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Sionisme, nationalisme palestinien et nouvelle Intifada
La nouvelle Intifada qui secoue le Moyen Orient, et qui constitue la toile de fond de la crise actuelle en Israël, n’est qu’une nouvelle étape dans la longue lutte du peuple palestinien, privé de ses terres depuis plus d’un demi-siècle.
Afin de comprendre la situation actuelle, et avant tout d’esquisser une solution durable et réelle, il faut comprendre comment Israël a été créé, et comment les juifs d’Israël, victimes d’une oppression terrible, sont devenus à leur tour les oppresseurs d’un autre peuple. Il faut également comprendre les développements du mouvement national palestinien, et en premier lieu les objectifs et les bases de classe de sa direction.
Aux origines d’Israël
L’Etat d’Israël est fondé en 1948, sur les décombres d’une Palestine entièrement contrôlée par l’impérialisme britannique depuis la fin de
la Première Guerre
Mondiale et devenue une pièce maîtresse sur le grand échiquier du Moyen Orient. A la suite du génocide juif, le sionisme est devenu l’idéologie dominante parmi les survivants, notamment en Europe et en URSS.
Le sionisme, dont l’origine remonte au dix-neuvième siècle, est né en réponse aux terribles pogroms antisémites de Russie. Il a d’abord revendiqué l’Argentine et l’Ouganda comme terre promise, puis s’est fixé sur
la Palestine. Il
n’y avait qu’un problème : des centaines de milliers d’Arabes vivaient déjà depuis des millénaires sur ce territoire.
Pendant les années 20 et 30, la migration d’Europe de l’Est vers
la Palestine
augmente la population juive qui finit par contrôler 12% de la terre cultivée.
Mais la grande vague de migration a lieu après l’holocauste et la guerre mondiale, quand les Etats-Unis accordent leur soutien à la création d’un Etat juif réclamé par Ben Gourion, alors dirigeant du mouvement sioniste de colonisation. Ils organisent le déplacement de centaines de milliers de personnes d’Europe vers
la Palestine. En
1947, il y avait ainsi 630 000 colons juifs et 1 300 000 Palestiniens. La colonisation était en marche.
Malgré un accord entre les USA et
la Grande Bretagne
sur la partition de
la Palestine
en secteurs juif et arabe, les sionistes ont mené des campagnes pour terroriser les populations arabes : bombes, attaques à la mitrailleuse, prises d’otages.
Un plan de l’ONU est alors élaboré, il accorde 54% de la terre cultivable de l’ancienne Palestine à la minorité juive (33% de la population). Mais les sionistes combattent le plan de l’ONU parce que, tout en obtenant 75% des terres, les Juifs restaient numériquement minoritaires par rapport aux Arabes dans la nouvelle région juive.
En mai 1948, incapable de maîtriser l’action militaire des sionistes, l’impérialisme britannique se retire de
la Palestine. L
’Etat d’Israël est proclamé et reconnu, avec l’appui des Etats-Unis et de l’URSS qui, tous deux, pensent ainsi peser sur les événements dans la région.
Pour s’assurer de "leur" territoire et chasser les Palestiniens, les sionistes lancent de véritables pogroms. En l’espace de quelques jours, la population arabe de la ville portuaire de Jaffa est chassée et réduite de 100 000 à 5 000 personnes.
Les Britanniques, qui cherchent à maintenir leur influence, encouragent les gouvernements nationalistes arabes de la région à attaquer Israël lors de la première guerre israélo-arabe. Le résultat est net : Israël repousse l’attaque et augmente énormément son territoire.
Cyniquement, les Etats arabes prennent ce qu’ils peuvent - Gaza,
la Cisjordanie
, les quartiers est de Jérusalem - mais les Palestiniens n’ont rien. 73% du territoire de l’ex-Palestine tombe sous le contrôle des Israéliens et plus de 750 000 Palestiniens sont chassés de leurs terres et s’entassent dans les camps de réfugiés des pays arabes limitrophes.
Plus d’un demi-siècle plus tard, ces réfugiés sont toujours privés de retour. Leurs enfants et leurs petits-enfants leur ont succédé dans le combat pour la libération de
la Palestine
, pour leur retour au pays, contre l’occupant sioniste.
C’est l’une des plus grandes tragédies du siècle dernier, et une ironie terrible de l’Histoire : les Juifs, victimes et opprimés, sont devenus, avec le sionisme, des oppresseurs.
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