19 historiens français disent
|
Liberté pour l'histoire
La liberté de débattre
Volte-face des "historiens" officiels
La nécessaire liberté de recherche
L'esprit critique menacé
Pour un vrai Nuremberg
L’histoire: un nouveau catéchisme?
Un procès en sorcellerie
Lundi 12 décembre 2005 PARIS (AFP) - Dix-neuf historiens de premier plan se sont prononcés
lundi 12 décembre 2005 pour l'abrogation de plusieurs articles de loi, selon eux "indignes d'un régime démocratique", concernant des "événements du passé", dans un texte transmis à l'AFP et intitulé "Liberté pour l'histoire!".
Ils ont fait référence à des articles contenus dans les lois du 13 juillet
1990 (ndlr: tendant à réprimer tout acte raciste, antisémite ou
xénophobe), du 29 janvier 2001 (ndlr: relative à la reconnaissance du génocide arménien de 1915), du 21 mai 2001 (ndlr: tendant à la reconnaissance de la traite et de l'esclavage en tant que crime contre l'humanité) et du 23 février 2005.
Le polémique article 4 de cette dernière loi (en faveur des Français
rapatriés) stipule que "les programmes scolaires reconnaissent en
particulier le rôle positif de la présence française outre-mer,
notamment en Afrique du Nord".
Jean-Pierre Azéma, Elisabeth Badinter, Jean-Jacques Becker, Françoise
Chandernagor, Alain Decaux, Marc Ferro, Jacques Julliard, Jean Leclant,
Pierre Milza, Pierre Nora, Mona Ozouf, Jean-Claude Perrot, Antoine
Prost, René Rémond, Maurice Vaïsse, Jean-Pierre Vernant, Paul Veyne, Pierre Vidal-Naquet et Michel Winock ont signé ce texte.
"Emus par les interventions politiques de plus en plus fréquentes dans
l'appréciation des événements du passé et par les procédures judiciaires
touchant des historiens et des penseurs, nous tenons à rappeler les
principes suivants", ont-ils écrit.
Selon eux, "l'histoire n'est pas une religion. L'historien n'accepte aucun
dogme, ne respecte aucun interdit, ne connaît pas de tabous. Il peut être
dérangeant. L'histoire n'est pas la morale. L'historien n'a pas pour rôle
d'exalter ou de condamner, il explique. L'histoire n'est pas l'esclave de
l'actualité. L'historien ne plaque pas sur le passé des schémas idéologiques
contemporains et n'introduit pas dans les événements d'autrefois la
sensibilité d'aujourd'hui".
"L'histoire n'est pas la mémoire, ont-ils poursuivi. L'historien, dans une
démarche scientifique, recueille les souvenirs des hommes, les compare
entre eux, les confronte aux documents, aux objets, aux traces, et établit les faits. L'histoire tient compte de la mémoire, elle ne s'y réduit pas. L'histoire n'est pas un objet juridique. Dans un Etat libre, il n'appartient
ni au Parlement ni à l'autorité judiciaire de définir la vérité historique.
La politique de l'Etat, même animée des meilleures intentions, n'est pas
la politique de l'histoire".
"C'est en violation de ces principes que des articles de lois successives -
notamment lois du 13 juillet 1990, du 29 janvier 2001, du 21 mai 2001,
du 23 février 2005 ont restreint la liberté de l'historien, lui ont dit, sous peine de sanctions, ce qu'il doit chercher et ce qu'il doit trouver, lui ont
prescrit des méthodes et posé des limites. Nous demandons l'abrogation
de ces dispositions législatives indignes d'un régime démocratique", ont-ils conclu. PETITION
Parue dans le "Libération" du 13 décembre 2005, p. 35: Pétition pour l´abrogation des articles de loi contraignant la recherche historique
<START>
Emus par les interventions politiques de plus en plus fréquentes dans
l'appréciation des événements du passé et par les procédures judiciaires
touchant des historiens et des penseurs, nous tenons à rappeler les
principes suivants:
L'histoire n'est pas une religion. L'historien n'accepte aucun dogme, ne
respecte aucun interdit, ne connaît pas de tabous. Il peut être dérangeant.
L'histoire n'est pas la morale. L'historien n'a pas pour rôle d'exalter ou
de condamner, il explique.
L'histoire n'est pas l'esclave de l'actualité. L'historien ne plaque pas sur
le passé des schémas idéologiques contemporains et n'introduit pas dans
les événements d'autrefois la sensibilité d'aujourd¹hui.
L'histoire n'est pas la mémoire. L'historien, dans une démarche
scientifique, recueille les souvenirs des hommes, les compare entre eux,
les confronte aux documents, aux objets, aux traces, et établit les faits. L'histoire tient compte de la mémoire, elle ne s'y réduit pas.
L'histoire n'est pas un objet juridique. Dans un Etat libre, il n'appartient
ni au Parlement ni à l'autorité judiciaire de définir la vérité historique.
La politique de l'Etat, même animée des meilleures intentions, n'est pas
la politique de l'histoire.
C'est en violation de ces principes que des articles de lois successives
notamment lois du 13 juillet 1990, du 29 janvier 2001, du 21 mai 2001,
du 23 février 2005 ont restreint la liberté de l'historien, lui ont dit, sous peine de sanctions, ce qu'il doit chercher et ce qu'il doit trouver, lui ont
prescrit des méthodes et posé des limites. Nous demandons l'abrogation
de ces dispositions législatives indignes d'un régime démocratique.
Signataires : Jean-Pierre Azéma,
Elisabeth Badinter,
Jean-Jacques Becker,
Françoise Chandernagor, Alain Decaux, Marc Ferro,
Jacques Julliard,
Jean Leclant,
Pierre Milza,
Pierre Nora,
Mona Ozouf,
Jean-Claude Perrot,
Antoine Prost, René Rémond,
Maurice Vaïsse,
Jean-Pierre Vernant, P
aul Veyne,
Pierre Vidal-Naquet Michel Winock
<END>
La liberté de débattre <START> Volte-face des "historiens" officiels
La nécessaire Lettre de Bruno Gollnisch St Cloud le 8 décembre 2005 |



