Notre pays est il malade de ses dirigeants ?
‘Ce n’est pas le méchoui qui a changé,
Mais les hommes qui sont autour..
La dilapidation des finances publiques peut se reconstituer en un laps de temps assez court. Ce n’est pas le cas de la perte de confiance du peuple en ses dirigeants. C’est un mal déjà ancien aux prémices qui datent des accords d’Evian annonçant le cessez le feu.
Auparavant notre peuple était soudé avec ses dirigeants, par une détermination collective à se libérer et par une profonde conviction de vivre à l’aube d’un bonheur assuré sous l’étendard vert et blanc à l’étoile rouge du sang de nos martyrs.
L’accord avec
Démocratique dites vous ?Une démocratie qui coûta combien de morts lors d’accrochages fratricides avant que ne s’imposent les troupes de l’extérieur via Tlemcen ,ramenant Ben Bella triomphant sur leur chars mettant un terme aux ambitions de certains chefs de wilaya. ?.Déçue, par cette lutte pour le Pouvoir, la population sortit massivement dans la rue pour clamer sa colère.
Populaire notre République ? Cette popularité s’illustra par une anarchie ,lors de la course aux biens vacants tel un troupeau sans berger, livré a lui-même. Ce fut l’ère du népotisme et autre régionalisme qui fit florès révélant une réalité jusque là imperceptible .Pour le simple retrait d’un extrait de naissance chacun réagissait presque automatiquement en demandant « Connais tu quelqu’un à la mairie ?. ».(Sans commentaires..)
Il serait injuste d’accuser nos dirigeants -du moins les premiers- de mal honnêteté, eux qui prouvèrent leur patriotisme en choisissant d’exposer leur vie pour la libération de la patrie. Le défaut de leur cuirasse ,c’est d’abord l’attrait et la tentation du Pouvoir .Celui-ci est particulièrement corrupteur lorsqu’il émerge de sources contestables voir illégitimes. Les applaudissements populaires, faussement chaleureux à des discours frelatés rappelait le béni oui ouisme jadis abhorré,.Ne dit- on pas que chaque peuple a les dirigeants qu’il mérite ? La fausseté de ce soutien populaire apparemment indéfectible fut particulièrement mis à jour, lors de ce que l’on appela pudiquement le ‘redressement ‘ du 19 juin 1965 .Il n’y eut pas grand monde dans la rue pour défendre la légalité démocratique. Ben Bella disparu de la scène politique vive Boumediene !
Il serait ingrat et malhonnete de mettre en doute la probité de ces deux présidents et même leurs prédécesseurs .Boudhiaf dira plus tard ‘Boumedienne fait du BenBellisme sans BenBella’ Le virage à 180 degrés n’aura lieu que bien plu tard, à la veille de la décennie noire.
Les apparatchiks et nouveaux millionnaires se sentant à l’étroit ,se servirent de la décennie noire et l’Etat d’urgence, pour imposer le système ultra libéral dont nous connaissons un avant goût .Les millionnaires se multiplient et deviennent milliardaires constituant une oligarchie arrogante pendant que les salariés pataugent dans la mouise alors que la horde de chômeurs préfèrent risquer de se faire dévorer par les squales ou les crevettes plutôt que de crever à petit feu dans leur beau pays.
Bush s’est servi des terroristes de Ben Laden pour justifier sa politique hégémonique contre l’Irak et l’Afghanistan. Nos dirigeants justifient le renforcement considérable des services de sécurité afin de nous protéger de ces mêmes’ fous de Dieu’ et nous les en remercions.
Pour les mêmes raisons de sécurité, l’Etat d’urgence est maintenu afin de neutraliser ces fanatiques mais également pour mettre au pas toute manifestation revendicative des travailleurs. N’a-t-on pas vu ces brigades anti émeutes bousculer sans ménagement des enseignantes en grève désireuses de prendre langue avec le chef du gouvernement. ? Cette vigilance c’est bien sur pour notre bien, s*dit on, mais de plus en plus de gens pensent que les dés sont pipés quelque part et ne trouvent aucun Parti Politique pour expliquer un sentiment de frustration grandissant. Pour un rien des groupes se forment spontanément pour tout saccager Les tenants du Pouvoir ne semblent pas s’inquiéter outre mesure de ces actes de vandalisme réprimables et réprimés .
La sagesse commande de ne pas se complaire dans le rôle que bien des gens considèrent comme celui du pompier pyromane pour s’attaquer aux causes du malaise profond (ras le bol) qui secoue les masses populaires .
Les oligarques qui se complaisent dans leur quiétude rappellent cette phrase d’un citoyen de pays frère qui, au début de l’indépendance aurait dit ‘ Eldjazair tekfina outekfikoum.’. Quand aux matamores qui jouent aux belliqueux comptant sur la force, pour faire durer le plaisir(le leur),gare au retour de flammes Sah !..OUELA. LALLA ?
Mohamed Arabdiou



