AVAIS REPRODUIT depuis fort longtemps DANS MON LIVRE SUR LE SIONISME.Cela prouve ma maladresse dans l’utilisation de ce précieux instrument qu’est le micro. Donc le censure n’a rien à y voir.. Je dois faire gaffe aux jugements hâtifs.. Merci .M.A


